Archive for novembre 2012

Le goût du bonheur : Adélaïde

9 novembre 2012

de Marie Laberge

Avril 1942. Où seront-ils tous quand cette guerre prendra fin ? Où seront les enfants de Gabrielle et d’Edward ; Adélaïde la sauvage attachante, Fabien, Béatrice, Rose et Guillaume ? Qu’est ce qui restera de ce monde a jamais bouleversé ? Qui aura gagné ou perdu ? Hitler semble si fort et les combats si vains…

La fureur qui parcourt ce deuxième volet de la grande trilogie du Goût du bonheur n’est pas seulement celles des nations qui se lancent l’une contre l’autre, c’est aussi celle du désir. Et Marie Laberge sait comme personne trouver les mots pour décrire ce désir, impérieux, complexe, contradictoire. Avec une audace et une lucidité qui n’appartiennent qu’à elle, elle nous fait pénétrer, les yeux grand ouverts, dans ces abimes qui s’ouvrent au cœur des personnages.

Second tome de la Trilogie du Bonheur, après Gabrielle, Adélaïde suit, comme son titre l’indique, la fille de Gabrielle dans sa vie de jeune adulte : amante, épouse et mère passionnée mais également femme d’affaire, et femme engagée.

Ce second tome ne déçoit pas du tout ! Il continue dans la même veine que le premier à suivre les membres de la famille Miller et toutes les pièces rapportées, famille proche et amis.

C’est Adélaïde qui est le personnage central bien évidemment. Si semblable physiquement à sa mère mais si différente dans le tempérament, c’est un plaisir de la suivre. La période où nous nous trouvons est passionnante elle-aussi. La guerre fait rage en Europe et le Canada envoie ses hommes en Angleterre, et de là vers le continent européen. J’ai beaucoup aimé cette description de la guerre vue par les femmes. L’auteure décrit de façon virulente tous les aspects de l’attente et du deuil, elle s’attarde aussi sur le retour des hommes et le choc de revenir à la vie normale après les horreurs vécues par la plupart.

Puis c’est l’après-guerre, la frénésie, la recherche des plaisirs et le renouveau de l’industrie, avec cette fois-ci les femmes au travail.

C’est un ouvrage très riche en évènements, beaucoup plus mouvementé que Gabrielle. La violence est ultra-présente, la passion aussi.

Le dénouement s’annonce, se soupçonne, mais se révèle saisissant et ouvre la porte au troisième tome, que je vais me dépêcher d’aller acheter !

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Seule contre la loi

2 novembre 2012

de Wilkie Collins

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu’elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d’abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée… qui n’est pas au bout de ses surprises. Il s’avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l’homme ayant été soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier.

Convaincue de l’innocence de son mari, l’impétueuse Valeria décide de mener l’enquête. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes – meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi.

Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. À la lecture de cet opus, on comprend l’admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.

 

Tout est dit ou presque dans la quatrième couverture. Voulant néanmoins découvrir cet auteur chaudement recommandé par une amie, je me suis donc plongée dans ces pages.

J’en retiens un beau portrait de femme pour l’époque, le roman ayant été écrit en 1875, l’auteur est on ne peut plus avant-gardiste. Malgré quelques longueurs, le désir de savoir si oui ou non Eustace est coupable, et si oui ou non Valeria mènera sa quête jusqu’au bout, m’a fait terminer ce roman historique dépeignant fidèlement son époque.

La place des femmes dans la société, le mariage, la folie, les bonnes moeurs, l’honnêteté sont quelques-uns des thèmes que j’ai retenus.