Archive for février 2011

Le bonheur est assis sur un banc et il attend

21 février 2011

de Janick Tremblay

Le bonheur est assis sur un banc et il attend Janick Tremblay

Le 6 décembre 1992, Vincent, jeune ingénieur, se tire une balle dans la tête. Trois ans jour pour jour après la tuerie de la Polytechnique. L’impensable s’est produit et la vie ne sera plus jamais la même pour Roxane et Philippe Larrivée, ses parents. Un mois avant son suicide, Vincent avait acheté un vieil immeuble de six appartements avec son père. Ils avaient projeté de le rénover ensemble. Mme Édouard et Jean-Charles, Pierre et Julie, Florence et Laurent, Émile et Charlotte, Jeanne et Nicolas sont les locataires de l’immeuble. Ils incarnent, entre autres, l’alcoolique en rémission, la dame âgée qui perd son chat mais retrouve l’amour de ses quinze ans, le jeune couple dynamique au bord de l’engagement, des amitiés et des amours naissantes. Autour de ce petit monde, on rencontre aussi les Nguyen, qui tiennent le dépanneur du quartier, Rodolphe l’Haïtien, chauffeur de taxi philosophe. Et en filigrane, la difficulté des parents de Vincent à se remettre de son suicide. Comment les locataires apprendront-ils à vivre avec les Larrivée et leur peine quasi insurmontable ? Pourront-ils les comprendre vraiment ? Sauront-ils apprivoiser l’ombre de Vincent qui plane sur eux ?

Voici un livre que j’ai choisi pour son titre (entendu à la radio) puis pour la couverture. J’ai ensuite pu lire un ou deux avis engageants… Il m’en faut généralement bien moins pour me lancer, donc me voici partie dans cette lecture qui comptera en plus pour mon défi des auteurs canadiens !

Le thème est dramatique. La vie de Roxane et Philippe Larrivée, après le suicide de leur fils, Vincent, qui n’aura pas été capable de vivre avec les sentiments de lâcheté et de culpabilité qui le hantent après qu’il ait assisté au massacre de Polytechnique. Si la vie continue, parce qu’on n’a pas le choix, même après un tel drame, elle n’est plus jamais la même et non seulement les parents de ce jeune homme, mais les amis, les voisins, l’entourage d’une façon générale doit réapprendre à vivre, … autrement.

La lecture de ce livre se fait très facilement. J’ai aimé l’enchainement des paragraphes, suivant un locataire particulier de l’immeuble, chacun avec son histoire, des bribes du passé ou du présent, chacun ayant eu son lot de drame personnel, et chacun lié aux autres par leur présence dans cet immeuble, dont le propriétaire est le couple Larrivée.

Les phrases sont toutes très courtes, et donnent un air un peu haché, accentuant une impression de rapidité des réflexions personnelles de chacun. C’est intéressant même si j’aurais, je pense, apprécier d’avoir de temps en temps des moments de « repos » avec un peu plus de longueur et de construction de phrases.

Les différents sujets abordés sont difficiles, mais traités avec respect et finesse. Le dénouement est terrible… Encore une fois, ce n’était certainement pas le genre de lecture qu’il me fallait ces temps-ci (je suis pas mal spécialiste ces temps-ci pour choisir des livres qui vont me mettre le moral à la cave !!! J’en ai un que j’ai même dû arrêté… je vous en parlerai… un jour !).

Mais au final, l’impression reste vraiment très agréable.

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God save la France

15 février 2011

de Stephen Clarke

God save la France Stephen Clarke

Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d’un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham. Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s’adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n’est pas au bout de ses surprises…

Je ne sais pas pourquoi j’ai relu ce bouquin… Disons qu’il m’est tombé dans les mains, que j’ai pensé ‘a Peter Mayle et à Une année en Provence que j’avais beaucoup aimé et que je me suis dit, allez pour me changer les idées, je vais me replonger dans la vision de la France par un Anglais plein d’humour…

Et bien disons le tout net, ma mémoire flanche, parce que j’avais déjà lu ce livre, déjà pas aimé et je ne me m’en souvenais même pas !

Je ne vais pas critiquer les observations de ce jeune anglais débarquant à Paris… Malheureusement pour mon pays et mes compatriotes, il y a une grande, que dis-je une énorme part de vérité… Mais je sature complètement sur la façon d’écrire tout ça… L’exagération à outrance m’ôte l’envie de rire, et c’est ce qui se passe dans ce livre…

Là où un Peter Mayle critique tout en délicatesse et subtilité, Clarke fait dans la grosse artillerie et avec un objectif quasi affiché de commercialisation outre-Manche… et franchement, ça ne passe pas pour moi. Quite à critiquer la France et les Français (et en bonne franchouillarde que je suis, je ne suis pas la dernière à le faire), autant le faire avec adresse et humour…

Alors ça m’aura occupé une soirée, et voilà un livre qui ne restera pas dans ma bibliothèque. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi je l’ai gardé après la première lecture…