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La vie épicée de Charlotte Lavigne : bulles de champagne et sucre à la crème

17 mai 2012

de Nathalie Roy

La vie épicée de Charlotte Lavigne Bulles de champage et sucre à la crème

Charlotte Lavigne est de retour ! À trente-quatre ans, elle est toujours recherchiste pour l’émission de télé Totalement Roxanne et, à son plus grand bonheur, elle est maintenant fiancée à son beau Maximilien, qu’elle a l’intention de suivre à Paris dans quelques mois. Pressée de planifier son mariage, Charlotte angoisse devant l’organisation de ce grand événement qu’elle veut tout simplement parfait, mais où rien ne se passera comme elle l’avait imaginé. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants à Paris ? Pas tout à fait. La nouvelle vie de Charlotte n’est pas un conte de fées, et elle doit mettre beaucoup d’eau dans son vin afin que son mariage tienne le coup. Réussira-t-elle ?

Riche en rebondissements, le deuxième tome de La Vie épicée de Charlotte Lavigne contient les mêmes ingrédients que le premier : amitié, amour, bouffe et mésaventures. Même mariée et à Paris, Charlotte demeure une jeune femme charmante, rarement parfaite, mais ô combien divertissante !

Deuxième tome des aventures de Charlotte Lavigne, que j’avais découverte dans Piments de Cayenne et pouding chômeur

Elle reste toujours bien rigolote, attachante et insupportable à la fois. Un petit côté émouvant dans sa volonté de bien faire, de s’adapter à une culture (bien caricaturée quand même) qui n’est pas la sienne et de s’intégrer dans une famille qui la rejette.

Elle aurait peut être pu s’émerveiller un peu plus de la diversité culinaire, alors que finalement, on a l’impression que la gastronomie québécoise l’emporte haut la main… Mais là, c’est mon côté franchouillard qui proteste :D

Le dénouement était pas mal téléphoné depuis le départ mais ça reste une petite lecture sympathique.

A noter que la chick-lit québécoise, ou en tous cas, cette série est bien plus “hot” que la chick lit anglo :D Ici, on pense au sexe, on en parle, et on assume… Différence culturelle, une de plus ;)

Paul au parc

3 mars 2012

de Michel Rabagliati

Paul au Parc Michel Rabagliati

Et pourquoi pas une petite bande dessinée dans mon défi ? Je n’ai pas pu résister au dernier de la série Paul, sorti il y a quelques mois déjà mais bon, je fermais les yeux aux rayons des BD dernièrement, jusqu’à samedi dernier :D

Paul, j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, c’est une bande dessinée 100% québécoise, auteur, personnage, histoire, langage…

C’est une poésie et une douceur incroyables, de la tendresse dans les souvenirs, de la nostalgie par moment, de la tristesse… C’est une avalanche d’émotions à chaque lecture et pour chacun des tomes.

Chaque volume met en scène Paul dans un thème particulier. Nous l’avons suivi à Québec, en appartement et à la pêche, le voici au parc. Ce tome suit Paul, enfant. Il rêve dans le parc de son voisinage, et surtout découvre les joies du scoutisme, le tout sur fond de FLQ montant et des attentats ayant eu lieu dans les années 70. C’est aussi la découverte de la bande dessinée et de cet amour naissant, naitra une vocation pour Paul, alter égo papier de Rabagliati.

Avec une simplicité extrême dans le dessin et les dialogues, l’auteur nous touche, nous bouleverse et arrive dans la même page à nous faire sourire.

La mort est encore présente dans ce tome, une mort brutale, injuste, intolérable, mais traitée avec une grande sensibilité . Ce sont des souvenirs d’enfants, et la vie continue.

C’est un grand coup de cœur, comme toute cette série dont je ne me lasse pas. ♥♥♥

Le froid modifie la trajectoire des poissons

28 décembre 2011

de Pierre Szalowski

Le froid modifie la trajectoire des poissons

4 janvier 1998. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l’aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le Québec ait jamais connue.
Ce déluge de glace n’empêche pas son père de quitter la maison. Mais pour ses voisins, des évènements incroyables ou anodins font en sorte que leurs vies basculent peu à peu. Julie, danseuse en mal d’amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons; Michel et Simon, les deux « frères » si discrets, qu’on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe.
Face à l’adversité, des liens se créent; face au froid, l’entraide, la solidarité et l’altruisme enflamment les cœurs. Notre héros, lui, ne sait pas trop où le ciel veut en venir jusqu’au moment où son père, victime d’une mauvaise chute à cause du verglas, n’a d’autre solution que de réintégrer le toit familial, les deux bras dans le plâtre. Le Grand verglas va progressivement changer la vie de tous les habitants de cette rue, pour le meilleur.
Un roman au ton simple et chaleureux où l’humour ponctue chaque phrase. Un roman qui nous révèle une face cachée rafraîchissante de l’humanité. Un roman rempli d’espoir et de chaleur… sous quelques bons centimètres de glace.

Un ami livrophage m’a offert ce livre… et je lui dis un grand merci pour une excellente découverte.

J’ai vraiment beaucoup aimé la construction du livre. D’une façon générale, j’aime beaucoup les livres à plusieurs voix. Et dans cet ouvrage, les “voix” proviennent d’un enfant dont les parents viennent de se séparer, d’une jeune stripteaseuse, d’un couple homosexuel “caché” et d’un père élevant seul son fils. Aucune raison pour ces personnages et ces familles de se rencontrer, si ce n’est qu’elles habitent au même endroit et que en ce début de l’année 1998, la grande tempête de verglas survient.

J’ai lu plusieurs fois des comparaisons avec Ensemble, c’est tout. C’est assez vrai notamment dans la façon de découper la narration, et dans cette solidarité qui nait entre tous les personnages en raison d’un évènement particulier.

Le titre, qui m’avait interpellé depuis bien longtemps est une sorte de fil conducteur, tout au long du livre. Si les poissons sont l’objet de l’étude de Boris, et le sujet de toutes ses préoccupations, leur trajectoire et comportement n’est pas sans rapport avec celles de tous les personnages du livre…

J’ai également apprécié la sensibilité du ton pour les thèmes abordés. Les situations sont décrites avec une fausse naïveté du fait du narrateur principal, un enfant. Beaucoup de tendresse, une écriture simple qui se lit vite. Une très belle lecture.

 

Je vais me mettre à la recherche du livre “Des Mets et des Mots: Un roman en 40 recettes” de ce même auteur… Le descriptif m’a vraiment donné envie :)

Le bonheur est assis sur un banc et il attend

21 février 2011

de Janick Tremblay

Le bonheur est assis sur un banc et il attend Janick Tremblay

Le 6 décembre 1992, Vincent, jeune ingénieur, se tire une balle dans la tête. Trois ans jour pour jour après la tuerie de la Polytechnique. L’impensable s’est produit et la vie ne sera plus jamais la même pour Roxane et Philippe Larrivée, ses parents. Un mois avant son suicide, Vincent avait acheté un vieil immeuble de six appartements avec son père. Ils avaient projeté de le rénover ensemble. Mme Édouard et Jean-Charles, Pierre et Julie, Florence et Laurent, Émile et Charlotte, Jeanne et Nicolas sont les locataires de l’immeuble. Ils incarnent, entre autres, l’alcoolique en rémission, la dame âgée qui perd son chat mais retrouve l’amour de ses quinze ans, le jeune couple dynamique au bord de l’engagement, des amitiés et des amours naissantes. Autour de ce petit monde, on rencontre aussi les Nguyen, qui tiennent le dépanneur du quartier, Rodolphe l’Haïtien, chauffeur de taxi philosophe. Et en filigrane, la difficulté des parents de Vincent à se remettre de son suicide. Comment les locataires apprendront-ils à vivre avec les Larrivée et leur peine quasi insurmontable ? Pourront-ils les comprendre vraiment ? Sauront-ils apprivoiser l’ombre de Vincent qui plane sur eux ?

Voici un livre que j’ai choisi pour son titre (entendu à la radio) puis pour la couverture. J’ai ensuite pu lire un ou deux avis engageants… Il m’en faut généralement bien moins pour me lancer, donc me voici partie dans cette lecture qui comptera en plus pour mon défi des auteurs canadiens !

Le thème est dramatique. La vie de Roxane et Philippe Larrivée, après le suicide de leur fils, Vincent, qui n’aura pas été capable de vivre avec les sentiments de lâcheté et de culpabilité qui le hantent après qu’il ait assisté au massacre de Polytechnique. Si la vie continue, parce qu’on n’a pas le choix, même après un tel drame, elle n’est plus jamais la même et non seulement les parents de ce jeune homme, mais les amis, les voisins, l’entourage d’une façon générale doit réapprendre à vivre, … autrement.

La lecture de ce livre se fait très facilement. J’ai aimé l’enchainement des paragraphes, suivant un locataire particulier de l’immeuble, chacun avec son histoire, des bribes du passé ou du présent, chacun ayant eu son lot de drame personnel, et chacun lié aux autres par leur présence dans cet immeuble, dont le propriétaire est le couple Larrivée.

Les phrases sont toutes très courtes, et donnent un air un peu haché, accentuant une impression de rapidité des réflexions personnelles de chacun. C’est intéressant même si j’aurais, je pense, apprécier d’avoir de temps en temps des moments de “repos” avec un peu plus de longueur et de construction de phrases.

Les différents sujets abordés sont difficiles, mais traités avec respect et finesse. Le dénouement est terrible… Encore une fois, ce n’était certainement pas le genre de lecture qu’il me fallait ces temps-ci (je suis pas mal spécialiste ces temps-ci pour choisir des livres qui vont me mettre le moral à la cave !!! J’en ai un que j’ai même dû arrêté… je vous en parlerai… un jour !).

Mais au final, l’impression reste vraiment très agréable.

Sans rien ni personne

7 décembre 2010

de Marie Laberge

sans rien ni personne Marie Laberge

Une très très belle découverte pour moi. Je ne connaissais pas Marie Laberge autrement que de nom. Et je suis enchantée d’avoir fait cette première “rencontre” dans le cadre du Défi des Auteurs Canadiens et avec ce livre.

Ce policier met en scène un commissaire français, en charge du département des Cold cases… et une enquêtrice québécoise, Vickie Barbeau, elle aussi dans un département de “cold cases”. Le père d’une jeune femme française, trouvée assassinée à Montréal quelques trentes années plus tôt, fait une demande ultime de reconsidérer le cas et Patrice Durand décide sur la base de quelques “indices” apportés par le père éploré de donner une chance à cette enquête.

Le livre suit cette enquête faite par Patrice etVickie, sur les traces de Marité, recherchée pour son rôle de témoin potentiel dans cette affaire…

J’ai beucoup apprécié cette enquête pour plusieurs raisons. La première étant d’ailleurs le fait que ce soit un cold case… Je n’avais jamais lu de policier basé sur ce type d’enquêtes. Très rapidement, une autre victime apparait dans l’intrigue, en la personne de la petite fille de Marité. La description des lieux est très bien faite et l’on sent bien que cette auteure écrit la plupart du temps “autre chose” que du policier.

En ce qui concerne l’aspect policier, tout est décrit avec beaucoup de pudeur et de retenue, ce que j’ai apprécié car je ne suis pas une grande fan des descriptions gores ou très précises… mon imagination étant ce qu’elle est, je n’ai besoin de que peu de mots pour visualiser déjà pas mal d’horreurs ! En fait, il ne faut pas croire que ce soit pour autant édulcoré… Oh non… En jouant sur le registre des émotions… Marie Laberge arrive à nous faire comprendre tout ce qui s’est passé, dans toute son horreur… L’émotion du père qui ne s’est jamais remis de la mort de son enfant, celle de la petite fille, retrouvée adulte et racontant peu à peu et avec sa pudeur de victime ce qu’elle a vécu, celle enfin des deux enquêteurs et des témoins, qui lèvent peu à peu le voile sur toute l’horreur de cette affaire… C’est cette ensemble qui apporte au livre un intérêt particulier et qui m’a énormément plu… au point de me faire oublier mon côté franchouillard qui s’est quand même un peu vexé de voir mon compatriote présenté de la sorte… ;)   Mais je ne vous en dis pas plus, ce côté un peu cliché n’apporte pas grand chose, à mon avis au livre…

Ce n’est peut être pas le polar du siècle, mais c’est un roman policier bien construit qui parle de sujets difficiles et remue autant qu’il subjugue… Pas de suspense haletant (je me suis doutée de une ou deux choses assez rapidement), mais une écriture intéressante et des personnages attachants.

Je lirai très rapidement un autre livre de cette auteure.

La croute cassée

4 novembre 2010

de Mariève Desjardins

La croute cassée mariève Desjardins

Vous êtes un étudiant dont l’estomac est aussi vide que le compte en banque. Votre budget est serré, mais vous voulez remplir votre garde-manger autrement qu’avec des boîtes de Kraft Dinner. Vous n’avez jamais appris grand chose de votre mère côté cuisine. Fraîchement célibataire, vous réalisez en catastrophe que le boss des chaudrons, c’était l’autre moitié de votre couple. Vous maniez très bien l’ouvre-boîte et le micro-ondes, mais vous avez encore du mal à faire la différence entre le poêle et le frigo (deux sont carrés et possèdent une porte, non ?). Vous êtes un gourmet que la simple idée d’épépiner une tomate vous épuise pour un bon deux semaines. Vous aimez la bonne bouffe sans trop raffoler des factures astronomiques au resto.Avec La croûte cassée, nous vous proposons 60 recettes à la fois économiques, archi-simples (limite inratable !) et savoureuses, toutes passées plusieurs fois à la casserole et testées sur des amis qui nous adressent encore la parole. Certaines recettes sont aussi la gracieuseté de jeunes chefs cool et branchés. Tous ces plats sont adaptés aux situations du quotidien : réconforter lors des blues de novembre, mener une opération de charme, concocter un festin après un simple détour au dépanneur, faire face à des fins de mois difficiles ou encore manger comme un roi en moins de 20 minutes top chrono.

Alors, ce livre est un peu élitiste (oui, oui) car il ne s’adresse qu’aux Québécois ou aux Canadiens français. Pourquoi? C’est vrai ça, pourquoi après tout. Une fois les températures de four adaptées en Celsius et certains aliments remplacés ou importés, restera plus qu’à comprendre les blagues! :-)
Bon, ce livre est tout sauf élitiste. Pourquoi? Parce qu’il s’adresse à ceux et celles qui aiment casser un bonne croûte, qui sont un peu cassés (fauchés), d’où le titre. Mais qui aiment rigoler.
Il s’agit donc d’un livre de recettes, remplis d’idées repas originales (côtelettes au ketchup ou spread au tofu) ou plus traditionnelles (gratin de choux-fleur ou couscous presque royal). Bon, quoi de neuf sous le grill? Des livres de recettes il en sort presque autant que de prix littéraires.
Et bien, de 1, ces recettes sont adaptées pour ne pas nous coûter la peau des fesses, de 2, elles sont présentées pour nous donner envie de les faire, de 3, les illustrations et la mise en page sont agréables au regard, et de 4, surtout, surtout, il est truffé de réflexions des auteures Mariève Desjardins et Marie-Michelle Garon (la soeur de ma copine…et oui, un peu de name dropping) qui donnent envie de devenir leur amie et les inviter à souper! Allez, un petit exemple : “Concoctez un souper et chauffez l’appart en même temps : un deux en un exceptionnel!”, pour le boeuf mijoté, “Servez avec l’air exténué de celui qui en a trop fait et vous aurez du succès dans votre entreprise (comme dit le biscuit chinois)” pour la salade ce chèvre chaud, “Pour ceux qui ont été sevré trop jeunes, passez au robot-culinaire, ça donne la texture de la purée pour bébé” pour la compote de fruits. Je garde les autres pour moi…na.
En extra, les épices de base, les must have du cuisinier cassé, le minima du garde-manger et comment garder ses aliments frais sans qu’ils ne deviennent vos animaux de compagnie.
C’est une mine ce livre je vous dis!
À offrir à Neveu qui vient d’aménager, Fifille qui fait toujours la même soupe au bouillon clair, Fiston qui flambe sa pension (que vous lui octroyez généreusement) en resto rapides…ou simplement pour vous, parce que le méritez bien!

Ru

15 octobre 2010

de Kim Thuy

Ru Kim Thuy

J’ai acheté ce roman sur délit de “beau livre”… La couverture est superbe, tant par le dessin, la mise en page du titre que par la texture des couvertures… C’est un livre à toucher et je ne m’en lasse pas…

Je l’ai lu dans le cadre du challenge des auteurs canadiens. Kim Thuy est canadienne, d’origine vietnamienne, arrivée au Canada à 10 ans.

On ne peut pas vraiment utiliser le terme de roman pour le décrire, c’est plutôt un recueil. Un recueil de textes courts, tous sur un moment de la vie de Kim Thuy. L’originalité de la composition du recueil tient dans l’agencement de ces textes, qui ne suivent pas de chronologie logique.

Il en résulte une lecture surprenante mais fascinante de son expérience, plus sous la forme d’un flot de souvenirs qui affleurent sans “logique défendable” mais qui forment un tout solide et de qualité.

J’ai beaucoup aimé cette lecture… Douce, tendre, amère par moment, triste bien sûr, détachée quelques fois à la manière d’un enfant qui vit des évènements graves et ressent leur intensité sans forcément en comprendre l’importance…

J’aime aussi les retours à aujourd’hui, ce qu’elle raconte de sa vie avec ses enfants et de ce qu’elle cherche à leur inculquer. On voit ainsi les différentes étapes de la reconstruction d’une famille, ses parents, cousins, oncles et tantes et le parcours d’une enfant qui devient adulte… envers et contre tout.

J’aime l’écriture de cette auteure… De belles phrases simples et pleines de poésie… Les couleurs et les odeurs prennent vie avec ses mots.

Un très beau livre, très très émouvant et qui restera un coup de cœur pour moi ♥

Le grand blanc

14 septembre 2010

de Francine Ouellette

Le grand blanc Francine Ouellette

Sophie Galant, jeune institutrice, tourne le dos à tout ce qui a été sa vie jusqu’alors pour partir vers le Grand Nord. Elle se rend à Shefferville, où elle sera serveuse et où elle rencontrera ceux qu’on surnomme les “rois du ciel”, les pilotes de brousse. Parmi eux, l’indomptable Luc, la “Tête d’Oiseau”, et son mentor, Émile dit “Le Grand”, l’homme au visage brûlé. Bientôt, le destin de Sophie s’apparentera à celui des autres femmes dont le cœur bat pour l’un de ces intrépides. Tout comme Monique et Myriam, elle entretiendra l’espoir, même quand le pire sera à craindre…

J’ai acheté ce livre sur délit de couverture, titre et nationalité de l’auteur au Salon du livre de l’Outaouais l’année dernière…
Bien m’en a pris… sauf que si j’avais été maline, j’aurais pu voir que c’était la suite d’un autre roman de cette auteure…
Ceci dit, si l’on retrouve des personnages, il se lit de façon indépendante… donc ouf ;)

Nous suivons Sophie, institutrice, qui quitte tout et part pour Shefferville pour y vivre et être serveuse pendant un an.

Connaissez-vous Shefferville ? Peu de chance en réalité. C’est au Québec, mais pas le Québec des touristes. C’est une petite “ville” au Nord quasiment à la frontière du Labrador… Je ne résiste pas à une petite extraction de Google Maps pour vous la situer…

Schefferville Québec carte

Vous noterez l’absence de routes…
Bref… Maintenant vous situez l’endroit…

Ce livre raconte l’arrivée de Sophie dans ce nouvel univers, blanc, froid, rude. Sa découverte des différents habitants de ce village, des pilotes de “brousse”, qui sont les dieux vivants du coin… Sa rencontre avec Emile et le grand amour qui les lie.
J’ai beaucoup aimé la façon dont Francine Ouellette décrit le décor de ce roman et la sensibilité avec laquelle elle peint les personnages comme Emile, Sophie mais aussi Luc ou Georges, le Montagnais… Elle sait les rendre intéressants et attachants.

Ce livre raconte aussi la vie rude de ce village du Nord, l’attente des femmes de pilotes, leurs angoisses lorsque l’un d’eux est porté manquant, la solidarité des pilotes.

Il raconte le retour, l’acharnement d’Émile et de Georges à revenir après leur accident. Le retour à ses racines de Georges pour survivre et aider son ami à survivre. Une amitié profonde et un immense respect de la nature.

Voici donc une belle aventure écrite avec beaucoup de poésie.

Je poursuis donc ma découverte des auteurs canadiens dans le cadre cette fois-ci du Défi Canada – D’un océan à l’autre. Prochaine étape : Michel Tremblay qui traine depuis longtemps sur mes étagères sans que je ne franchisse le pas…

Edna, Irma et Gloria

24 août 2010

de Denise Bombardier

Edna, Irma et Gloria - Denise Bombardier

Passionné, engagé, jubilatoire, le nouveau roman de Denise Bombardier a la vitalité et la truculence de ses héroïnes : Edna, Irma et Gloria, trois sœurs aussi inséparables que bagarreuses. Sous la férule d’une mère intransigeante, ce trio infernal va défier, à sa manière, les institutions et la morale dans un pays prisonnier des traditions. Tyrannisant les hommes et noyant le vide de leur existence dans l’alcool, ces femmes révoltées et attachantes sont pourtant impuissantes à s’inventer une vie à la hauteur de leurs désirs et de leurs aspirations… Saga familiale, roman des origines, fresque pittoresque et émouvante, Edna, Irma et Gloria porte un regard lucide et décalé sur le combat des femmes d’hier et d’aujourd’hui.

Voici un livre… surprenant !

C’est la couverture qui m’a tapé dans l’oeil tout d’abord… 3 paires de chaussures ;) Oui, on ne se refait pas… Puis le fait que ce soit un auteur québécois m’a tenté… Et enfin la quatrième de couverture a eu raison de ma faiblesse !!!!

Nous suivons l’histoire de 3 soeurs, issues d’une grande fratrie telle qu’on en rencontrait au Québec il y a 50 ans…

Ces 3 femmes sont un mélange de haine et d’amour, d’espoir et de frustration. Fortes en gueule et en caractère, elles sont en bloc contre tout ce qui les entoure, montrent une rage incroyable à détester le reste du monde. Une phrase du livre les décrit parfaitement:

Les soeurs étaient des femmes enragées qui entretenaient leur rage comme d’autres soignent leur corps.

Il est assez édifiant de lire leur vie, partagées entre des attentes qu’elles ne sauront jamais remplir, des espoirs qui ne se réaliseront jamais, des souvenirs de moments heureux auxquels elles s’accrochent mais qui en même temps nourriseent leur amertume… Et la famille, qu’elles semblent détester par moment et qui, dans les meilleurs moments, les laisse indifférentes. Les premières phrases m’ont marquée. Et parce qu’elles résument tant leurs vies, l’auteure en reprend une partie pour clore l’histoire.

Elles ne pouvaient se passer les unes des autres. S’aimaient-elles ? Rien n’est moins sûr. Dans la famille, l’amour était secondaire. On sortait du ventre de la même mère, on partageait le même père, tout était joué.

Il y a la présence de cette mère, tellement dure, qui semble vide de sentiments, qui a fait des enfants vraisemblablement sous la pression de l’Eglise comme c’était le cas à l’époque, qui à sa manière se bat pour faire vivre  sa famille et qui dans cette relation bizarre avec ses enfants les maintient unis, autour d’elle.

Et Edna, Irma et Gloria auront souffert de cette présence “absente”, au point de faire de leur vie un refus total de tout ce qui pourrait ressembler de prêt ou de loin à un morceau de la vie de leur mère. En seront-elles heureuses pour autant ? Non.

C’est un livre sur le mal d’être de ces femmes… Un livre mordant, qui attaque la morale coincée qui sévissait alors au Québec. Un livre avec beaucoup de méchanceté et de hargne, mais vous savez, celle qui vient de notre besoin frustré d’aimer et d’être aimé, d’être heureux…

Histoire prenante et presque oppressante par moments, d’une grande tristesse… La famille en prend pour son grade… Ne cherchez pas de notions de soutien affectif, d’amour fraternel… Ici, on se soutient en se détestant, on s’aime en s’agressant. Et la vieillesse n’adoucit rien…

Ce n’est pas la première fois que je tombe sur un auteur québécois au ton mordant, désabusé… Denise Bombardier en fait visiblement partie, et j’ai beaucoup aimé !

Paul en appartement

10 mai 2010

de Michel Rabagliati

Paul en appartement BD Michel Rabagliati

Je continue ma découverte des albums de Paul… Paul et Lucie emménagent dans un nouvel appartement. C’est l’occasion pour Paul de se souvenir de sa rencontre avec l’élue de son coeur, à l’école d’arts graphiques.

Que dire si ce n’est que cet album, qui se situe avant les deux que j’ai déjà lus, a toujours autant de poésie, d’émotions et d’humour… Que le dessin est toujours le même, mélange de précision et de simplicité. Que les dialogues sont touchants, sobres et que rien qu’à les lire, on “entend” l’accent québécois…

Et que je suis toujours autant sous le charme de cette série !!!! ♥♥


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