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Nous étions les Mulvaney

7 mai 2012

de Joyce Carol Oates

Nous étions les Mulvaney Joyce Carol Oates

À Mont-Ephraim, une petite ville des États-Unis située dans l’Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney. Au milieu des animaux et du désordre ambiant, ils cohabitent dans une ferme qui respire le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l’image d’une famille parfaite, comme chacun rêverait d’en avoir. Jusqu’à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar… Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. Joyce Carol Oates épingle l’hypocrisie d’une société où le paraître règne en maître ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l’éclat du rêve américain.

Superbe découverte de ce livre et de cette auteure. Je suis encore sous le coup de ma lecture.

Bizarrement, il m’aura fallu deux démarrages pour plonger dans ce livre. Mais le second, bien que très lent, m’a installée dans cette petite ville, m’a laissée prendre ma place dans cette famille américaine, et je ne les ai ensuite plus quittés !

J’ai aimé l’ambiance créée, le décor. Cette famille fantaisiste, fantasque est attendrissante. Son originalité la rend attachante. Le narrateur est le plus jeune des enfants, devenu grand et journaliste pour la feuille de chou du coin. Il raconte donc son enfance et plus particulièrement les événements qui ont conduit au drame.

La progression est lente mais je n’ai pas trouvé que cela posait un problème. On n’est pas dans l’action rapide, on est dans une lente dégradation de la situation. Cette famille se perd car elle n’a pas réussi à se remettre d’un drame. Pour faire face aux autres, puis à eux-mêmes, les sourires creux et l’incompréhension s’installent. Taire les choses devient vital. C’est prenant, bouleversant et fait naitre de nombreuses réflexions.

Joyce Carol Oates est clairement rentrée dans les auteurs que je veux continuer de lire !

Et qui va promener le chien ?

8 avril 2012

de Stephen McCauley

Et qui va promener le chien Stephen McCauley

« Il y a Clyde, le gay mal remis d’une rupture. Il y a le beau Marcus, son colocataire résolument hétéro, mais incapable d’entretenir une relation adulte. Et puis il y a Otis, pauvre clébard traumatisé par on ne sait quels malheurs passés. Bref, un trio d’inadaptés en butte aux petites difficultés de la vie quotidienne. Pas de quoi fouetter un chat, diront les amis des animaux. Sauf que cette chronique douce-amère est signé Stephen McCauley, un gaillard qui a en commun avec Woody Allen le génie du détail qui tue, qui fait mourir de rire, plutôt.
Délicieux comme un bonbon acidulé »

Pour ceux qui me connaissent, pas de doute possible : un titre pareil ne pouvait que m’attirer.

Ce n’est pourtant pas un roman récent, loin de là, mais je l’ai trouvé dans une foire au livre et cette bonne tête de chien sur la couverture, plus le titre ont fait le reste 😉

Je ne suis pas tombée sous le charme. Il m’aura fallu pas mal de temps pour le finir, je l’ai abandonné plusieurs fois pour d’autres lectures, puis finissais pas y retourner.

Le narrateur, Clyde, m’a plu. Oui il a des soucis, oui, il n’est pas super bien dans sa vie, mais je ne l’ai pas trouvé si inadapté que ça. Il est blessé et n’ose pas avancer.

Il dit à un moment quelque chose qui m’a interpellé:

« J’éprouvais un besoin particulièrement pressant de vivre ma vie comme si j’attendais qu’elle commence. … je me trouvais dans un curieux état de vie suspendue »

Par ailleurs, il est attentif à ses amis, à sa famille… en demande de leur attention également, sans vraiment le proclamer. C’est un personnage intéressant auquel je me suis attachée.

Marcus, quant à lui, ne l’est pas… Il est fade mais beau… ou beau mais fade… Prenez le dans le sens que vous préfèrerez 😉 Louise est plus intéressante, blessée elle-aussi et clairement inadaptée.

Ben, le fils de Louise, est bien plus que Otis, le chien qu’il a recueilli, une sorte de bouée de sauvetage pour Clyde. L’arrivée de ce jeune garçon est un déclencheur. Un moyen d’exprimer un trop-plein d’amour qu’il a en lui, et qu’il ne peut exprimer ni à son père qui le rejette, ni à sa sœur, ni à ses amis.

Roman américain sur la société dans tous ses travers les plus incohérents… De nombreuses belles choses mais pas un coup de cœur.