Posts Tagged ‘relecture’

Les robots

15 juin 2011

de Isaac Asimov

Il y a 3 semaines, je suis allée avec les enfants admirer Asimo, le robot créé par Honda…

Du coup, je suis partie chercher mon vieux bouquin des Robots parce que je voulais le faire lire à ma fille… Et comme d’habitude, j’ai commencé par le lire… On ne se défait pas de ses bonnes habitudes 😉

Je pense que j’ai découvert Asimov et la SF par ce livre… début d’une grande passion 😀

Les robots est un recueil de nouvelles. On y découvre un monde où les robots apparaissent, se perfectionnent, au service de l’homme, puis de plus en plus indépendants. On y découvre aussi les fameuses 3 Lois de la robotique, récurrentes dans l’œuvre de Asimov.

Asimov est brillant dans ses mises en scène de problèmes robotiques à résoudre, les raisonnements logiques en découlant. Ses descriptions de l’évolution de la société humaine dans ce futur « robotisé » sont brillantes et font réfléchir ! N’oublions pas que cet ouvrage date de 1950 !!!

J’aime particulièrement le Robot Perdu,  qui met en scène un robot en conflit avec les 3 Lois, suite à un ordre malencontreux donné par un humain et la dernière nouvelle, Conflit Inévitable, qui montre les robots, devenus vraiment indépendants, mais toujours « au service » de l’homme. Une quatrième Loi a été instaurée par les Robots eux-mêmes, qui autorise les robots à faire du mal à un individu si celà permet de ne pas en faire à la société… Une nouvelle ère va commencer, celle où les robots vont manipuler les hommes « pour leur bien »…

Asimov est un génie… Il a su créer des mondes futuristes merveilleux. Ce premier livre est la base de la plus grande partie de son œuvre, que ce soit le Cycle des Robots ou tout le cycle de Fondation…

C’était un régal de le relire… J’ai hâte de savoir ce que Camille va en penser ♥

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Un matin, je suis partie

16 août 2010

de Alice Steinbach

Un matin, je suis partie Alice Steinbach

Décidant que sa vie doit changer d’une façon radicale, Alice Steinbach se met en congé professionnel et s’envole de Baltimore pour un séjour de neuf mois en Europe. Ce voyage est une fuite, elle désire retrouver une forme d’indépendance. C’est ainsi qu’elle s’installe à Paris pour nouer une idylle avec un Japonais, puis à Londres, Milan et enfin Oxford où la mélancolie la rejoint.

Ce livre a été écrit par une journaliste qui, une fois ses enfants établis et indépendants, a décidé de se mettre en congé sabbatique et de partir neuf mois en Europe. Elle veut en fait se retrouver, se redonner une sorte d’indépendance. Elle reste quelques mois à Paris puis part en Angleterre, puis en Italie…

Il ne faut pas rechercher d’aventures palpitantes, il n’y en pas. La dame reste traditionnelle dans ses loisirs et ses activités. L’aventure réside dans le fait d’avoir un jour trouver le courage de réaliser son rêve personnel, tout quitter et partir 9 mois en Europe… That’s it !

Le bouquin est assez court et met en évidence ses réflexions, issues à la fois de ce qu’elle a vu, vécu, de personnes qu’elle  rencontre. Elle laisse une grande part à sa culture personnelle, parle des auteurs qu’elle a lu et dont elle retrouve le souvenir quelques fois dans ses pérégrinations…

Un livre qui fait rêver tous ceux et celles qui de temps en temps voudraient s’évader, qui fait réfléchir sur ce besoin de fuite… sur cette quête de soi qui nous prend à la gorge à un moment de notre vie.
Plutôt intéressant au niveau personnel, plutôt enrichissant si on l’aborde de cette manière.
Je pense que j’aurais aimé un tout petit peu plus d’éclairage sur l’aspect  « voyage intérieur », mais globalement, c’est une bonne lecture.

Tout ce que j’aimais

16 juillet 2010

de Siri Hustvedt

Tout ce que j'aimais Siri Hustvedt

 

 » Bill leva son verre. « A nos travaux, lança-t-il d’une voix sonore. Aux lettres et à l’art. « Il s’était laissé aller et je me rendais compte qu’il était un peu ivre. Sa voix se brisa sur le mot art. » Un jour qu’il visite une exposition collective, Léo Hertrberg reste fasciné devant l’autoportrait d’un inconnu, William Wechsler. Intrigué et profondément séduit, il décide de rendre visite à l’artiste. Cette rencontre marque le début d’une fantastique amitié qui lie aussi rapidement leurs compagnes. Ensemble, ils vont vivre et créer l’art, l’amour, la paternité… Jusqu’à ce que la réalité les arrache à ce rêve collectif.

 

Voici un livre qui marque…

Une histoire d’amitié, dans les années 70, entre deux familles new-yorkaises. Les deux couples ont chacun un enfant, ils évoluent tous les deux dans le milieu de l’Art, habitent le même immeuble et sont liés par une très forte amitié. Siri Hutsvedt décrit leur évolution aux rythmes des évènements tragiques qui s’amoncellent, perte d’un enfant, drogue, séparation.

Elle nous narre avec beaucoup d’émotions le bouleversement de ces deux familles, et surtout la vie du narrateur, Léo, qui s’écroule, petit à petit, au fur et à mesure que tout se désagrège autour de lui.

C’est un livre très intense et je me souviens que la première fois que je l’ai lu, j’ai écrit à ma gang de copines « Il va falloir que je m’en remette !!! C’est beau et horrible… Je suis vraiment très retournée…
Demain tour obligatoire à la Librairie pour trouver un bouquin rigolo et tout fou… Il m’en faudra au moins 4 ou 5 pour pouvoir repartir dans ma pile de bouquins de la maison… »

Le tableau du Maître flamand

2 juin 2010

de Arturo Perez Reverte

Le Tableau du Maître flamand Arturo Perez Reverte

Julia, restauratrice d’oeuvres d’art à Madrid, travaille sur un tableau du XVe siècle représentant deux chevaliers jouant aux échecs. Une expertise révèle, sous la peinture, une phrase en latin pouvant se traduire par « qui a pris le cavalier » ou « qui a tué le chevalier ». Avec l’aide d’un antiquaire, d’un joueur d’échecs et d’un historien, son ancien ami, Julia tente de déchiffrer l’énigme du tableau. Pure devinette de spécialistes ? Non, car un mystérieux inconnu reprend la partie d’échecs du tableau de façon bien macabre : les proches de Julia, transformés en pièces du jeu, sont assassinés les uns après les autres…Perez-Reverte, que l’on savait déjà extrêmement doué pour les constructions subtiles, se révèle ici un joueur hors pair. Plusieurs énigmes s’entrecroisent et se répondent : qui a tué le chevalier cinq siècles plus tôt ? Quelle est l’issue de la partie ? Qui est l’assassin actuel ? L’auteur fournit au lecteur les diagrammes de la partie en cours, l’impliquant ainsi dans un jeu qu’il mène de main de maître. Jean-Marc Laherrère

Ce livre est le premier de Perez Reverte que j’ai lu. Découverte coup de cœur pour moi, je suis tombée dans ce livre et n’ai pas réussi à en sortir avant la dernière page. Encore aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir à le relire.

Nous suivons une enquête subtile où la peinture que restaure Julia joue le rôle central. La partie d’échec de Peter Van Huys montre deux chevaliers en train de jouer avec une femme qui brode à l’arrière. Mais sous cette peinture, Julia découvre une inscription mystérieuse… « Qui a tué le chevalier? »

Alors que la jeune femme s’attache à trouver la réponse à cette question, les morts se multiplient autour d’elle. Tous liés d’une manière ou d’une autre à la partie d’échec qui se joue sur le tableau.

Toute l’intrigue est basée sur le fait qu’il faut finir la partie en jeu pour trouver le mystérieux tueur de notre époque et résoudre l’énigme du tableau. Les deux enquêtes sont totalement liées et passionnantes…

Pas besoin de s’y connaître aux échecs (non seulement je n’y connais rien, mais en plus ça ne m’attire pas du tout !), c’est de stratégie dont il est question, de réflexions pour engager le mouvement suivant. C’est un livre magique et captivant, reliant notre époque au XVème siècle par le biais de l’art et des échecs.

Un livre qui ne plaira certainement pas à tout le monde, mais qui à mon avis, vaut la peine d’être essayé pour l’originalité du thème…

Et une relecture qui me donne envie de relire les autres que j’ai en stock… Zut, ça va pas faire descendre ma PAL, ça… :-/

La souris bleue

26 mai 2010

de Kate Atkinson

La souris bleue Kate Atkinson

Un détective privé enquête à Cambridge sur des affaires criminelles qui n’ont jamais été éclaircies. Il doit remonter à des événements du passé, souvent très lointains, pour suivre les traces de la mystérieuse  » Souris Bleue « . Les intrigues sont situées dans des milieux sociaux très divers, allant de la classe ouvrière à la gentry. Les drames les plus poignants alternent avec les épisodes désopilants. On retrouve le regard caustique de Kate Atkinson sur notre monde moderne, la télévision et la  » néfaste food « , entre autres. Anticipations et retours en arrière tiennent le lecteur en haleine. Les maux de notre société, l’amour parental avec ses excès et ses carences sont dépeints avec une étonnante âpreté de ton.

Première rencontre avec Kate Atkinson, faite il y a deux ans… relue ce week-end.

Je me souviens avoir été surprise par la lenteur du départ. Ce qui n’a pas été le cas lors de cette relecture car je me suis attardée sur d’autres détails.

Nous suivons Jackson Brodie, détective privé, qui travaille sur trois enquêtes : la disparition d’une enfant, le meurtre d’une jeune fille et l’assassinat d’un mari par sa femme. Ces trois évènements ont tous eu lieu dans le passé, et n’ont pas été élucidés à ce jour.

Avec beaucoup de brio, l’auteur passe d’une enquête à l’autre, du présent au passé. A chaque chapitre son personnage.

J’ai trouvé ce livre vraiment bien. Au delà de l’enquête, c’est le personnage de Jackson Brodie qui est intéressant, ex-policier, pessimiste, désabusé, caustique. Ce sont aussi les liens entre les protagonistes des enquêtes, relations parents-enfant. De nombreux thèmes très durs sont abordés, comme l’inceste, mais avec beaucoup de finesse. Et l’ironie et l’humour anglais font des merveilles.

A la relecture, ce livre m’a toujours autant plus… ce qui fait que je vais essayer de me replonger dans un autre Atkinson « C’est pas la fin du monde » qui lui, en revanche, ne m’avait pas plus du tout… Affaire à suivre

L’énigme de la Blancarde

17 mai 2010

de Jean Contrucci

L'énigme de la Blancarde Jean Contrucci

 

Marseille, 1891. La ville est partagée en deux. D’un côté, sur la rive nord du Vieux-Port, le quartier « réservé » où viennent s’encanailler les bourgeois. De l’autre, les faubourgs respectables, autour de la rue Paradis ou du hameau de La Blancarde… C’est pourtant dans ce monde-là que la riche Mme Magnan est sauvagement assassinée. Louis Coulon, son fils adoptif, est accusé. Preuves et témoignages l’accablent. Le voilà condamné au bagne à perpétuité. Un dénouement qui paraît trop simple au chef adjoint de la Sûreté, Eugène Baruteau, et à son jeune neveu, l’intrépide journaliste Raoul Signoret. Surtout quand le témoin numéro un se rétracte: « Un innocent est au bagne à ma place ! » Ce duo familial d’enquêteurs, auquel vient s’ajouter Cécile, la fiancée de Raoul, va de surprise en surprise et découvre qu’un même homme fait l’objet de trois verdicts contradictoires. Le vice ne se cache pas toujours là où on l’attend… En restituant l’atmosphère de Marseille à la Belle Epoque, Jean Contrucci, critique littéraire de La Provence, se fait ici l’historien et le romancier d’une affaire stupéfiante, qui défraya en son temps la chronique.
J’ai découvert cette série, il y a 3 ans, par mon petit papa… qui, connaissant mon goût pour les polars historiques, m’a envoyé ces enquêtes de Raoul Signoret à Marseille et dans les environs, à la fin du XIXème siècle.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Beaucoup de fraicheur avec Raoul, jeune journaliste, sa fiancée intrépide, Cécile, et Eugène, l’oncle de Raoul, chef adjoint la police de Marseille…. Les descriptions de Marseille sont belles, les personnages très colorés, le parler est bien marseillais, l’ambiance générale du livre est très bien faite.
En parallèle, l’intrigue, basée sur un fait divers réel pour ce premier tome, est très bien menée. La progression de l’enquête se fait sur un bon rythme, entrecoupée de descriptions ou d’allusions à l’époque qui donne beaucoup de vie et d’intérêt à l’ensemble.
Pour parler de la série dont je n’ai lu que les trois premiers… les personnages évoluent bien, les enquêtes se renouvellent, le charme du premier tome ne retombe pas, de nouveaux personnages entrent, toujours aussi bien campés. 
Cette relecture m’a donné le goût de chercher les suivants… qui sont déjà en poche, j’espère…

Un peu de fatigue

7 mai 2010

de Stéphane Bourguignon

Un peu de fatigue Stéphane Bourguignon

Au retour d’un souper chez Claire et Michel, les amis de toujours, Édouard arrive au moment où son fils Maxime quitte la maison pour aller vivre chez sa mère. Littéralement sous le choc, Édouard est victime d’un malaise physique qui l’amène à réaliser que sa vie a pris une tangente peu souhaitable. Pour se sortir de cette impasse, il tente la confrontation. Au rendez-vous, il y aura Véronique, son ex-femme, puis Simone, sans compter Claire et Michel… un jardin rocambolesque, une vasectomie shakespearienne, un fusil bien encombrant et de la tendresse, beaucoup de tendresse. Se sortira-t-il indemne de cette prise de conscience ?

 

J’ai relu ce livre dernièrement… En arrivant au Canada, j’avais acheté plusieurs livres d’auteurs québécois, car je ne connaissais pas du tout. La description de celui-ci m’ayant attiré, je m’étais plongée dedans avec beaucoup de curiosité.Cette fois encore, j’ai été surprise par le style d’écriture. Ca prend un peu de temps pour comprendre où l’auteur s’en va. En même temps, cette confusion rend très véridique le tohu-bohu dans la tête d’Edouard… Est-il en dépression ?
Tour à tour, plusieurs personnages prennent la parole, pour parler de Edouard et de sa situation…
Plus que la simple description du malaise d’un quadragénaire divorcé, c’est la remise en question de tout un tas d’idées préconçues sur la vie « telle qu’elle devrait être » qui est proposée… avec beaucoup d’humour, d’émotions brutes, de brutalité même parfois…

Si globalement j’ai aimé ce roman, j’ai été aussi dérangée par moments, car il offre une vision assez déprimante de la vie… Franchement on se prend la tête pour quoi, dites-moi ?

 
 
 

 

Un roi sans divertissement

23 avril 2010

de Jean Giono

 Le livre est parti parfaitement au hasard, sans aucun personnage. Le personnage était l’Arbre, le Hêtre. Le départ, brusquement, c’est la découverte d’un crime, d’un cadavre qui se trouva dans les branches de cet arbre. Il y eut d’abord l’Arbre, puis la victime, nous avons commencé par un être inanimé, suivi d’un cadavre, le cadavre a suscité l’assassin tout simplement, et après, l’assassin a suscité le justicier. C’était le roman du justicier que j’avais écrit. C’était celui-là que je voulais écrire, mais en partant d’un arbre qui n’avait rien à faire dans l’histoire.

Ce livre, j’ai été « obligée » de le lire par mon prof de français quand j’étais en Troisième… Ca commence à faire un bail (merci, oui je sais…)… Je me souviens que quand je l’ai lu, j’ai commencé par avoir du mal à rentrer dans l’histoire, puis j’ai été intriguée, puis j’ai apprécié sans plus (comme tout livre qu’on doit lire… ah ce qu’on est bête quand on est jeune, hein ???)… Et puis, on l’a étudié en classe… Je devrais dire disséqué, parce que ce prof de français, il y allait pas par 4 chemins dans les analyses de livres ! Et je l’ai relu, mieux compris et vraiment aimé…

L’histoire se passe dans les années 1840, dans le village de Chichiliane. Une série de meurtres a lieu pendant l’hiver. Langlois enquête sur ces disparitions, trouve le meurtrier qui est abattu. L’hiver suivant, de nouveaux évènements étranges ont lieu. Une chasse au loup est organisée.

Chaque série d’évènements est raconté par des narrateurs différents, des villageois qui ont vécu les évènements ou été en contact avec Langlois.

En fait ce livre est troublant par plein de côtés. Langlois est mystérieux, seul. Il s’ennuit, il est inquiétant, ses pensées sont inquiétantes. Il change… L’atmosphère est oppressante, l’hiver isole le village, il neige, la peur règne…

Il ne faut pas trop s’attacher à l’intrigue policière qui n’a finalement que peu d’importance (on connait d’ailleurs le meurtrier très tôt). C’est le personnage de Langlois qui est fascinant. Et les descriptions, les couleurs, le blanc de l’hiver dans les Alpes est omniprésent bien sûr et le rouge, de quelques gouttes de sang sur la neige… l’arbre du village…

« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères »… Le titre est tronqué et tiré des Pensées de Pascal…   Hum hum, à méditer…

Un excellent livre, relu dernièrement avec beaucoup de plaisir.

De grandes espérances

22 avril 2010

de Charles Dickens

Roman de l’enfance et de l’adolescence, histoire d’une éducation, aventure psychologique et morale de portée universelle, Les Grandes Espérances, avant-dernière œuvre achevée de Dickens, surprend par sa fraîcheur, le renouvellement constant de l’invention, le comique.
Le héros-narrateur, Pip, passe de l’enfance dans un village, où il est apprenti-forgeron, à une adolescence fastueuse et dissipée à Londres. Les moments pathétiques alternent avec les instants cocasses. L’histoire du forçat enrichi et condamné à mort est digne de Victor Hugo. La présence des rêves, ou de certaines scènes fantastiques, comme la vue soudaine des gibets à l’entrée de la ville, donne au roman sa dimension poétique.
Et il y a quelque chose d’étonnamment moderne dans les deux fins, l’une malheureuse, l’autre heureuse, du roman, au moment où l’homme, Pip, et la femme, Estella, ont été mûris et châtiés par les épreuves.

Relu ce livre à Noël, je ne résiste pas là non plus à venir vous en parler ici. Un livre que j’ai trouvé, celui-ci encore !!!, dans les étagères de mon père… Les pages sont toutes jaunes et sentent encore et toujours l’humidité (pourtant, il est maintenant dans mes étagères depuis… une bonne vingtaine d’années !!!)

C’est le premier livre que j’ai lu de Dickens, je devais avoir 15 ans… J’avais toujours refusé les David Copperfield et autres Oliver Twist, je ne sais pas pourquoi… peut être parce que tout le monde voulait que je les lise ?

En tous cas, ce fut une superbe rencontre, une découverte de toute beauté… au point que ce livre, maintenant tout défait (je dois l’attacher avec un élastique pour ne pas perdre les pages volantes), je le garde lui-aussi avec moi, jamais bien loin… et je le relis avec plaisir, juste parce que je le croise au hasard de mes errances dans mes cartons de livres… ou bien parce que j’y pense et qu’il me reprend l’envie de rentrer dans la vie de Pip !!!

Pip est un jeune garçon qui vit dans un village d’Angleterre près duquel se trouve les fameux « pontons », bâteaux-prisons où vivent, meurent et s’évadent des forçats ! Un soir, il croise la route de Abel Magwitch, évadé. Pétrifié par la peur, il lui donne de la nourriture et ne le dénonce pas…

Pip croise aussi le chemin de Miss Havisham, vieille dame qui vit dans le souvenir de son mariage annulé par la fuite de son fiancé et de Estella, une jeune fille adoptée par Miss Havisham, qui éblouit le jeune garçon par sa beauté et sa présence tout en l’écrasant de son mépris…

Pip est élevé par sa soeur et son beau-frère, il est destiné à devenir forgeron mais le destin a d’autres visées pour le jeune garçon. En effet, un mystérieux bienfaiteur a dédié une partie de sa fortune à l’éducation de Pip, qui part pour Londres pour devenir un homme et pouvoir conquérir Estella.

J’ai aimé l’histoire de Pip, de son parcours pour devenir Quelqu’un, de ses grandes espérances, de ses grandes désillusions. Les personnages qui l’entourent sont riches et colorés. Miss Havisham a tout d’une sorcière mais Pip la voit comme sa bienfaitrice ; Estella est une enfant capricieuse, élevée pour venger sa mère adoptive des hommes, mais Pip est sous le charme ; Abel Magwitch, le forçat est abrutissant de reconnaissance et de bonté, c’est pourtant un criminel redoutable ; Jagger, le notaire est dur et sans scrupule…

J’ai aimé le livre pour les descriptions incroyables de Dickens. Tout y passe, la société, les pontons, les forçats, la campagne, le pouvoir de l’argent, l’ascension sociale… 

Bref, un premier Dickens qui m’a marqué et bien plus que ça… D’ailleurs, si par la suite, j’ai lu d’autres livres de cet auteur, « De grandes espérances » est le seul que j’ai relu et relu et relu…

Piège pour Cendrillon

20 avril 2010

de Sébastien Japrisot

Mon nom est Michèle Isola
J’ai vingt ans
L’histoire que je raconte est l’histoire d’un meurtre
Je suis l’enquêteur
Je suis le témoin
Je suis la victime
Je suis l’assassin
Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ?
Autant vous le dire tout de suite. C’est une relecture.. d’un livre que j’ai découvert dans la bibliothèque de mes parents, il y a un million d’années… et que j’ai depuis emporté avec moi… (selon l’adage bien connu, tout ce qui est à papa et maman est à moi…) Bref, j’adore ce livre…
L’intrigue est extraordinaire, on ne peut pas s’arrêter de le lire…
La première page donne le ton…
Il était une fois, il y a bien longtemps, trois petites filles. la première Mi, la seconde Do, la troisième La.  Elles avaient une marraine qui sentait bon, qui ne les grondait jamais lorsqu’elles n’étaient  pas sages, et qu’on nommait marraine Midola.Un jour, elles sont dans la cour.  Marraine embrasse Mi, n’embrasse pas Do, n’embrasse pas La.

Un jour, elles jouent aux mariages.  Marraine choisit Mi , ne choisit jamais Do, ne choisit jamais La.

Un jour, elles sont tristes.  Marraine qui s’en va, pleure avec Mi, ne dit rien à Do, ne dit rien à La.

Des trois petites filles, Mi est la plus jolie, Do la plus intelligente, La est bientôt morte. L’enterrement de La est un grand événement dans la vie de Mi et de Do.  Il y a beaucoup de cierges, beaucoup de chapeaux sur une table.  Le cercueil de La est peint en blanc, molle est la terre du cimetière.

L’homme qui creuse le trou porte une veste à boutons dorés.  Marraine Midola est revenue.  A Mi qui lui donne un baiser, elle dit: « Mon amour. » A Do: «Tu taches ma robe.»

Ca vous intrigue hein ? La suite se passe presque 20 ans plus tard… Un incendie a eu lieu. Mi se réveille, entourée de coton. Elle a été prise dans l’incendie de la maison, a essayé de sauver Do mais n’a pas pu. Elle ne se rappelle de rien… C’est Jeanne, la marraine Midola, qui lui explique… et qui lui dit… bien plus que ça… La mémoire ne revient pas, mais les doutes eux surgissent de partout… Est-ce bien Mi qui s’est réveillée ? Ne serait-ce pas Do ? Est-ce un accident ? Que s’est-il vraiment passé dans cette villa ? Comment expliquer les liens qui unissaient Do la sage et sérieuse à Mi, capricieuse, gâtée et volâge ? Quel est le rôle de Jeanne dans tout ça ?

On nage en eaux troubles tout au long de l’histoire. Tous les personnages sont ambigus et dévoilent à un moment ou à un autre une face noire…

La progression est bien faite… Des indices apparaissent aux bons moments, pas forcément tout le temps pour éclaircir le mystère. Le doute est toujours présent… jusqu’à ce que la jeune femme recouvre la mémoire… Alors ? Qui est-elle vraiment ? Le saura-t-on ?

C’est un EXCELLENT bouquin… Vieux ? Pff… Même pas !!! Comment ça, vous l’avez toujours pas commencé ?????