Archive pour la catégorie ‘Saga’

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

3 juin 2010

de Katherine Pancol

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi Katherine Pancol

Souvent la vie s’amuse.
Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud. …
Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant.
Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue… Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi…

Il s’agit de la troisième partie de cette trilogie entamée avec La valse lente des tortues et Les yeux jaunes des crocodiles (si on peut lui donner ne serait-ce qu’un mérite – elle en a d’autres -Katherine Pancol a le don du titre qui titille la curiosité). J’avais bien aimé le premier, personnages attachants, surtout cette Joséphine Cortès, fragile et malhabile avec la vie, ses deux filles, sa sœur Iris, sa mère, et tous les écueils d’un destin ordinaire pourtant un peu  extraordinaire. J’avais apprécié le deuxième opus, un peu polar, un peu éso, mais bien dans la veine tendre et sur le fil du rasoir du premier. Le troisième, c’est un peu celui de trop. Déjà, le titre aurait pu mettre la puce à l’oreille : l’auteure s’est prise à son propre jeu. Ensuite, c’est un festival de bons sentiments et de bonnes personnes, de gentils qui défendent les gentils et de quelques pas gentils qui sont bien punis. On retrouve tous les personnages des premiers tomes, plus quelques autres, dont Pancol, faute d’avoir choisi, n’a le temps que d’ébaucher l’aventure, les laissant parfois en rade, échoués sur la côte escarpée des idées mal entamées. Ce qu’on avait aimé dans La valse, les personnages attachants, un peu tout croches, ce qu’on avait aimé dans Les yeux, les intrigues bien ficelées et bien menées, on ne le retrouve pas dans Les écureuils. Tout va un peu à vaut l’eau, et si les écureuils sont tristes le lundi, bein, nous on l’est aussi un peu en lisant ce roman qu’on aurait bien aimé aimer.

Un de trop? sans doute.

Une proposition de titre? Les auteurs devraient savoir dire stop à leurs éditeurs.

Les accoucheuses – T2 – La révolte

10 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

Voici enfin la suite de cette passionnante saga historique qui met en scène la jeune sage-femme Flavie et sa mère Léonie ! Dans ce deuxième tome, la lutte est de plus en plus âpre entre accoucheuses et hommes de l’art, entre dames patronnesses et hommes de robe. Maintenant mariée à un médecin, Flavie entreprend une quête qui se révèlera fort ardue, celle de son bonheur tant conjugal que professionnel. Contre vents et marées, Léonie conduit les destinées de la Société compatissante et de l’École de sages-femmes de Montréal. Au milieu du XIXe siècle, dans un contexte où le règne tyrannique de la pudeur se consolide, les mentalités refusent une telle hardiesse au « sexe faible ». La belle société, l’évêque du diocèse à sa tête, se scandalise de ces comportements insolents !Flavie et Léonie refusent de sacrifier leur joie de vivre sur l’autel des dévotions. Dans un monde marqué par des tensions sociales très vives, leur destin s’inscrit dans la trame des bouleversements du début des temps modernes.

Suite du premier tome dont j’ai parlé dernièrement… Toujours un énorme pavé ! Toujours les mêmes personnages. Flavie est maintenant mariée à un jeune médecin, qui semble aussi avant-gardiste qu’elle…. Elle s’est établie comme sage-femme et forme même un tandem efficace avec son mari.

Ce tome suit plus particulièrement les combats de Flavie… contre la société montréalaise qu’elle choque tant par ses envies de devenir médecin notamment, contre sa famille aussi qui ne peut pas toujours la suivre dans ses idées et projets, contre son mari qui en la soutenant s’est mis à dos une partie de la société et souhaiterait faire “un peu plus partie du moule”…

J’ai lu ce tome un peu plus lentement… Ce n’est pas l’histoire, ce n’est pas réellement de la lassitude non plus, c’est juste que même pour une livrophage, il faut assimiler tout ça et ça prend du temps… d’autant que je m’étais embarquée dans cette lecture sans pause après le premier tome !!!

On retrouve les références historiques de l’époque, l’omniprésence du clergé, la puissance des médecins, et toujours les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles méritaient dans la société. C’est vraiment très enrichissant…

Et après ma petite pause, plus ou moins forcée, je vais me plonger très vite et avec joie dans le troisième tome !!!

Les accoucheuses – T1 – La fierté

8 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

 

Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes.

À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour.

D’une écriture vivante et colorée, ce roman évocateur excelle à recréer l’atmosphère des débuts de l’ère victorienne et à camper des personnages attachants. Les accoucheuses, un bonheur de lecture.

J’ai lu ce premier tome l’année dernière, puis pratiquement dans la foulée le deuxième volume.

A la suite de quoi, je me suis consacrée à réduire les volumes de livres à lire avant d’en racheter d’autres… Et puis dernièrement, la Visa a pas mal fonctionné pour les livres et le troisième tome s’est retrouvé dans mon panier (mais je vous jure, Madame, je n’ai rien fait !!!)…

Il est donc grand temps de parler des deux premiers livres de cette série québécoise !!!

Le gros défaut de ce livre ? Il n’existe pas en format poche… Super encombrant, pas possible de le mettre dans le sac à main (plus de 800 pages !!!)…

L’histoire se déroule à Montréal, fin du XIXème siècle et met en scène une famille aux idées plutôt avant-gardistes : père instituteur et pour l’instruction des filles au même niveau que les garçons ; mère sage-femme, une des premières, et désireuse d’éduquer les jeunes-filles dans ce métier alors que la tradition est plutôt de “former” des femmes ayant déjà eu des enfants ; et leurs trois enfants, dont Flavie, qui suit le chemin de sa mère et veut même aller au-delà et être médecin, au grand dam du clergé, de la société bien-pensante et du corps des médecins !

Bref, on navigue dans la montée du féminisme, l’accès à l’éducation des femmes et des jeunes-filles, le rapport avec la science de la médecine, les progrès de cette même médecine, les théories sur la femme, son mode de pensée et pourquoi elle ne peut pas être considérée comme l’égale de l’homme, les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles veulent occuper dans la société… sur fond d’histoire du Québec, rivalité franco-anglaise, les arrivées d’immigrants, les feux si destructeurs, les épidémies…

Ce premier tome se lit vraiment très bien. Les personnages sont vraiment attachants. Il ne faut pas se laisser impressionner par la taille du bouquin… Il vaut largement la peine !


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