Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

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En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

Après une longue période sans romans,  mais toujours ponctuée de livres, en l’occurrence des manuels d’enseignement du français langue étrangère (mon métier), il était grand temps que je revienne aux oeuvres de fiction.

Mon choix s’est porté sur cet ouvrage de Mathias Énard, livre disponible dans ma bibliothèque municipale. Je l’ai découvert grâce au numéro de septembre du magazine Lire que j’ai pu feuilleter sur le site de la Culturethèque du réseau des Alliance françaises au Canada, dont je suis une des enseignantes. Plusieurs pages y sont consacrées à une entrevue avec l’auteur et j’ai très, très envie de lire son dernier roman Boussole, mais malheureusement le réseau de la bibliothèque municipale de ma ville de la banlieue de Toronto ne le possède pas, je n’ai plus qu’à leur faire une suggestion d’acquisition!

Ce trop petit roman, qui m’a laissée sur ma faim, nous transporte à Constantinople, lors de l’arrivée du légendaire Michel-Ange dans cette ville en 1506. Mon passé d’étudiante en histoire de l’art ne pouvait qu’être attiré par cet univers et mon amour pour l’art italien toujours présent, mais en grand manque depuis que je vis au Canada, a trouvé son bonheur dans cette incursion dans cette période de la vie de l’artiste. Même si ce voyage est inventé par l’auteur, cela n’enlève rien au charme de l’histoire. Le narrateur y mélange en effet ses commentaires d’un homme de notre époque sur le grand artiste, avec les réflexions de son personnage déchiré par son allégeance obligée au pape, les basses exigences matérielles pour vivre et par le feu créatif qui l’anime.

Bref, si vous aimez l’art, les voyages, l’Histoire et que vous êtes à la recherche d’un livre rapide à livre, ce roman est fait pour vous!

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