de Camilla Lackberg

L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshecle s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare de l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge… Dans ce quatrième volet des aventures d’Erica Falck, Camilla Làckberg tisse avec brio l’écheveau d’une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande.
On retrouve Patrick coincé entre un chef encore plus paresseux que jamais, une femme en préparatifs de mariage, une belle-sœur en cours de rédemption, un conseil municipal en effervescence et une bande de branleurs télé-réalistes bien poussés aux amphétamines pour cause d’audimat avec bien sûr en fond d’écran une épidémie de crime sans laquelle nul n’existerait.
Il s’agit du troisième roman de Camilla Lackberg que je lis. Après *Le Prédicateur* et *La Princesse de glace*. Au départ, oserais-je l’avouer, j’ai acheté le livre pour son look. Et oui, les éditions Actes Sud, avec sa collection Actes Noirs, fait bien les choses, les pochettes attirent, et puis, *Millenium *de Stieg Larsson<http://fr.wikipedia.org/wiki/Stieg_Larsson> est passé par là.
Bon, conclusion, le flacon ne fait pas obligatoirement l’onguent.
Pas que le roman soit franchement mauvais (je ne suis pas maso, je n’en aurais pas lu trois quand même), mais ce n’est pas non plus du grand polar.
La formule est assez convenue, l’auteure commence par consacrer un chapitre par personnage, et tranquillement, tout se resserre, ses personnages se croisent, interagissent et plouf! le suspect surgit de cet enchevêtrement.
Tout cela entrecoupé de petits extraits, en italique, des pensées de celui qui va s’avérer être le criminel.
Bon, c’est pas original, original, tout cela.
De plus, souvent, la chute est un peu brutale et pas très creusée.
Mais à la décharge de l’auteure, ses personnages sont sympathiques et attachants. Il y a Erika, auteure elle-aussi de polars et de biographies, qui se débat avec des combats tout féminins : ses amours, sa grossesse, son mariage! On la sent plus profonde et on aimerait que l’auteure lui laisse un peu plus de place. Un peu comme une Miss Marple à la suédoise! Il a aussi, celui qui est devenu son amoureux (puis son mari) dans le premier roman, Patrick, inspecteur à la fois un peu gauche et malhabile mais avec beaucoup d’instinct. Il y a la soeur d’Erika, son ex, les autres membres du commissariat (dont le commissaire en chef, une caricature un peu trop…caricaturale). Les caractères sont bien plantés et conséquents d’un roman à l’autre. Ils manquent cependant d’un peu de profondeur…nous laissant souvent sur notre faim.
Autre point positif, la Suède. Le quotidien, les moeurs, les paysages y sont bien décrits, dans une simplicités toute nordique.
En résumé, un polar reposant. Pas du Mankel mais quand même!
Et réjouissez-vous, L’oiseau de mauvaise augure, se termine sur une ouverture large comme une porte de grange et subtile comme un bulldozer : il y aura une suite. Langes de bébé ensanglantés et piste nazi. Tout un programme!