Posts Tagged ‘enfant’

petite fugue

29 février 2012

de Céline Pouillon

L’aventure extraordinaire de Mélodie, jeune musicienne passionnée lancée à la poursuite d’une note rebelle.
De Paris à New York, une cavale épique, conduite en rythme!

Un petit livre de 45 pages, avec quelques images, à partir de 9 ans, qui se lit très vite et est tout à fait charmant.

Trouvé à la bibliothèque de l’école, je l’ai pris pour ma fille de 9 ans. Finalement je lui ai lu à voix haute par plaisir de lire et d’entendre ces mots.
Le rythme de l’histoire est marqué par le choix du vocabulaire et la syntaxe des phrases.
Les mots, choisis avec soin, décrivent avec précision ce que Mélodie fait et pense, sans que ces détails soient lassants.
Les passages où les synonymes abondent sont un vrai délice:

Une note s’est fait la malle! Envolée! Enfuie! Évanouie! Évaporée! Désintégrée!

La phrase préférée de ma fille est:

“Allons Mélodie, suggèrent-ils [ses parents], s’il te plait, fais une petite bêtise, oh pas une grosse, rien qu’une petite, pour nous faire plaisir!”

Je recommande vivement ce livre, pas seulement aux musiciens en herbe.

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Lignes de faille

2 août 2010

de Nancy Huston

Lignes de faille Nancy Houston

Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Autant le dire tout de suite, j’aime énormément les livres de Nancy Houston. Et celui-ci n’a pas failli à la règle…

Tout d’abord, la construction, en quatre parties, chacune racontée par un narrateur différent, à chaque fois un enfant : Sol, Randall, Sadie et Kristina. Solomon est le fils de Randall, qui est le fils de Sadie, qui est la fille de Kristina… Et nous remontons dans le temps, depuis les Etats-unis, à notre époque jusqu’à l’Allemagne en 1940.

Si cette contruction est un tout petit peu déroutante au départ, elle donne une saveur particulière à cette lecture et beaucoup de profondeur au secret que l’on cherche à percer. C’est en effet fascinant d’en découvrir un pan de plus à chaque fois que la vision de l’enfant narrateur nous est dévoilée, et alors que nous savons ce qu’il est devenu adulte…

Chacun des portraits dressés par les enfants « narrateurs » nous montre à quel point notre passé familial fait de nous ce que nous sommes. Sol est un petit garçon et étrange et dérangeant par moments. Mais en découvrant l’univers familial dans lequel il baigne, en découvrant l’histoire de sa famille, on comprend mieux et on ne peut s’empêcher de se demander quel adulte il sera. A l’inverse, on comprend également mieux les « adultes » de ce livre à la lueur de ce qu’ils ont vécu enfants.

C’est un roman sur la mémoire, sur la transmission de la mémoire. Un roman sur le Passé et sur l’Histoire… Sur la nécessité de garder la mémoire de notre Histoire… Sur les secrets de famille… Sur le mensonge…

Un livre que je conseille toujours autour de moi, car il m’a laissé un souvenir très fort…

Tout ce que j’aimais

16 juillet 2010

de Siri Hustvedt

Tout ce que j'aimais Siri Hustvedt

 

 » Bill leva son verre. « A nos travaux, lança-t-il d’une voix sonore. Aux lettres et à l’art. « Il s’était laissé aller et je me rendais compte qu’il était un peu ivre. Sa voix se brisa sur le mot art. » Un jour qu’il visite une exposition collective, Léo Hertrberg reste fasciné devant l’autoportrait d’un inconnu, William Wechsler. Intrigué et profondément séduit, il décide de rendre visite à l’artiste. Cette rencontre marque le début d’une fantastique amitié qui lie aussi rapidement leurs compagnes. Ensemble, ils vont vivre et créer l’art, l’amour, la paternité… Jusqu’à ce que la réalité les arrache à ce rêve collectif.

 

Voici un livre qui marque…

Une histoire d’amitié, dans les années 70, entre deux familles new-yorkaises. Les deux couples ont chacun un enfant, ils évoluent tous les deux dans le milieu de l’Art, habitent le même immeuble et sont liés par une très forte amitié. Siri Hutsvedt décrit leur évolution aux rythmes des évènements tragiques qui s’amoncellent, perte d’un enfant, drogue, séparation.

Elle nous narre avec beaucoup d’émotions le bouleversement de ces deux familles, et surtout la vie du narrateur, Léo, qui s’écroule, petit à petit, au fur et à mesure que tout se désagrège autour de lui.

C’est un livre très intense et je me souviens que la première fois que je l’ai lu, j’ai écrit à ma gang de copines « Il va falloir que je m’en remette !!! C’est beau et horrible… Je suis vraiment très retournée…
Demain tour obligatoire à la Librairie pour trouver un bouquin rigolo et tout fou… Il m’en faudra au moins 4 ou 5 pour pouvoir repartir dans ma pile de bouquins de la maison… »