Archive for décembre 2012

Le cas Sneijder

24 décembre 2012

de Jean-Paul Dubois

Le cas Sneijder

« Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m’est de plus en plus étrangère, assis, seul devant une fenêtre, rependant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. »
Victime d’un terrible – et rarissime- accident d’ascendeur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique rescapé. C.est le début d’une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toutes son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.
Ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie étincelante. L’auteur d’Une vie française y affirme à nouveau avec éclat son gout pour l’humour noir.

Très belle histoire que j’ai lu pratiquement d’une traite….

Nous suivons Paul, unique rescapé d’un accident rarissime d’ascenseur. A 60 ans, Paul vient de perdre sa fille ainée, issue de son premier mariage, et qui se trouvait dans l’ascenseur avec lui. Son mariage actuel bat de l’aile, et l’homme qui ressort de l’hôpital après de nombreux jours de coma n’est plus le même.

Paranoïa ou triste réalité d’un homme malheureux ? Le doute nous suit tout au long de notre lecture. Il est difficile de ne pas s’attacher à cet homme qui ne se retrouve plus et tente par tous les moyens de retrouver un sens à sa vie après la catastrophe qui lui a pris sa fille.

L’abondance de réflexions sur les ascenseurs et des détails sur les déjections canines nous met bien la puce à l’oreille. Cet homme n’est plus tout a fait lui même. Mais il semble si seul et si incompris de son proche entourage. Il en devient convaincant. Folie, pas folie ? A chaque lecteur de décider 😉

Une très belle lecture, de belles réflexions… Un excellent moment passé… ♥

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Avec intention de nuire

6 décembre 2012

de Robin Cook

Avec intention de nuire Robin Cook

Nous sommes tous à la merci d’une erreur médicale, et il ne manque pas de faits divers retentissants pour nous le rappeler… Mais dans le cas de Patty Owen, morte en mettant au monde son premier enfant, y a t-il vraiment eu négligence du médecin anesthésiste, Jeffrey Rhodes ?

L’enquête conclut par l’affirmative. Lui seul se croit, se sait innocent. Sa vie et sa carrière brisées, il va devoir mener un combat désespéré avant de découvrir, derrière les circonstances qui ont entraîné le drame, d’effrayantes intentions de nuire…

C’est en professionnel – il a été chirurgien – que l’auteur de Virus et de Sphinx nous entraîne dans les terrifiants arcanes du monde hospitalier.

J’aime bien les polars scientifiques. J’avais découvert ce genre notamment avec Thierry Serfaty, dont je suis plutôt fan, et je poursuis la découverte avec Robin Cook.

Celui-ci nous emmène dans une course effrénée vers la vérité. Jeffrey, accusé de négligence suite au décès d’une patiente, découvre que des motifs effrayants pourraient bien se cacher derrière cette mort, mais également derrière plusieurs autres…

J’ai bien aimé la plupart de ce roman… La vitesse d’exécution, le sentiment d’urgence sont omniprésents. Les détails scientifiques sont là, mais pas au point de nous submerger… Le méchant est bien campé et sociopathe à souhait…

Mais plusieurs points ne m’ont pas emballé : d’une part cette relation quasi immédiate que je n’ai pas trouvé crédible pour un sou, et d’autre part le dénouement que j’ai trouvé fait à la va-vite…

Donc du pour et du contre, et un avis mitigé sur l’ensemble…

Je retenterai quand même Robin Cook… Donc affaire à suivre !

Chroniques de la fin du monde : Au commencement

1 décembre 2012

de Susan Beth Pfeffer

Chroniques fin du monde

Enfin c’est le grand soir : l’astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L’impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s’est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle… L’électricité puis l’eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu’ils la connaissaient a disparu à jamais.

Comme c’est la fin du monde bientôt, et que ma grande fille a réclamé les deux tomes suivants pour Noël, je me suis plongée dans ce premier tome des Chroniques de la Fin du Monde. Comme à chaque fois que je prends un livre jeunesse, je l’ai lu avec la curiosité d’une maman d’ado, l’avidité d’une lectrice compulsive, l’intérêt de tout passionné de SF et fantastique et dans ce cas particulier peut être aussi à la recherche de techniques de survie ??? Bin quoi, c’est humain ! 😀 😀

Bon que vous dire sur ce livre… Vous l’aurez compris, il est question de bouleversements fondamentaux ! La Lune a été frappée par une météorite, c’était prévu, c’était supposé être un spectacle et c’est la fin du monde tel que nous le connaissons.

Tout ce volume est construit à la façon d’un journal intime d’adolescente. Miranda, 16 ans, vit avec sa mère et ses deux frères en Pennsylvanie. Et elle confie chaque soir ses pensées et sa vie à son journal. Y compris quand sa vie bascule.

Les points négatifs ? Toujours les mêmes qui reviennent dès qu’il s’agit de littérature jeunesse… Une certaine pauvreté du langage, trop de simplicité dans l’écriture (ou ici la traduction). Même si on l’excuse dans ce cas particulier car on est censé lire un journal intime.

Plusieurs choses assez intéressantes cependant… J’ai trouvé que l’atmosphère était particulièrement bien rendue par cet aspect journal. Les interventions de Miranda sont courtes ou longues dépendamment de ses journées. Décousues quand elle ne sait plus où elle en est, plus construites quand elle se sent rassurée ou confiante. Notre narratrice est une ado, dans toute sa splendeur… Le monde tourne autour de ses besoins. Je me suis demandée si ma grande avait réalisé l’égocentrisme qui règne dans la première partie du livre en particulier. La catastrophe la fait murir bien entendu et on réalise en la lisant que Miranda s’ouvre petit a petit aux autres, à sa famille surtout.

La survie est le but de toutes les activités.  La mère est effrayante par moment, tout son être est tendu vers la survie de ses enfants. Cette impression de but unique est plutôt bien rendue par le pseudo huis-clos. Tout se passe dans et autour de la maison de cette famille. Quelques expéditions vers la ville la plus proche, en cas de vraie nécessité mais globalement peu de nouvelles de ce qui se passe ailleurs, pas même chez les voisins. Plus rien n’est important en dehors de la survie des membres de la famille. J’ai lu par ci par là que certains lecteurs avaient été déçus par cet aspect, j’ai quant à moi trouvé qu’il participait au côté oppressant et inéluctable de la fin du monde. Les priorités changent, il n’est plus temps d’aider et de penser aux autres. Ça laisse à réfléchir…

Voilà, une lecture dans l’ensemble qui est agréable, intéressante mais ultra facile (une soirée m’aura suffit… et pas longue la soirée…). En tous cas, je ne suis pas surprise que cela ait plus à ma fille et elle devrait aimer les prochains tomes…

Sur ce, je vous quitte et je vais faire mes provisions de conserves 😉