Posts Tagged ‘Ecosse’

Quand tu es parti

2 septembre 2010

de Maggie O’Farrell

Quand tu es parti Maggie O'Farrell

 

Hospitalisée dans un coma profond, Alice se souvient : de l’amour fou avec John, un journaliste, fils d’un juif intégriste qui l’a renié ; de l’étrange enfant, puis de l’adolescente fragile et rebelle qu’elle a été ; de l’affection de sa grand-mère Elspeth et des heurts avec sa mère, Ann, beauté froide et énigmatique. Et tandis que toute la famille guette le moindre signe d’espoir, la genèse du drame affleure.

Pour aimer lire Maggie O’Farrell, il faut accepter d’être « malmené »… embarqué à toute allure d’un évènement à l’autre, d’un souvenir à l’autre…

Ce livre est construit d’une façon qu’on pourrait penser décousue… Mais celà donne beaucoup de profondeur à la situation.

Alice est dans le coma. Ce sont des bribes de pensées et de souvenirs qui affleurent en elle, avec une logique que seule son histoire personnelle peut justifier… Par moment, des morceaux de l’histoire de sa mère ou de sa grand-mère surgissent également. Chaque pensée ne dure qu’une page, rarement plus.

Mais au fur et à mesure… l’ensemble tisse une toile, lentement, sûrement… qui nous conduit à comprendre pourquoi elle en est arrivée sur ce lit d’hopital…

J’ai découvert Maggie O’Farrell avec « L’étrange disparition de Esme Lennox » que j’ai adoré… Et j’ai donc tout naturellement continué avec « La distance entre nous« . Ce deuxième roman était beaucoup plus romantique mais m’a beaucoup plus quand même.

« Quand tu es parti » aura été un très beau moment de lecture, encore une fois. Le grand amour est au rendez-vous, accompagné de tous ces sentiments qui l’entourent… Joie, tristesse, déception, espoir… C’est aussi une histoire de famille et des relations dans la famille… Il n’est pas uniquement question de Alice… Nous suivons aussi Ann, sa mère… et Elspeth. sa grand-mère paternelle… Des femmes avec des blessures cachées… Chaque bribe de leur histoire qui ressort est un indice de plus qui nous mène au dénouement.

J’ai donc encore une fois beaucoup apprécié, même si la trame est plus « fleur bleue » que le premier roman que j’avais lu.

La colline des chagrins

13 mai 2010

de Ian Rankin

La colline des chagrins - Ian Rankin  

Alors que Flip Balfour, la fille d’un banquier d’Édimbourg, vient de disparaître, un minuscule cercueil en bois est retrouvé sur la propriété familiale. Pendant que Rebus s’intéresse à des cercueils identiques exposés au Museum of Scotland, la constable Siobhan Clarke planche sur les énigmes proposées par un mystérieux Quizmaster, contact de Flip sur Internet. La police s’interroge : quel est le lien entre Quizmaster et d’autres meurtres commis dans la région entre 1972 et 1995 ? Aux prises avec ses démons personnels, Rebus joue contre sa hiérarchie avec une obstination quasi suicidaire. La ville d’Édimbourg, sa beauté ténébreuse, son histoire – en particulier celle de la chirurgie – et son passé sanglant lui disputent le premier rôle.  

Quand j’ai acheté ce livre, j e l’ai pris pour trois raisons… La première est stupide, je connais un homonyme de l’auteur et je trouvais ça drôle… La seconde… souvenirs souvenirs… j’adore Edimbourg et je me faisais une joie de lire un livre se passant dans des lieux que j’avais peut être arpentés !! La troisième… il était en promo chez Costco ! (bin oui, faut écouter le porte monnaie aussi des fois…).

Bref… surprise, l’inspecteur Rebus a toute une série d’enquêtes à son actif, et celle-ci est la 13ème !!! C’est un « anti-héros », un vrai de vrai. On devine (mais peut être que je l’aurais su si j’avais lu les précédentes enquêtes) qu’il a une histoire assez lourde. Je l’ai trouvé assez attachant et en même temps dans une spirale infernale vers le fond assez inquiétante 

 L’enquête à proprement parler ne m’a pas enthousiasmé même si le suivre dans Edimbourg (et dans les pubs…) a plutôt été un plaisir. En fait je crois que j’ai perdu trop de temps ou d’attention à essayer de comprendre pourquoi il en était là… Ceci dit, le dénouement est franchement inattendu et ma fois, je crois que je le relirais quand j’aurais lu quelques tomes précédents, histoire de me familiariser avec Rébus… (Quel nom pour un enquêteur…).

Après un peu de recherches, j’ai l’impression que le premier livre des enquêtes de Rebus est « Le carnet noir ». Si quelqu’un peut me le confirmer...

 
 

 

La distance entre nous

30 avril 2010

de Maggie O’Farrell

La distance entre nous Maggie O'Farrell

La distance entre nous Maggie O'Farrell

Jake vit à Hong-kong, où il a épousé, par pure humanité, une jeune femme qui allait mourir. Mais elle a survécu et le voilà prisonnier. Stella vit à Londres, où elle se terre à l’ombre de ses traumatismes d’enfance, dans la hantise d’un passé trop lourd à porter. Ils ne se connaissent pas. Pourtant, lorsqu’ils choisissent la fuite, c’est dans un manoir d’Écosse que leurs routes finissent par se croiser. Deux cœurs étrangers à la dérive réunis sur un même radeau, et un seul îlot de vieilles pierres pour tout recommencer. Chacun son mystère et ses secrets, mais le même désir de se reconstruire. L’histoire d’une rencontre en forme d’exil, ou quand la distance rapproche…

J’ai découvert il y a peu cette auteure avec le livre « L’étrange disparition de Esme Lennox« .

Ce deuxième livre me confirme que j’aime beaucoup ce qu’elle écrit. Il est question d’amour, d’enfances, de blessures d’enfance, de secrets

Tout au long du livre, on suit l’histoire de deux personnages, Jake et Stella. L’histoire commence tôt, c’est leur famille que l’on découvre. Par bribes, car Maggie O’Farrell a construit ce livre comme une succession de petits aperçus… Quelque fois du présent, d’autres fois du passé de l’un ou de l’autre… Ca peut être assez perturbant par moment, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce livre et ce qui nous maintient en haleine. En quatrième de couverture, Stéphane Hoffmann, Madame Figaro dit « Perdre le lecteur pour le gagner à sa cause, c’est tout l’art de cette romancière irlandaise. »  Et c’est bien ça… Comme dans l’histoire de Esme Lennox.

Jake et Stella se rencontrent en Ecosse, dans un hôtel où ils travaillent tous les deux. Elle y est arrivée après avoir fui Londres, sur ce qui donne l’impression d’être un coup de tête… Ayant passé toute sa vie à Hong-Kong, il est venu dans cet hôtel pour rechercher la trace de son père qu’il n’a jamais connu et échapper à la pression d’un mariage qui ne lui convient pas et qu’il n’a pas vraiment voulu. La progression dans leurs histoires personnelles et dans l’évolution de leur relation se fait très bien. Les différents flash-backs apportent des éclairages sur les comportements de chacun, sur leurs attentes.

Ce livre est beaucoup plus romantique que le premier, mais j’ai passé un excellent moment à le lire et je me pencherai sur un autre O’Farrell dès que j’en aurai l’occasion.

L’étrange disparition de Esme Lennox

7 avril 2010

de Maggie O’Farrell

A Edimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées ressurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

Ce livre est pour moi un véritable coup de coeur.

Histoire d’une jeune femme, Iris, qui « prend » en charge l’espace de quelques jours une grande-tante dont elle ignorait l’existence, et qui a passé 60 années enfermée dans un asile de fous. Histoire de la vie volée d’une jeune fille née au début du siècle aux Indes, et qui n’a pas l’air si folle que ça !

Comment peut-on enfermer une enfant de 16 ans ! Et oui, c’était possible sur simple signature, il y a encore 50 ou 60 ans… Comment peut-on faire disparaitre certains membres de la mémoire d’une famille ?

Au fil du récit, on découvre les raisons de cet internement, les circonstances, les hypocrisies, les comportements liés au « qu’en-dira-t-on ». L’auteure arrive à maintenir jusqu’à la toute dernière page un doute sur la santé mentale de Esme… Ses incohérences de petite-fille, de jeune fille justifiaient-elles cette « étrange disparition » ?

La construction est très intéressante. On se balade dans la vraie vie avec Iris, mais aussi dans la tête de Esme, la grande-tante, et de Kittie la grand-mère. L’absence de séparation franche dans la mise en page peut être un peu déstabilisante de temps en temps mais on s’y fait relativement vite et je dois dire que finalement ça contribue beaucoup au rythme du livre, et à l’impression de « douce mais saine folie » des deux vieilles dames…

Quant au dénouement !!! Il est impressionnant et je n’en dirai pas plus !

Un livre à lire, je vous le conseille VRAIMENT VRAIMENT ! J’adorerais en parler avec vous !

Et je vais très vite voir ce que Maggie O’Farrell a écrit d’autre…