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Helene de Champlain – L’erable Rouge

8 décembre 2011

de Nicole Fyfe-Martel

L'erable rouge

“La saga se poursuit! En proie à une étrange dépression depuis son retour forcé en France, Hélène de Champlain choisit de relater son voyage en Amérique, qui se déroule de 1620 à 1624, dans un cahier secret. Revivant en pensées et en écriture les moments forts de son long périple, elle raconte la difficile traversée, la rencontre avec les peuplades amérindiennes, la vie avec les colons et la découverte de la nature chatoyante de ce pays, nouvelle terre de ses amours avec Ludovic Ferras, à l’abri des regards de son époux, Samuel de Champlain.

Tentant l’impossible pour retourner en Nouvelle-France, où elle est persuadée que son amant l’attend, sous l’érable rouge, elle se voit néanmoins confinée à la France, qui est ébranlée par de multiples conflits politiques. Voulant à tout prix retrouver Ludovic et faire revivre la passion qui la lie à lui, Hélène fait alors un pacte avec elle-même : elle donnera sa vie à Dieu et se fera religieuse en échange d’une rencontre avec son fils, qu’elle cherche à retrouver. “

Le deuxième tome de la trilogie! Toujours aussi délicieux à lire. Peut être parce que je suis fleur-bleue, j’aime les histoires d’amour impossibles, où les multiples rebondissements vous tiennent en haleine jusqu’à la fin! Toujours sous fond d’histoire de France et de Nouvelle France.

Evangeline et Gabriel

22 novembre 2011

de Pauline Gill

Evangeline et Gabriel - Pauline Gill

Resume:
Les Acadiens Évangéline Bellefontaine, dite LaBiche, et Gabriel Melanson portent dans leur coeur et dans leur chair la déchirure de tout un peuple arraché à ses racines pour assouvir les ambitions d’un conquérant anglais.
Dans le village de la Grand’Prée, Évangéline et Gabriel vivent, en 1755, les premiers frissons d’un grand amour. L’innocence de leur jeunesse se heurte bien vite aux mouvements des troupes anglaises, qui se font de plus en plus présentes dans le Bassin des Mines. Un complot se trame au fort Edward, où siège le lieutenant-gouverneur Charles Lawrence.
Séparés, emprisonnés, dépossédés de leurs biens, les jeunes époux, impuissants, voient les soldats anglais vider l’Acadie de ses habitants, entasser ceux-ci dans les cales nauséabondes de vaisseaux surpeuplés, pour ensuite les jeter comme des épaves sur les rives des colonies anglaises d’Amérique. L’amour d’Évangéline et de Gabriel, plus solide que le cap Blomidon, résistera-t-il au génocide de leur peuple?
Cet amour a donné une voix aux Acadiens, qui en chantent la légende depuis deux siècles

Encore une histoire d’amour avec cette fois-ci l’histoire de la deportation des Acadiens en toile de fond. C’est un peu lent a se mettre en place, mais j’ai aussi beaucoup aime. J’ai appris une fois encore, pas mal de choses sur un morceau d’histoire de mon pays d’adoption, que je ne connaissais pas.

Il existe un poeme celebre ecrit par le poète américain Henry Wadsworth Longfellow qui s’appelle.

Docteur Irma – La trilogie

16 novembre 2011

de Pauline Gill

Docteur Irma

Irma LeVasseur, première pédiatre canadienne-française, une femme aussi forte que sensible, aussi déterminée qu’originale, contre vents et marées, a consacré sa vie à la santé des enfants. Le récit de sa destinée insuffle courage et espoir à qui doit se battre contre l’inégalité des chances dans notre société. Une exceptionnelle trilogie pour une femme aussi grande que sa cause!

Le parcours d’Irma LeVasseur est remarquable et cette trilogie relate toutes les étapes importantes de sa vie. Après des études à Sillery, en 1894, elle doit aller chercher son doctorat en médecine à l’Université Saint-Paul (Minnesota), toutes les universités québécoises lui fermant leurs portes. De retour au Québec, le Collège des médecins lui refuse un permis de pratique. Elle se tourne alors vers l’Assemblée législative qui, trois ans plus tard, vote un bill privé lui permettant d’exercer sa profession.
Ces trois ans d’attente, la Dre LeVasseur les passe à travailler à New York. Elle fonde ensuite à Montréal le premier hôpital pour traiter gratuitement les enfants de toute ethnie et de toute condition, l’Hôpital Sainte-Justine (1907). Pendant la guerre 1914-1918, elle est la seule docteure canadienne-française à se rendre en Serbie pour soigner la population et les soldats. À Québec, elle fondera ensuite l’Hôpital de l’Enfant-Jésus (1923) et l’Hôpital des Enfants-Malades (1925). Parallèlement à sa carrière exceptionnelle, Irma LeVasseur verra sa vie personnelle marquée par l’incessante recherche de sa mère, qu’elle a perdue à douze ans, par des renoncements exigeants, mais aussi par un fort lien avec ses proches.

J’ai beaucoup aimé le livre, une fois encore. C’est l’histoire d’une femme féministe avant les féministes, mais dans un sens “positif”, parce qu’elle s’est battue pour pouvoir devenir médecin, et être reconnue comme égale des hommes. C’est très facile à lire, et divertissant.
Sans ce livre, je n’aurai probablement pas connu l’existence de cette femme de caractère, qui a fait avance la médecine au Québec.

Helene de Champlain – Manchons et Dentelles

13 novembre 2011

de Nicole Fyfe-Martel

Helene de Champlain - Manchons et Dentelles

Dans une France déchirée par les guerres de Religion qui conduisent à l’assassinat d’Henri IV, Hélène vit ses premiers émois amoureux. La si jolie fille de Nicolas Boullé, secrétaire du Roi de France, court dans la campagne normande à la découverte de son Ludovic, un jeune apprenti pelletier. Le bonheur est là, simple et tranquille. Mais elle apprend tout à coup qu’on la marie à un grand explorateur de l’Amérique, qui a plus de quarante ans…Que fera-t-il? Que fera-t-elle? Attention aux jeux de l’amour! Ici on pend les amants coupables! Mais comment résister au beau Ludovic quand la passion la plus sensuelle vous gouverne? La batailleuse se soumettra apparemment à la loi du père, mais elle n’en fera qu’à sa tête dans un tableau étourdissant. C’est l’époque où l’Amérique fait rêver plus que jamais l’Europe. Québec n’a que deux ans, mais les fascinantes fourrures de la Nouvelle-France glissent déjà sur les dentelles de la doulce France. Voici une saga de grande qualité, un roman de cape et d’épée mené par une folle d’amour.

Une histoire d’amour, sous fond historique! J’ai beaucoup aimé, ça se lit facilement, et surtout ça m’a permis de voir découvrir la relation entre l’histoire de France et l’histoire de la Nouvelle-France, que l’on n’étudie pas vraiment en cours d’histoire. J’ai ainsi pu faire le lien entre mon pays d’origine et mon pays d’adoption.

C’est une trilogie, la 2eme partie a suivre prochainement!

Le rêve de Champlain

12 novembre 2011

De David Hackett Fischer

traduit de l’anglais par Daniel Poliquin

Dans Le Rêve de Champlain, l’historien américain David Hackett Fischer brosse un portrait profondément renouvelé et fascinant de cette figure que l’on croyait familière et en fait ressortir les multiples facettes : le soldat, l’espion à la solde du roi, l’artiste doué, le cartographe de génie et le navigateur hors pair.

Champlain a lutté pour la réalisation d’un rêve immense, un Grand Dessein pour la France en Amérique. Pendant trente ans, il a sillonné un territoire que se partagent aujourd’hui six provinces canadiennes et cinq États américains, tout en menant un combat non moins farouche contre les ennemis de la Nouvelle-France à la cour d’Henri IV. Lui qui était né dans un pays ravagé par les guerres de religion, il a encouragé les mariages entre colons et Indiens, il a prêché la tolérance envers les protestants. Il a inlassablement tenté de maintenir la paix entre les nations indiennes, mais il a su quand il le fallait prendre les armes et imposer un nouvel équilibre politique, se révélant ainsi un guerrier et un stratège redoutables. Il a été un leader visionnaire, surtout si on le compare à ses contemporains anglais et espagnols, un homme qui rêvait d’un monde plus humain et vivant en paix, dans une époque marquée par la cruauté et la violence.

Fruit d’une recherche colossale, accompagnée de nombreuses cartes et illustrations, dont plusieurs de la main de Champlain, cette grande biographie, la première depuis des décennies, est tout aussi enlevante que la vie de son modèle.

Après la biographie de Marie-Antoinette, me voici plongée dans celle de Samuel de Champlain, pavé de plus de 900 pages! Voulant approfondir ma connaissance de l’Histoire du Canada, je me suis plongée avec délices dans cette saga suite à un reportage sur les ondes de Radio Canada.

Cette lecture me permet (je n’ai pas encore tout à fait terminé l’ouvrage) de découvrir cette figure emblématique du Canada ainsi que son auteur, l’historien et enseignant américain David Hackett Fischer. Notre découvreur, soldat, navigateur, géographe, diplomate, auteur, né vers 1570 a grandi dans la France déchirée par les guerres de religion entre catholiques et protestants. Cela l’a profondément marqué et suivi toute sa vie, et son rêve de colonisation et d’une Nouvelle-France, au-delà de l’océan, était profondément empreint par sa volonté et ses actions de diplomatie entre les Français et les Amérindiens, les protestants et les catholiques. Il s’est toujours efforcé de privilégier le dialogue, la négociation, la tolérance et la découverte de l’autre au lieu de la force et de la répression comme les ont utilisées les autres Européens sur les continents Américains.

Son héritage de tolérance et d’ouverture est toujours présent dans la société canadienne et cette figure a bien mérité un ouvrage à sa mesure, fruit d’un travail de plus de 20 ans. Cette biographie est accessible à tous, écrit dans un langage clair, regorgeant d’illustrations, de cartes, de dessins d’époque. L’on y découvre pourquoi le Cap Tourmente porte ce nom, comment la Rivière Richelieu s’est retrouvée nommée ainsi, etc.

Et maintenant que je vis en Ontario, j’ai grâce à cela une vision un peu plus précise des nombreux voyages du Sieur de Champlain car il est venu sur les rives de nos lacs, comme sur les rives des rivières maintenant américaines.

Carte de la Nouvelle-France par Samuel de Champlain, 1612

(clic pour la voir en plus grand)

Une saison dans la vie d’Emmanuel

3 janvier 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une saison dans la vie d’Emmanuel

Roman de  Marie-Claire Blais

Emmanuel naît ” sans bruit un matin d’hiver “. Lorsqu’il ouvre les yeux sur ce qui l’entoure, sa mère est déjà partie aux champs. Quand elle reviendra, se souviendra-t-elle qu’elle l’a mis au monde le matin même ? Emmanuel pleure, seul avec sa grand-mère, personnage fort et bourru. Soudain il comprend : ” Il désirait respecter son silence ; il n’osait plus se plaindre car il lui semblait soudain avoir une longue habitude du froid, de la faim, et peut-être même du désespoir. ” Entre une grand-mère sèche, culpabilisante mais rassurante, une mère silencieuse et soumise, un père absent, et d’innombrables frères et sœurs, dont Héloïse, ancienne religieuse devenue fille de mauvaise vie, et le souvenir de Jean le Maigre, frère ” intelligent à vous faire peur ” qu’il n’a pas connu, Emmanuel va rapidement s’éveiller, découvrir la soif de liberté, la vie et son lot de petites joies et de grandes souffrances.
Marie-Claire Blais, dont l’originalité, les talents d’écrivain et la grande sensibilité ont été reconnus dès la parution de son premier livre (La Belle Bête, 1959), a reçu pour Une Saison dans la vie d’Emmanuel le prix Médicis 1976.

Quand je suis arrivée au Canada, j’ai voulu découvrir ce pays sous toutes ses coutures. Pour l’histoire, j’ai lu « L’histoire du Canada pour les nulles ». Pas très académique mais complet, accessible et pas trop long. Pour les arts graphiques, quelques séances au Musées des Beaux Arts. Pour le cinéma, le coffret des films de Denys Arcand, la Chute de l’empire américain et les Invasions barbares, et les Têtes-à-claques un peu aussi. Pour la littérature, j’ai commencé par Marie-Claire Blais. C’est ma deuxième chronique pour mon  défi de lecture canadienne.

J’ai adoré parce que c’est à la fois une belle œuvre de littérature mais aussi une plongée dans le Québec du début du XXe siècle. Une initiation à la civilisation québécoise : l’hiver, la vie à la campagne, les familles nombreuses, la domination de l’église. L’écriture est fine et subtile mais le récit  est pittoresque, rustique : comme si on y était.

Je l’ai dévoré, il faut dire que le livre ne fait que 165 pages. Malgré tous leurs vices, la crasse et la pauvreté, les personnages sont attachants.

La grand-mère Antoinette bourrue et méchante, pas si méchante en fait, plutôt endurcie par cette rude vie de labeur, de froid et de pauvreté. Je l’aime bien finalement, peut être parce qu’elle est directe et tient tête à son gendre, le maitre de maison. C’est mon côté féministe qui parle. Les fils indignes : Jean le Maigre, l’intellectuel, le poète de la famille mais tuberculeux qui finira sa courte vie au séminaire selon la volonté de Grand-mère Antoinette ; et le Septième – je ne me souviens avoir lu son nom dans le livre- le vicieux, le paresseux mais malin et plein de vie. Celui qui s’en sort le mieux dans l’histoire. Et enfin, la sœur Héloïse qui passe du statu de religieuse illuminée à celui de prostituée enthousiaste.

C’est certainement un peu cliché : la famille de paysans pauvres de fin fond du Québec, les fils voués au séminaire et à l’emprise des prêtres pédophiles, le travail à la ville et ses vices urbains. Mais c’est compensé par la belle écriture et le réalisme poignant, tantôt pathétique, tantôt burlesque, tantôt émouvant.

Ce bouquin m’a tout simplement donné envie d’en lire d’autres.


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