Archive for the ‘Historique’ Category

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

13 septembre 2015

parle leur

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

Après une longue période sans romans,  mais toujours ponctuée de livres, en l’occurrence des manuels d’enseignement du français langue étrangère (mon métier), il était grand temps que je revienne aux oeuvres de fiction.

Mon choix s’est porté sur cet ouvrage de Mathias Énard, livre disponible dans ma bibliothèque municipale. Je l’ai découvert grâce au numéro de septembre du magazine Lire que j’ai pu feuilleter sur le site de la Culturethèque du réseau des Alliance françaises au Canada, dont je suis une des enseignantes. Plusieurs pages y sont consacrées à une entrevue avec l’auteur et j’ai très, très envie de lire son dernier roman Boussole, mais malheureusement le réseau de la bibliothèque municipale de ma ville de la banlieue de Toronto ne le possède pas, je n’ai plus qu’à leur faire une suggestion d’acquisition!

Ce trop petit roman, qui m’a laissée sur ma faim, nous transporte à Constantinople, lors de l’arrivée du légendaire Michel-Ange dans cette ville en 1506. Mon passé d’étudiante en histoire de l’art ne pouvait qu’être attiré par cet univers et mon amour pour l’art italien toujours présent, mais en grand manque depuis que je vis au Canada, a trouvé son bonheur dans cette incursion dans cette période de la vie de l’artiste. Même si ce voyage est inventé par l’auteur, cela n’enlève rien au charme de l’histoire. Le narrateur y mélange en effet ses commentaires d’un homme de notre époque sur le grand artiste, avec les réflexions de son personnage déchiré par son allégeance obligée au pape, les basses exigences matérielles pour vivre et par le feu créatif qui l’anime.

Bref, si vous aimez l’art, les voyages, l’Histoire et que vous êtes à la recherche d’un livre rapide à livre, ce roman est fait pour vous!

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L’année du volcan

15 avril 2013

de Jean-Francois Parot

annee-volcan

1783, l’éruption gigantesque d un volcan en Islande provoque d importants changements climatiques. La terre se réveille : tremblements de terre, tempêtes… affaiblissent tous les pays d Europe, la France en particulier. Le royaume commence à vaciller, les caisses se vident.
Nicolas est convoqué par la Reine. Il est chargé d’enquêter sur la mort violente d un de ses proches : le Vicomte de Traban. L »homme est mystérieux, il fréquente le monde de la finance. Ne cherche-t-il pas à camoufler une affaire de fausse monnaie ? Tous les moyens sont-ils bon pour combler l immense déficit du Trésor royal ? Voilà une affaire qui n est pas sans nous rappeler quelques événements contemporains…
Les investigations de Nicolas vont le conduire une nouvelle fois en Angleterre et le mener à deux personnages le Comte de Cagliostro et la Comtesse de la Motte, chacun au coeur d’affaires où, là aussi, l argent est en jeu. Dans ces mondes nouveaux que Nicolas va découvrir, la mort plane encore plus proche…

Je viens de refermer le dernier tome des enquêtes de Nicolas Le Floch. 🙂

Comme pour chaque lecture, ce fut un plaisir de faire un saut dans le temps et de se retrouver dans ces périodes troublées de l’avant Révolution. Car le calme ne règne pas dans Paris, autant vous le dire : les temps sont agités !

Il est toujours aussi intéressant de voir l’évolution du Vicomte de Ranreuil. Ce dernier vieillit, ainsi que tout son entourage. Ce n’est plus le jeune homme fougueux des premiers livres. Il a gagné en maturité et son esprit d’observation acéré lui fait noter tous les symptômes de la révolution à venir. Si son cœur reste fidèle au Roi et à la Reine, il est suffisamment intelligent pour réaliser les travers de cette monarchie et de la Cour. Il observe également ses amis, leurs frustrations et déceptions, leurs envies…

En trame de fond de ce tome, la cendre, le gris, une météo grimaçante… Jean-Francois Parot a campé cette enquête pendant l’année du volcan. Il s’agit de celle de l’éruption du volcan Laki, en Islande. L’impact de cette éruption, qui dura plusieurs mois, se fit sentir dans toute l’Europe pendant les années suivantes, causant notamment des récoltes réduites voire détruites, et entrainant maladies et famine qui furent parmi des vecteurs déterminants vers la Révolution quelques années plus tard.

On retrouve dans cette lecture les mêmes plaisirs des sens que dans les précédentes. Les odeurs des promenades dans Paris, les senteurs des mets dont le héros se régale en bonne compagnie… Le plaisir des mots également dans les conversations de Le Floch et de ses amis ou dans les descriptions des recettes toujours aussi édifiantes 😀

Alors voilà, ce tome refermé, il ne me reste plus qu’à attendre le suivant… et je suis impatiente de savoir ce qu’il adviendra du commissaire Le Floch et de ses amis dans les années qui viendront. Il aura pour sur des choix à faire, et j’ai bien hâte de les découvrir…

En attendant, je vais peut être relire l’enquête russe, qui m’avait laissé sur une moins bonne impression… Histoire de voir si j’ai changé d’avis 😉

Mes autres avis sur des lectures de Nicolas Le Floch…

L’énigme des Blancs Manteaux

L’honneur de Sartine

 

The Book of Negroes – Lawrence Hill

28 octobre 2012

Le resume du livre d’apres Amazon.com:

Abducted as an 11-year-old child from her village in West Africa and forced to walk for months to the sea in a coffle (a string of slaves) Aminata Diallo is sent to live as a slave in South Carolina. But years later, she forges her way to freedom, serving the British in the Revolutionary War and registering her name in the historic « Book of Negroes. » This book, an actual document, provides a short but immensely revealing record of freed Loyalist slaves who requested permission to leave the US for resettlement in Nova Scotia, only to find that the haven they sought was steeped in an oppression all of its own.

Aminata’s eventual return to Sierra Leone, passing ships carrying thousands of slaves bound for America, is an engrossing account of an obscure but important chapter in history that saw 1,200 former slaves embark on a harrowing back-to-Africa odyssey. Lawrence Hill is a master at transforming the neglected corners of history into brilliant imaginings, as engaging and revealing as only the best historical fiction can be. A sweeping story that transports the reader from a tribal African village to a plantation in the southern United States, from the teeming Halifax docks to the manor houses of London, The Book of Negroes introduces one of the strongest female characters in recent Canadian fiction, one who cuts a swath through a world hostile to her colour and her sex.

C’était donc notre livre pour le book club du mois d’octobre. J’ai beaucoup aimé. Bien que ca soit inspiré de faits réels, l’auteur a pris quelques libertés avec les dates. 

L’histoire est dure, très poignante aussi. C’est un passage de l’histoire que je ne connaissais pas. Même si on étudie brièvement la traite des noirs au collège, rien n’est évoqué quant aux conditions déplorables dans lesquelles ils étaient transportés. Certaines scènes sont crues. J’ai été choquée par la barbarie de l’homme, et le racisme. Je ne me souviens pas non plus que les pays ayant participe a la traite des noirs ce soient un jour excusés pour ce qu’ils ont fait, alors que des excuses ont été présentées pour d’autres faits.

J’ai aussi appris un petit peu d’histoire nord américaine. Je ne savais pas que les Anglais avaient envoyé des esclaves en Nouvelle Écosse pour les « libérer ». Il y a beaucoup d’espoirs déçus dans ce livre, malgré cela Aminata garde toujours l’espoir. Elle apprend à choisir ses combats, son intelligence, et sa capacité à s’adapter lui permettront de survivre a toutes les atrocités qu’elle a vécues.

Je recommande cette lecture. 

L’honneur de Sartine

8 février 2012

de Jean-François Parot

L'honneur de Sartine - Nicolas LeFloch - Jean Francois Parot

1780, la France en guerre aux côtés des Insurgents américains peine à financer les opérations maritimes contre l’Angleterre. Alors qu’il affronte la colère du peuple au cimetière des Innocents où les cadavres croulent dans les maisons, Nicolas Le Floch est appelé pour enquêter sur la mort suspecte d’un ancien contrôleur général de la marine.
Que dissimule cet apparent accident domestique ? Quels secrets divisent la famille de Ravillois ? Qu’a-t-on dérobé dans la chambre du défunt où se rencontrent tant d’étranges indices ? Pourquoi de précieux vases chinois disparaissent-ils? Que redoutent le roi, Sartine et Necker pour s’intéresser autant à l’affaire ? Dans cet imbroglio, quels rôles jouent financiers, traitants et l’ennemi anglais ?
De Versailles aux Porcherons, de la basse-geôle aux hôtels particuliers du nouveau Paris, le commissaire des Lumières et ses amis, anciens et nouveaux, se mettront en chasse, affrontant les embûches d’un dangereux adversaire aux multiples apparences avant un dénouement surprenant. Face aux périls, aux cabales et aux menaces de défaveur, cette neuvième enquête sera aussi l’occasion pour Nicolas Le Floch, acteur et témoin du siècle, d’un poignant retour sur lui-même.

Je suis une adepte des aventures de Nicolas Le Floch et je me suis encore une fois plongée avec délice dans une de ses enquêtes !

J’aime cette série pour de multiples raisons. La première étant que c’est une période de l’Histoire de France qui m’intéresse et que les enquêtes sont toutes des prétextes à découvrir des évènements, ayant réellement eu lieu, et ayant généralement eu une influence non négligeable sur l’Histoire… J’aime aussi, et ne le dirais jamais assez les découvertes culinaires que nous faisons en accompagnant Nicolas et son acolyte Bourdeau. Les descriptions des mets sont extraordinaires, tout y est présent, du contenant au contenu, des couleurs aux odeurs. On est quelques fois alléchés, souvent dégoutés, mais jamais laissés indifférents par la nourriture qui est comme un personnage récurrent de toute la série 🙂

J’apprécie aussi le fait que cette série avance dans le temps… 20 ans se sont écoulés depuis l’arrivée de Nicolas Le Floch à Paris, il a vieilli… mûri. Son entourage aussi.

Côté contexte historique, la Révolution est toute proche. Le Peuple parisien saisit toutes les occasions pour manifester son mécontentement. La tension est palpable. La passion de Le Floch pour la politique nous fait découvrir la situation sous un jour que ne nous présentent jamais les manuels scolaires. Le tout est réellement passionnant.

Les pérégrinations des personnages dans Paris et Versailles sont décrits avec force détails, de même que les vêtements (Le Floch est coquet dans son genre 😉 )

L’enquête quant à elle reste classique mais intéressante. Un certain document pourrait causer grand tord à Sartine et Nicolas fait tout en son pouvoir pour résoudre l’enquête sans nuire à l’honneur du Ministre de la Marine. Les descriptions détaillées des investigations de Le Floch et de Bourdeau, les compte rendus précis, les indices obtenus à coup d’informateurs diligents… le tout forme un ensemble  qui se lit extraordinairement bien.

Oui, je suis fan, et attends avec impatience de pouvoir lire le 10ème opus, sorti en ce début d’année 🙂

Meurtres à la Pomme d’or

31 décembre 2011

de Michèle Barrière

Meurtres à la Pomme d'Or Michele Barriere

An de grâce 1556: François, étudiant en médecine à Montpellier, n’a qu’une idée en tête: devenir cuisinier. Aux dissections, il préfère l’étude du safran, de la cardamome, du gingembre, du macis et autre maniguette sous la houlette de l’apothicaire Laurent Catalan. Mais une série de morts suspectes sème le trouble dans la ville. Un mystérieux breuvage distribué par un apothicaire ambulant en est la cause. Laurent Catalan, en raison de ses origines juives et de ses sympathies pour les protestants est accusé de complicité et jeté en prison François mène l’enquête jusqu’à Bolog Parviendra-t-il à sauver Catalan?

J’ai acheté ce livre, il y a un bon million d’années… et il dormait tranquillement dans ma Caisse A Lire quand le Challenge Polar Historique m’est apparu… et m’a donnée la petite impulsion nécessaire pour le localiser 🙂 alors merci à Samlor pour organiser ce défi de lecture 🙂

Basé sur des événements historiques, le conflit entre les pharmaciens et les médecins de Montpellier au XVIème siècle, l’histoire suit un jeune étudiant en médecine, François, qui rêverait d’être cuisinier comme son père…

Si ce livre m’avait tapé dans l’œil à l’époque, c’était en raison de la quatrième de couverture… Le fait que l’on parle bouffe… que voulez-vous, on ne se refait pas 😀

Pour tout dire, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’intrigue. Dès le premier chapitre, on attaque avec des envies de cuisine, mais on est loin des descriptions alléchantes… tout juste une petite énumération d’ingrédients…. J’ai été un peu déçue… Le problème, c’est que le reste du livre continue de la même façon. Chaque description conduit à la même déception. Pas assez de couleurs, de senteurs. Souvent juste une énumération qui me laissait sur ma faim (c’est le cas de le dire 😉 ).

L’enquête en elle-même n’est pas très élaborée non plus. François et Félix sont envoyés par leur mentor, Guillaume Rondelet, pour collecter des informations auprès de savants renommés, on rencontre ainsi l’espace d’un instant Nostradamus, et quelques autres savants de l’époque. Chacun les envoie ailleurs, n’en sachant pas plus sur ces mystérieuses plantes toxiques venues d’Amérique. François découvre le  complot totalement par hasard, au point que ça en est perturbant… Dans le même temps un jeune jardinier, dont on a pas entendu parlé pendant la première partie du livre, mène son enquête et découvre lui aussi le fin mot de l’histoire sans avoir quitté Montpellier !

Bref, j’ai le sentiment que ce livre était un prétexte à évoquer de nombreux faits historiques que je ne connaissais pas et qui m’ont intéressé ceci-dit. Mais globalement l’enquête n’en est pas vraiment une, et en fait de roman gastronomique, on n’a qu’une succession de rêves culinaires et de listes d’ingrédients… Une grosse déception pour ce polar historique…

Mais je vais me plonger très rapidement dans l’univers de Nicolas Le Floch, qui lui ne m’a jamais déçu… Espérons que cela dure avec L’honneur de Sartine…

Elle s’appelait Sarah

11 novembre 2010

de Tatiana de Rosnay

Elle s'appelait Sarah Tatiana de Rosnay

Lorsque la police française fait irruption dans leur appartement en pleine nuit, Sarah enferme son petit frère dans un placard et emporte la clé, persuadée qu’elle reviendra le libérer très vite. Mais elle fait partie des milliers de juifs arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942. Soixante ans plus tard, Julia Jarmond, journaliste d’investigation, retrouve sa trace. Dès lors, le visage de la petite fille ne la quitte plus. Contre l’avis de son mari – dont la famille cache un terrible secret –, elle veut à tout prix savoir ce qu’il lui est arrivé. La petite Sarah a-t-elle survécu ? Vit-elle peut-être encore ?

Dans ce magnifique roman, Tatiana de Rosnay évoque avec une intense émotion l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la France et contribue à sa manière au devoir de mémoire.

Ce livre est maintenant un film paru tout dernièrement en France. Le livre est un hit dans plusieurs bookclubs en Amérique. Je vous suggère de le lire, ce fut une merveilleuse aventure livresque pour moi et sciemment je ne vous en livre pas plus de détails.

 

 

 

 

 

Le peuple du vent

22 septembre 2010

de Viviane Moore

Le peuple du vent - Viviane Moore

 

Pirou, château-fort accroché au rivage du duché de Normandie, n’aurait dû être qu’une brève étape du périple de Tancrède et de son maître Hugues de Tarse. Mais en ce mois de septembre 1155, alors qu’un froid terrible s’abat sur le Cotentin, la Mort s’invite dans la citadelle. Le haut-mal en est-il seul responsable ? Ou est-ce la passion secrète de Bjorn, le pêcheur, pour la maîtresse des lieux ? Ou ce cavalier noir qui rôde sur les grèves ? Pris dans les remous des passions, des haines et de la peur qui règnent dans la forteresse, Tancrède découvrira-t-il le secret de ses origines ? Verra-t-il se réaliser la prophétie de l’inquiétant moine rencontré
sur la lande de Lessay : « Vous irez loin, fort loin, messire Tancrède. Par terre et par mer, vers des pays où l’on parle d’autres langues que la nôtre, où l’or et l’argent tapissent les murs, où les femmes sont si belles qu’on les enferme, vous serez prince parmi les princes, et mendiant aussi…  » ?

Lorsque j’ai pris ce livre à la librairie, je dois dire que le titre et la couverture m’attiraient. Ajoutez à ceci que j’aime toujours beaucoup les polars historiques, la quatrième de couverture assez aguichante et hop, Cath ajoute un livre dans son petit panier !!!

Ce livre, je l’ai commencé… il y a 1 an ! Je l’ai fini hier !!! Entre les deux, une très longue pause parce que je n’avais pas vraiment accroché au démarrage.

En fait, je n’ai pas grand chose à reprocher à l’intrigue, ni même aux personnages rencontrés (un peu nmbreux quand même).

Nous suivons un chevalier et son disciple. Nous voyageons au XIIème siècle, en Normandie, et l’auteur nous fait de nombreuses descriptions plutôt intéressantes… Et globalement le rythme de l’enquête m’a plu.

Mais je ne me suis pas passionnée… et je ne continuerai pas avec le prochain tome.

En fait, je ne suis pas particulièrement intéressée par cette période du Moyen-Age, et je pense que ce manque d’intérêt a déteint de façon trop forte  dans ma lecture… On ne peut pas aimer tous les polars historiques, je l’ai appris avec cette lecture 😉

La justice de l’inconscient

6 juin 2010

de Franck Tallis

La justice de l'inconscient Franck Tallis

En ce début de XXe siècle à Vienne, où l’on peut croiser Freud, SchSnberg, Klimt et bien d’autres encore, les cafés sont le lieu de débats fiévreux. C’est dans cette atmosphère d’effervescence artistique et scientifique que Max Liebermann, jeune psychiatre et pianiste à ses heures, mène ses enquêtes avec son ami Oskar Rheinhardt, inspecteur et… chanteur lyrique amateur. Et ils vont avoir fort à faire avec le cas de cette jeune et jolie médium retrouvée morte chez elle dans une pièce fermée de l’intérieur. Une note griffonnée de ses mains laisse penser à un suicide. Pourtant, les indices déroutants s’accumulent : l’arme du crime, un pistolet, a disparu, et aucune trace de la balle n’est retrouvée durant l’autopsie… Serait-ce l’intervention d’un esprit maléfique ?

Un livre acheté, il y a déjà pas mal de temps, sur délit de couverture attractive (10/18 comme d’hab…).  Le lieu (Vienne), l’époque (début 1900), les personnages (un psy, un inspecteur de police…) m’attiraient aussi !!! C’est le premier tome d’une série, intitulée les carnets de Max Liebermann.

Très belle découverte et je vais bien entendu assez rapidement me plonger dans les autres volumes.

Je me suis surprise à fredonner les Lieder de la Belle Meunière, me suis passionnée pour les quelques  réflexions de Liebermann en compagnie de Freud, ai dégusté dans ma tête Apfelstrudel et autres gourmandises, me suis promenée dans Vienne.

J’ai aimé découvrir Max Liebermann, son ami Oskar Rheinhardt, la famille de Max, sa fiancée, Clara et je me suis attachée à eux.

Pour ce qui est de l’intrigue, nous suivons l’enquête sur le meurtre d’une jeune femme, médium à ses heures. Toute une série de faits surnaturels et improbables entourent ce décès et Oskar Rheinhardt demande l’aide de Max Liebermann pour progresser dans l’enquête. Les suspects sont tous bien étranges ou tourmentés.

Évidemment la forte propension du psy à découvrir la vérité sur la base d’un semblant de conversation est un peu déroutante à force et j’aurai (presque!) aimé que de temps à autre, Oskar « l’emporte »… mais en fait, ce n’est pas pire que toutes les séries de profilers en tout genre ou que mon cher ami Sherlock qui arrive à trouve dans quel sens soufflait le vent en regardant les doigts de pied du cadavre, hein ?

Un très léger bémol sur le dénouement qui arrive d’une façon un peu abrupte, bien qu’il soit en lui-même assez intéressant.

Alors définitivement une très bonne lecture pour moi que ce premier carnet de Max Liebermann… J’ai maintenant le goût de suivre la série pour suivre ces personnages et voir comment ils s’enrichiront au fil des enquêtes.

Avant la tourmente

29 mai 2010

de Anne Perry

Avant la tourmente Anne Perry

En ce magnifique mois de juin 1914 à Cambridge, les journées s’étirent, ensoleillées, intemporelles. Mais pour Joseph Reavley, professeur à St. John, cet été idyllique est anéanti par la mort de ses parents dans un accident de voiture. En lui annonçant l’horrible nouvelle, son frère Matthew, agent des services secrets britanniques, lui révèle que leur père lui apportait justement un mystérieux document… Les deux frères se mettent alors en quête de ce fameux dossier concernant un sinistre complot, et rejoignent leurs soeurs Hannah et Judith dans la demeure familiale.Reine incontestée du polar victorien, Anne Perry nous invite, dans cette ambitieuse série, dont « Avant la tourmente » est le premier opus, à partager le destin de cette famille alors que la Première Guerre mondiale ravage toute l’Europe.

J’ai lu plusieurs critiques dernièrement d’enquêtes de Thomas  et Charlotte Pitt. Je suis un peu sceptique en réalité sur Anne Perry. J’aime beaucoup l’ambiance des polars victoriens et elle apparaît comme incontournable. Mais passée la découverte des 3 ou 4 premiers que j’ai lus, je dois avouer que je me suis lassée…

Mais, on n’arrête pas Cath comme ça ! Je me suis alors penchée sur une autre série qu’elle a écrite et qui se passe de 1914, juste avant la guerre, à 1918.

J’ai relu ce WE le premier tome de la série qui m’avait beaucoup plus lors de ma première lecture.

Cette seconde lecture est un peu plus décevante, mais reste agréable.

Dans cette série, nous suivons la famille Reavley. Lorsque commence le premier tome, les parents viennent de mourir dans un accident de voiture. Joseph, le fils aîné, professeur à Cambridge, Matthew, agent secret, Hannah, mère au foyer et femme de militaire, et Judith, la plus jeune des sœurs doivent faire face à cette disparition et enquêtent sur la disparition de documents de leur père. Tout se déroule sur fond de montée de la tension après l’attentat de Sarajevo.

Je ne m’en souvenais pas à ce point, mais le rythme est très lent. L’intrigue est pourtant présente mais pas forcément tout le temps passionnante. (C’est le côté décevant de ma relecture…)

En fait, de mon point de vue, ce polar historique est bien plus passionnant pour le côté historique que pour le côté polar… J’ai vraiment trouvé très intéressante la description de l’ambiance en Angleterre à l’approche de la guerre. On se promène dans le milieu universitaire de Cambridge, en ville à Londres, dans le village en campagne. Les points de vue diffèrent suivant les sociétés, mais tous montrent la peur du changement, un certain nombre de valeurs à défendre et la vision de ce qui se passe sur le continent depuis l’Angleterre, sorte de détachement sans l’être… avec une petite pointe de la vision politique de l’époque.

Et la progression de l’enquête reste malgré tout assez fluide et amène un semi-dénouement pour ce premier tome qui donne vraiment envie de lire (relire pour moi cette fois-ci ;)) le second.

En bref, une série qui m’a bien plu, plus que la série victorienne des Pitt.

Il me reste… à relire les trois autres tomes, dès que je les aurais extraits de mes cartons… et à découvrir une autre série de Perry, les enquêtes de Monk, dont j’ai entendu parler mais que je n’ai jamais eu dans les mains…

L’énigme de la Blancarde

17 mai 2010

de Jean Contrucci

L'énigme de la Blancarde Jean Contrucci

 

Marseille, 1891. La ville est partagée en deux. D’un côté, sur la rive nord du Vieux-Port, le quartier « réservé » où viennent s’encanailler les bourgeois. De l’autre, les faubourgs respectables, autour de la rue Paradis ou du hameau de La Blancarde… C’est pourtant dans ce monde-là que la riche Mme Magnan est sauvagement assassinée. Louis Coulon, son fils adoptif, est accusé. Preuves et témoignages l’accablent. Le voilà condamné au bagne à perpétuité. Un dénouement qui paraît trop simple au chef adjoint de la Sûreté, Eugène Baruteau, et à son jeune neveu, l’intrépide journaliste Raoul Signoret. Surtout quand le témoin numéro un se rétracte: « Un innocent est au bagne à ma place ! » Ce duo familial d’enquêteurs, auquel vient s’ajouter Cécile, la fiancée de Raoul, va de surprise en surprise et découvre qu’un même homme fait l’objet de trois verdicts contradictoires. Le vice ne se cache pas toujours là où on l’attend… En restituant l’atmosphère de Marseille à la Belle Epoque, Jean Contrucci, critique littéraire de La Provence, se fait ici l’historien et le romancier d’une affaire stupéfiante, qui défraya en son temps la chronique.
J’ai découvert cette série, il y a 3 ans, par mon petit papa… qui, connaissant mon goût pour les polars historiques, m’a envoyé ces enquêtes de Raoul Signoret à Marseille et dans les environs, à la fin du XIXème siècle.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Beaucoup de fraicheur avec Raoul, jeune journaliste, sa fiancée intrépide, Cécile, et Eugène, l’oncle de Raoul, chef adjoint la police de Marseille…. Les descriptions de Marseille sont belles, les personnages très colorés, le parler est bien marseillais, l’ambiance générale du livre est très bien faite.
En parallèle, l’intrigue, basée sur un fait divers réel pour ce premier tome, est très bien menée. La progression de l’enquête se fait sur un bon rythme, entrecoupée de descriptions ou d’allusions à l’époque qui donne beaucoup de vie et d’intérêt à l’ensemble.
Pour parler de la série dont je n’ai lu que les trois premiers… les personnages évoluent bien, les enquêtes se renouvellent, le charme du premier tome ne retombe pas, de nouveaux personnages entrent, toujours aussi bien campés. 
Cette relecture m’a donné le goût de chercher les suivants… qui sont déjà en poche, j’espère…