Archive for the ‘Historique’ Category

Mystère rue des Saints-Pères

15 mai 2010

de Claude Izner

Mystère rue des saints-pères Claude Izner

Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l’Exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d’être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d’été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre
les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d’âniers égyptiens… Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s’écrouler sous le coup d’une étrange piqûre. S’ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d’enquêteur de Victor Legris… Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses  » villages  » et ses quartiers populaires.

Bon, je l’avoue tout de go, ce n’est pas une découverte, c’est une relecture… premier tome d’une série que j’ai lu en grande partie…

Fan de polar historique, je trouvais le lieu et l’époque de ces enquêtes très intéressantes. Paris, début XIXème, ce premier tome se passe au moment de l’exposition universelle. La Tour Eiffel est toute neuve !!! Intriguant, non ?

La série raconte les enquêtes d’un jeune libraire, Victor Legris. Une jeune femme meurt, piquée par une abeille, et elle ne semble pas être la seule victime de ces abeilles… Pour tout dire, il n’y a rien de vraiment policier dans cette série.

En réalité, ce que j’ai aimé, notamment dans ce premier livre, c’est la description de Paris, l’effervescence de l’exposition universelle, la présence toute nouvelle et donc si étonnante de la Tour Eiffel. Les auteurs de cette série (Claude Izner cache en réalité deux sœurs) décrivent très bien l’atmosphère, les bruits, les odeurs, la tension qui monte avec l’ouverture de l’Expo. Ne serait-ce que pour ça, c’est un tome à lire.

En ce qui concerne l’enquête, rien de vraiment palpitant… Pour tout dire dans ce premier tome, l’enquête démarre même très tard, ce qui n’est pas mon souvenir des suivantes d’ailleurs…

De même, Victor Legris n’est pas mon personnage préféré, bien qu’étant supposé être le « héros », pas plus que Tasha, son amie, journaliste. Le personnage de son ami et associé, Kenji Mori, est intriguant et prometteur. Et au fur et à mesure des tomes, j’ai de plus en plus apprécié Joseph, le commis, qui est à mon avis le plus fouillé et le plus riche des personnages, jusqu’à rendre un peu terne notre bon Victor, et un de ceux qui rend les enquêtes intéressantes.

Bref, une série qui n’est pas le coup de cœur du siècle loin s’en faut, mais qui m’a laissé un bon souvenir puisque j’ai eu envie de relire ce premier tome…

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Les accoucheuses – Tome 3 : La déroute

9 mai 2010

de Anne-Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Pendant que Léonie désespère de réussir à assurer la pérennité d’un savoir ancien trop souvent tourné en ridicule, sa fille Flavie est prête à tout pour s’affranchir des conventions qui constituent une entrave aux ambitions des femmes et à leur liberté d’action. Des opposants déterminés espèrent leur défaite. Le groupe des hommes de l’art cherche avant tout à favoriser l’essor d’une science obstétricale naissante. Les fières accoucheuses auront donc à affronter un ennemi aussi puissant qu’insaisissable, une opinion publique qui s’accroche à un idéal de vertu et de bienséance, une morale victorienne triomphante.

Voilà, j’ai fini cette saga québécoise. Découverte grâce à Blandine, j’ai vraiment aimé les deux premiers tomes. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le troisième tome, presque une année s’était déroulée depuis ma lecture du second mais je ne sais pas si c’est vraiment lié.

Encore et toujours un énorme pavé ! Nous suivons toujours la vie de Flavie, de Léonie et de leur entourage. Si Léonie et la majorité des personnages sont toujours à Montréal, Flavie est quant à elle partie. Elle s’est enfuie et vit maintenant dans une  communauté aux États-Unis. Cette communauté (heu, on peut pas dire secte là ???) a des mœurs pour le moins libres et pratique le partage d’à peu près tout… enfin que dis-je, oui, sur tout !

On le comprend dès le titre et il n’y a pas de suspens… le combat que mènent ces femmes est voué à l’échec. L’opinion publique de l’époque ne peut pas changer aussi radicalement. Leur dévouement, leur intelligence, leurs ambitions et leur engagement n’y pourront rien.

Je me suis un peu essoufflée en accompagnant Léonie à Montréal. Les descriptions de cette société qui n’arrive pas à progresser, des us et coutumes de chacun restent très intéressantes mais peuvent être vraiment longues, compte tenu du fait qu’on a déjà deux tomes (et pas des petits) dans la tête. Mais en revanche j’ai vraiment suivi avec beaucoup d’intérêt la découverte avec Flavie de la communauté d’Oneida. Le décor et l’environnement changent, ce qui ravive un peu l’attention. En plus, j’ai découvert en lisant un blog que cette communauté avait vraiment existé ! Le parcours de Flavie au sein de la communauté est semé d’embûches. Si elle y arrive pleine d’espoirs et d’enthousiasme, la réalité quotidienne apporte aussi son lot de frustrations et de désillusions.

La seconde partie du livre s’accélère. Le retour de Flavie ne se fait certainement pas dans les conditions qu’elle aurait espérées. Ses ambitions de devenir médecin n’auront pas pu aboutir, elle doit faire face au jugement des « bien-pensants » de la société et elle se retrouve à devoir s’adapter à cette vie de femme, d’accoucheuse et de mère au foyer qu’elle cherchait à éviter (ou disons plutôt qui ne lui suffisait pas)… Y trouvera-t-elle le bonheur ???

Donc en résumé, une saga québécoise que je ne regrette vraiment pas d’avoir découverte et suivie, mais quels pavés !!!

Magasin général – Tome 1 : Marie

8 mai 2010

par Loisel et Tripp

Magasin général - Marie BD Loisel Tripp

Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, distillée par régis Loisel (La Quête de l’oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d’anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissance à un auteur virtuel.

Voici une bande dessinée que je ne connaissais pas du tout, même pas de nom, avant que Blandine et Berlingotte n’en parlent dans leurs commentaires… Vous me connaissez, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour aller farfouiller dans une librairie… Et me voici ( mais je vous jure, je sais pas comment !) avec le tome 1 dans les mains….

Il faut dire avant tout ça que je ne suis pas du tout une fan de Loisel, je n’ai pas accroché à la Quête et je n’ai jamais été intéressée par Peter Pan. Tripp, je ne le connaissais pas…

Nous suivons la vie du petit village de Notre-Dame-des-Lacs dans les années 20. En voix off, Félix Ducharme, qui vient de mourir et être mis en terre. Marie, son épouse, se retrouve toute seule pour gérer le Magasin Général, centre névralgique du village. Il n’y a pas vraiment d’action ou d’intrigue. Il s’agit juste de vivre le quotidien des villageois, entre bonheur et tristesse, à cette époque où l’Eglise régit encore la vie de tout le monde, où les hommes partent l’hiver venu pour travailler et ramener de l’argent à leurs familles.

C’est simple mais émouvant, avec un zeste d’humour. Les dialogues en québécois sont vraiment excellents.

Me reste plus qu’à découvrir les autres tomes… 😉

Les secrets de Londres

26 avril 2010

de Lee Jackson

Les secrets de Londres Lee Jackson

Un soir, du pont de Blackfriars, une jeune femme se jette dans la Tamise. Son nom est Natalie Meadows, accusée à tort du meurtre de son employeuse, Ellen Warwick, ancienne chanteuse des cabarets de quatre sous. Quand les eaux de la Tamise la rejettent vivante sur la berge et qu’un passeur solitaire la repêche, Natalie décide de démasquer le véritable assassin. Dès lors, sous une nouvelle identité, elle tâchera de démêler le passé d’Ellen Warwick, qui se révèle plus trouble à chacune de ses découvertes. Dans ce Londres obscur et crasseux, à l’atmosphère fantomatique, il semblerait qu’Ellen n’ait pas été la seule à posséder sa part d’ombre : quels sombres secrets cachent Arthur Wilkes et Mr. Bowles, vieux libraire d’Holywell Street ? Ou encore Harry Shaw, petit truand des quartiers pauvres qui sera laissé pour mort dans une venelle après avoir porté un message au député James Aspenn ? Et quand une série de meurtres atroces frappe un par un ceux qui ont un jour côtoyé Ellen Warwick, Natalie risque de devenir à son tour la cible d’un assassin invisible et sans merci.
J’ai pris ce livre car j’avais beaucoup aimé « Le cadavre du Métropolitain », du même auteur.
Ici, surprise, si un meurtre a bien eu lieu, un peu avant que ne commence le livre, on ne suit pas vraiment l’enquête. La narratrice, Nathalie Meadows, était une amie de la victime. Il n’est d’ailleurs pas vraiment clair qu’elle « décide de démasquer » le tueur… Elle est plutôt perdue, elle se sent coupable de ne pas avoir été là pour son amie et tente de comprendre ce qui s’est passé.
Par moment, on quitte Nathalie pour suivre Harry Shaw, petit malfrat des quartiers « chauds » et Tip, son jeune accolyte… On rencontre aussi Quill, photographe alcoolique… Et toute une galerie de personnages toujours bien décrits et plein de mystères.
On retrouve les descriptions de Londres de tous les polars victoriens, les rues sombres et boueuses, la Tamise omniprésente, le brouillard, les éclairages qui n’éclairent pas… On jurerait qu’il ne fait jamais jour, ce qui contribue bien évidemment à l’atmosphère tendue et sans espoir pour tous ces personnages qu’on croise.
Je n’ai pas apprécié autant « Les secrets de Londres » que « Le cadavre du Métropolitain ». L’intrigue n’est pas assez présente, et Nathalie/Flora n’est pas assez haute en couleur pour qu’on puisse vraiment se passionner pour elle. Le dénouement arrive presque par hasard, ce que je touve dérangeant, la conclusion laisse supposer un happy end improbable et inutile, surtout vu la noirceur de l’ensemble…
Globalement, si j’ai aimé les descriptions et la construction du décor, de l’ambiance et des personnages… je n’ai malheureusement pas accroché avec l’intrigue.

Intrigue à l’anglaise

24 avril 2010

de Adrien Goetz

Trois mètres de toile manquent à la tapisserie de Bayeux, qui décrivent les derniers rebondissements de l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, ronge son frein au musée de la Tapisserie, à Bayeux. La directrice du musée, dont elle est l’adjointe, est victime d’un attentat. Des fragments de tapisserie réapparaissent à Drouot. Pénélope est convoquée par le patron du Louvre qui lui confie une mission discrète. Cette semaine-là, Diana, princesse de Galles, et Dodi al-Fayed, disparaissent sous le tunnel du pont de l’Alma. Devant Pénélope éberluée se déroule l’histoire secrète de la tapisserie. Un mystère qui débute en 1066 et se prolonge jusqu’à ces jours tragiques de 1997. Drôle de trame…

J’ai lu des critiques intéressantes sur ce livre… qui m’ont (évidemment !) donné envie de le lire… Mais il m’aura fallu du temps pour écrire ce que j’en ai pensé…

Tout d’abord le thème… Un thème dont je suis la plupart du temps très bon public… Comment un petit détail oublié de l’Histoire, ou ici une pièce manquante de l’Art est en fait le fruit d’une disparition orchestrée depuis des siècles… Complot historique qui, mis à jour, pourrait « changer la face du  monde »… Généralement, je prends beaucoup de plaisir à suivre les auteurs mettre en scène ce genre d’intrigues.

Pour tout dire, j’ai eu du mal à rentrer dans celle-ci… Je trouvais le texte très brouillon… j’avais du mal à situer les personnages (à part Pénélope) et je ne voyais pas trop comment ils allaient trouver leur place dans le déroulement de l’histoire. Et la mort de Lady Di…  bon je suis pas people pour un sou, alors je dois dire que j’ai eu du mal à comprendre ce qu’elle pouvait bien faire par ici… Et même après… est-elle vraiment utile à l’histoire ? Bof, bof…

Tout de même, au bout d’un moment, on se sent quand même attiré par l’intrigue… La miss Pénélope n’est pas forcément tout le temps sympathique, Wandriffe est puant, Pierre Erard, le journaliste provincial, est un gentil gars mais bizarre… On finit par s’attacher à eux et par les suivre avec plaisir.

Si j’ai plutôt apprécié la balade en Normandie, et les mystères tournant autour de la Tapisserie (que je n’ai jamais vu d’ailleurs… Hum, je suis un peu loin maintenant…), j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de descriptions (du genre de celles qui noient le poisson), trop d’allusions à la mort de Diana, son enterrement à la télé… ce n’est pas ma tasse de thé et celà n’apporte rien du tout à l’intrigue.

La vitesse dans l’intrigue est aussi assez déstabilisante… La première partie est lente, un peu trop amorphe. En seconde partie, le voyage de Pénélope chez Contevil met de l’action, relance l’histoire. Le lien entre les deux se fait lentement et de manière peut être un peu trop évidente, mais il se fait. Puis Solange se réveille, et une nouvelle version du mystère de la tapisserie apparaît… Les « rebondissements » sont un peu lourds à mon avis même si ils relancent bien l’intrigue.

Donc voilà… je m’attendais peut être à plus de plaisir dans cette lecture mais globalement, ça reste positif… Je me laisse un peu de temps avant de décider si je suivrai Pénélope dans ses prochaines aventures.

Les accoucheuses – T2 – La révolte

10 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

Voici enfin la suite de cette passionnante saga historique qui met en scène la jeune sage-femme Flavie et sa mère Léonie ! Dans ce deuxième tome, la lutte est de plus en plus âpre entre accoucheuses et hommes de l’art, entre dames patronnesses et hommes de robe. Maintenant mariée à un médecin, Flavie entreprend une quête qui se révèlera fort ardue, celle de son bonheur tant conjugal que professionnel. Contre vents et marées, Léonie conduit les destinées de la Société compatissante et de l’École de sages-femmes de Montréal. Au milieu du XIXe siècle, dans un contexte où le règne tyrannique de la pudeur se consolide, les mentalités refusent une telle hardiesse au « sexe faible ». La belle société, l’évêque du diocèse à sa tête, se scandalise de ces comportements insolents !Flavie et Léonie refusent de sacrifier leur joie de vivre sur l’autel des dévotions. Dans un monde marqué par des tensions sociales très vives, leur destin s’inscrit dans la trame des bouleversements du début des temps modernes.

Suite du premier tome dont j’ai parlé dernièrement… Toujours un énorme pavé ! Toujours les mêmes personnages. Flavie est maintenant mariée à un jeune médecin, qui semble aussi avant-gardiste qu’elle…. Elle s’est établie comme sage-femme et forme même un tandem efficace avec son mari.

Ce tome suit plus particulièrement les combats de Flavie… contre la société montréalaise qu’elle choque tant par ses envies de devenir médecin notamment, contre sa famille aussi qui ne peut pas toujours la suivre dans ses idées et projets, contre son mari qui en la soutenant s’est mis à dos une partie de la société et souhaiterait faire « un peu plus partie du moule »…

J’ai lu ce tome un peu plus lentement… Ce n’est pas l’histoire, ce n’est pas réellement de la lassitude non plus, c’est juste que même pour une livrophage, il faut assimiler tout ça et ça prend du temps… d’autant que je m’étais embarquée dans cette lecture sans pause après le premier tome !!!

On retrouve les références historiques de l’époque, l’omniprésence du clergé, la puissance des médecins, et toujours les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles méritaient dans la société. C’est vraiment très enrichissant…

Et après ma petite pause, plus ou moins forcée, je vais me plonger très vite et avec joie dans le troisième tome !!!

L’énigme des Blancs-Manteaux

9 avril 2010

de Jean-François Parot

Venu à Paris de sa Bretagne natale pour entrer au service de Monsieur de Sartine, lieutenant général de la police de Louis XV, le jeune Nicolas Le Floch doit enquêter sur la disparition du commissaire Lardin, chez qui il loge dans le quartier des Blancs-Manteaux. Du coup, le voilà amené à visiter les bas fonds de la capitale, de Montfaucon autrefois célèbre pour son gibet, à la Bastille qui commence à trembler sur ses bases (nous sommes en 1761). Ses origines apparemment modestes le prédisposaient à devenir un obscur clerc de notaire, mais Nicolas Le Floch, malin et débrouillard, apprend vite. L’évocation de Paris à la veille de la Révolution est superbe, toujours vivante, pleine de détails passionnants sur les costumes, les habitudes alimentaires, la vie quotidienne, et menée avec humour, sans pédanterie. Une des grandes réussites du roman policier historique.

Cette fin de semaine, je fouillais dans mes cartons de livres, toujours pas déballés depuis mon dernier déménagement 😦 et je suis tombée sur le premier tome des Enquêtes de Nicolas Le Floch… Pas résisté longtemps au plaisir de me replonger dedans…

C’est avec cet auteur que je suis devenue fan des romans historiques… Le fait que ce soit une enquête policier n’y est pas étranger non plus bien sûr… Mais il y a bien plus.

Suivre Le Floch dans ses enquêtes, c’est se promener dans les rue de Paris en plein XVIIIème siècle, se mettre à table avec des bons vivants et écouter avec délice la description des recettes fabuleuses dont ils se délectent, faire la grimace et manquer vomir devant les descriptions des autopsies faites par le bourreau de la Ville de Paris, se plonger dans un vocabulaire de l’époque qui ne nous est pas parvenu et qui vaut son pesant d’or…

Des détails incroyables sur les habitudes de toute la société, de l’humour quand il le faut, de la précision dans les enquêtes, des meurtres pas si simples à élucider… Tous les ingrédients sont rassemblés pour nous faire plonger dans l’histoire (ou l’Histoire, comme vous voudrez…). C’est passionnant et je vais repartir dans mes cartons chercher le reste de la série, ça m’a donné le goût de la relire…

Les accoucheuses – T1 – La fierté

8 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

 

Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes.

À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour.

D’une écriture vivante et colorée, ce roman évocateur excelle à recréer l’atmosphère des débuts de l’ère victorienne et à camper des personnages attachants. Les accoucheuses, un bonheur de lecture.

J’ai lu ce premier tome l’année dernière, puis pratiquement dans la foulée le deuxième volume.

A la suite de quoi, je me suis consacrée à réduire les volumes de livres à lire avant d’en racheter d’autres… Et puis dernièrement, la Visa a pas mal fonctionné pour les livres et le troisième tome s’est retrouvé dans mon panier (mais je vous jure, Madame, je n’ai rien fait !!!)…

Il est donc grand temps de parler des deux premiers livres de cette série québécoise !!!

Le gros défaut de ce livre ? Il n’existe pas en format poche… Super encombrant, pas possible de le mettre dans le sac à main (plus de 800 pages !!!)…

L’histoire se déroule à Montréal, fin du XIXème siècle et met en scène une famille aux idées plutôt avant-gardistes : père instituteur et pour l’instruction des filles au même niveau que les garçons ; mère sage-femme, une des premières, et désireuse d’éduquer les jeunes-filles dans ce métier alors que la tradition est plutôt de « former » des femmes ayant déjà eu des enfants ; et leurs trois enfants, dont Flavie, qui suit le chemin de sa mère et veut même aller au-delà et être médecin, au grand dam du clergé, de la société bien-pensante et du corps des médecins !

Bref, on navigue dans la montée du féminisme, l’accès à l’éducation des femmes et des jeunes-filles, le rapport avec la science de la médecine, les progrès de cette même médecine, les théories sur la femme, son mode de pensée et pourquoi elle ne peut pas être considérée comme l’égale de l’homme, les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles veulent occuper dans la société… sur fond d’histoire du Québec, rivalité franco-anglaise, les arrivées d’immigrants, les feux si destructeurs, les épidémies…

Ce premier tome se lit vraiment très bien. Les personnages sont vraiment attachants. Il ne faut pas se laisser impressionner par la taille du bouquin… Il vaut largement la peine !