Posts Tagged ‘Québec’

Les Filles de Caleb

2 juin 2012

de Arlette Cousture

La trilogie consiste en: Le Chant du coq (1985), Le Cri de l’oie blanche (1986) et L’Abandon de la mésange(2003).

Tome 1: Le Chant du coq

Le roman s’ouvre alors qu’Emilie est sur le point d’avoir ses premiers mauvais jours et qu’elle tient tête à son père à propos de la place des femmes dans la maisonnée. On la retrouve à ses seize ans, alors qu’elle déménage à Saint-Tite où elle va enseigner pour les six prochaines années, non sans avoir à charmer le village et à imposer son autorité à des jeunes qui ont presque son âge. Pendant ce temps, quelques soupirants se pointent le nez et Émilie choisira… avec lequel elle vivra des hauts et des bas à cette époque où l’on n’accouchait pas à l’hôpital, mais parfois dans la neige; où l’on ne s’éclairait pas souvent avec une ampoule, mais le plus souvent à la chandelle; où la médecine était impuissante à guérir de la maladie sinon de la mort; où certaines filles choisissaient le couvent comme moyen de fuite; où c’est à l’hôtel que les hommes allaient boire.

Tome 2: Le cri de l’oie blanche

Dans ce deuxième volet de la trilogie Les Filles de Caleb, c’est la fille d’Émilie, Blanche Pronovost, qui nous entraîne sur les chemins aventureux de sa vie. Blanche rêve de médecine et si elle vient à Montréal au début des années trente afin d’y suivre un cours d’infirmière, c’est toutefois en Abitibi qu’elle ira pratiquer le métier qui la passionne. À La Sarre, dans son dispensaire « confortable et sans richesse », elle sera appelée à relever les défis les plus inattendus, parmi une population durement éprouvée. Dans la froideur de l’hiver abitibien, Blanche croisera un sourire irrésistible qui lui donnera à penser que « son hiver venait de fondre ». C’est celui d’un Franco-Manitobain au sens de l’humour irrésistible, Clovis Lauzé…

Tome 3: L’Abandon de la mésange

Le dernier volet de la trilogie Les Filles de Caleb nous transporte à l’hiver 1958, alors que Blanche franchit le cap de la cinquantaine, entourée de ses deux filles, Élise et Micheline. Avec elles, nous traversons les trépidantes années soixante, puis les turbulentes années soixante-dix, pour suivre leur destinée jusqu’en 1992. Si la « mésange » qu’est Élise vit à Montréal avec sa mère et sa sœur, c’est de campagne que rêve cette citadine. Un séjour chez des amis fermiers de son père, les Vandersmissen, pourrait bien lui permettre de réaliser son idéal, sans compter que là-bas, dans cette maison au joli balcon fleuri, l’attend le plus beau garçon qu’elle ait jamais vu…

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J’ai grandi en regardant la serie televisee diffusee sur France 3 le samedi soir dans les annees 80. J’ai decouvert qu’un 3eme volet de la serie avait ete publie en 2003, du coup, j’ai decide de lire la serie.

C’est plutot facile a lire et permet de voyager a travers l’histoire du Quebec rural et urbain.

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Docteur Irma – La trilogie

16 novembre 2011

de Pauline Gill

Docteur Irma

Irma LeVasseur, première pédiatre canadienne-française, une femme aussi forte que sensible, aussi déterminée qu’originale, contre vents et marées, a consacré sa vie à la santé des enfants. Le récit de sa destinée insuffle courage et espoir à qui doit se battre contre l’inégalité des chances dans notre société. Une exceptionnelle trilogie pour une femme aussi grande que sa cause!

Le parcours d’Irma LeVasseur est remarquable et cette trilogie relate toutes les étapes importantes de sa vie. Après des études à Sillery, en 1894, elle doit aller chercher son doctorat en médecine à l’Université Saint-Paul (Minnesota), toutes les universités québécoises lui fermant leurs portes. De retour au Québec, le Collège des médecins lui refuse un permis de pratique. Elle se tourne alors vers l’Assemblée législative qui, trois ans plus tard, vote un bill privé lui permettant d’exercer sa profession.
Ces trois ans d’attente, la Dre LeVasseur les passe à travailler à New York. Elle fonde ensuite à Montréal le premier hôpital pour traiter gratuitement les enfants de toute ethnie et de toute condition, l’Hôpital Sainte-Justine (1907). Pendant la guerre 1914-1918, elle est la seule docteure canadienne-française à se rendre en Serbie pour soigner la population et les soldats. À Québec, elle fondera ensuite l’Hôpital de l’Enfant-Jésus (1923) et l’Hôpital des Enfants-Malades (1925). Parallèlement à sa carrière exceptionnelle, Irma LeVasseur verra sa vie personnelle marquée par l’incessante recherche de sa mère, qu’elle a perdue à douze ans, par des renoncements exigeants, mais aussi par un fort lien avec ses proches.

J’ai beaucoup aimé le livre, une fois encore. C’est l’histoire d’une femme féministe avant les féministes, mais dans un sens « positif », parce qu’elle s’est battue pour pouvoir devenir médecin, et être reconnue comme égale des hommes. C’est très facile à lire, et divertissant.
Sans ce livre, je n’aurai probablement pas connu l’existence de cette femme de caractère, qui a fait avance la médecine au Québec.

Le rêve de Champlain

12 novembre 2011

De David Hackett Fischer

traduit de l’anglais par Daniel Poliquin

Dans Le Rêve de Champlain, l’historien américain David Hackett Fischer brosse un portrait profondément renouvelé et fascinant de cette figure que l’on croyait familière et en fait ressortir les multiples facettes : le soldat, l’espion à la solde du roi, l’artiste doué, le cartographe de génie et le navigateur hors pair.

Champlain a lutté pour la réalisation d’un rêve immense, un Grand Dessein pour la France en Amérique. Pendant trente ans, il a sillonné un territoire que se partagent aujourd’hui six provinces canadiennes et cinq États américains, tout en menant un combat non moins farouche contre les ennemis de la Nouvelle-France à la cour d’Henri IV. Lui qui était né dans un pays ravagé par les guerres de religion, il a encouragé les mariages entre colons et Indiens, il a prêché la tolérance envers les protestants. Il a inlassablement tenté de maintenir la paix entre les nations indiennes, mais il a su quand il le fallait prendre les armes et imposer un nouvel équilibre politique, se révélant ainsi un guerrier et un stratège redoutables. Il a été un leader visionnaire, surtout si on le compare à ses contemporains anglais et espagnols, un homme qui rêvait d’un monde plus humain et vivant en paix, dans une époque marquée par la cruauté et la violence.

Fruit d’une recherche colossale, accompagnée de nombreuses cartes et illustrations, dont plusieurs de la main de Champlain, cette grande biographie, la première depuis des décennies, est tout aussi enlevante que la vie de son modèle.

Après la biographie de Marie-Antoinette, me voici plongée dans celle de Samuel de Champlain, pavé de plus de 900 pages! Voulant approfondir ma connaissance de l’Histoire du Canada, je me suis plongée avec délices dans cette saga suite à un reportage sur les ondes de Radio Canada.

Cette lecture me permet (je n’ai pas encore tout à fait terminé l’ouvrage) de découvrir cette figure emblématique du Canada ainsi que son auteur, l’historien et enseignant américain David Hackett Fischer. Notre découvreur, soldat, navigateur, géographe, diplomate, auteur, né vers 1570 a grandi dans la France déchirée par les guerres de religion entre catholiques et protestants. Cela l’a profondément marqué et suivi toute sa vie, et son rêve de colonisation et d’une Nouvelle-France, au-delà de l’océan, était profondément empreint par sa volonté et ses actions de diplomatie entre les Français et les Amérindiens, les protestants et les catholiques. Il s’est toujours efforcé de privilégier le dialogue, la négociation, la tolérance et la découverte de l’autre au lieu de la force et de la répression comme les ont utilisées les autres Européens sur les continents Américains.

Son héritage de tolérance et d’ouverture est toujours présent dans la société canadienne et cette figure a bien mérité un ouvrage à sa mesure, fruit d’un travail de plus de 20 ans. Cette biographie est accessible à tous, écrit dans un langage clair, regorgeant d’illustrations, de cartes, de dessins d’époque. L’on y découvre pourquoi le Cap Tourmente porte ce nom, comment la Rivière Richelieu s’est retrouvée nommée ainsi, etc.

Et maintenant que je vis en Ontario, j’ai grâce à cela une vision un peu plus précise des nombreux voyages du Sieur de Champlain car il est venu sur les rives de nos lacs, comme sur les rives des rivières maintenant américaines.

Carte de la Nouvelle-France par Samuel de Champlain, 1612

(clic pour la voir en plus grand)

Une saison dans la vie d’Emmanuel

3 janvier 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une saison dans la vie d’Emmanuel

Roman de  Marie-Claire Blais

Emmanuel naît  » sans bruit un matin d’hiver « . Lorsqu’il ouvre les yeux sur ce qui l’entoure, sa mère est déjà partie aux champs. Quand elle reviendra, se souviendra-t-elle qu’elle l’a mis au monde le matin même ? Emmanuel pleure, seul avec sa grand-mère, personnage fort et bourru. Soudain il comprend :  » Il désirait respecter son silence ; il n’osait plus se plaindre car il lui semblait soudain avoir une longue habitude du froid, de la faim, et peut-être même du désespoir.  » Entre une grand-mère sèche, culpabilisante mais rassurante, une mère silencieuse et soumise, un père absent, et d’innombrables frères et sœurs, dont Héloïse, ancienne religieuse devenue fille de mauvaise vie, et le souvenir de Jean le Maigre, frère  » intelligent à vous faire peur  » qu’il n’a pas connu, Emmanuel va rapidement s’éveiller, découvrir la soif de liberté, la vie et son lot de petites joies et de grandes souffrances.
Marie-Claire Blais, dont l’originalité, les talents d’écrivain et la grande sensibilité ont été reconnus dès la parution de son premier livre (La Belle Bête, 1959), a reçu pour Une Saison dans la vie d’Emmanuel le prix Médicis 1976.

Quand je suis arrivée au Canada, j’ai voulu découvrir ce pays sous toutes ses coutures. Pour l’histoire, j’ai lu « L’histoire du Canada pour les nulles ». Pas très académique mais complet, accessible et pas trop long. Pour les arts graphiques, quelques séances au Musées des Beaux Arts. Pour le cinéma, le coffret des films de Denys Arcand, la Chute de l’empire américain et les Invasions barbares, et les Têtes-à-claques un peu aussi. Pour la littérature, j’ai commencé par Marie-Claire Blais. C’est ma deuxième chronique pour mon  défi de lecture canadienne.

J’ai adoré parce que c’est à la fois une belle œuvre de littérature mais aussi une plongée dans le Québec du début du XXe siècle. Une initiation à la civilisation québécoise : l’hiver, la vie à la campagne, les familles nombreuses, la domination de l’église. L’écriture est fine et subtile mais le récit  est pittoresque, rustique : comme si on y était.

Je l’ai dévoré, il faut dire que le livre ne fait que 165 pages. Malgré tous leurs vices, la crasse et la pauvreté, les personnages sont attachants.

La grand-mère Antoinette bourrue et méchante, pas si méchante en fait, plutôt endurcie par cette rude vie de labeur, de froid et de pauvreté. Je l’aime bien finalement, peut être parce qu’elle est directe et tient tête à son gendre, le maitre de maison. C’est mon côté féministe qui parle. Les fils indignes : Jean le Maigre, l’intellectuel, le poète de la famille mais tuberculeux qui finira sa courte vie au séminaire selon la volonté de Grand-mère Antoinette ; et le Septième – je ne me souviens avoir lu son nom dans le livre- le vicieux, le paresseux mais malin et plein de vie. Celui qui s’en sort le mieux dans l’histoire. Et enfin, la sœur Héloïse qui passe du statu de religieuse illuminée à celui de prostituée enthousiaste.

C’est certainement un peu cliché : la famille de paysans pauvres de fin fond du Québec, les fils voués au séminaire et à l’emprise des prêtres pédophiles, le travail à la ville et ses vices urbains. Mais c’est compensé par la belle écriture et le réalisme poignant, tantôt pathétique, tantôt burlesque, tantôt émouvant.

Ce bouquin m’a tout simplement donné envie d’en lire d’autres.

La cage de Londres

18 novembre 2010

de Jean-Pierre Guillet

Il y a un peu plus d’un siècle avait lieu la première invasion de la Terre par les Martiens. Malgré leur supériorité technologique écrasante, les envahisseurs, terrassés par une bactérie, avaient alors perdu la guerre.
Mais quelque temps après ce cuisant échec, les Martiens avaient récidivé et, mieux préparés cette fois, ils avaient vaincu. Depuis lors, les « Maîtres » ont parqué les humains dans de gigantesques enclos et les élèvent comme du cheptel. Car les Martiens se nourrissent de leur sang !
Dans la cage de Londres, George, un mâle qui en est à son premier prélèvement sanguin, noue une étrange relation avec un jeune Maître. Et ce qu’il découvre au fil des semaines ne correspond guère à ce qu’on lui a enseigné : se pourrait-il que les Maîtres n’aient pas toujours été les protecteurs des humains ?

Tout comme le bouquin tiré de ma chronique précédente celui-ci est aussi publié aux Éditions A LIRE mais cette fois-ci, il ne se passe pas à notre époque mais dans un futur apocalyptique…

Comme le montre l’illustration de la couverture, le monde est envahi d’êtres venus d’une autre planète que la nôtre et ces êtres ne sont autres que les Martiens de La Guerre des Mondes d’ H.-G. Wells! J’ignorais que ce mythe de la littérature avait eu une suite, sinon je l’aurai lu depuis longtemps! Je ne vais pas paraphraser le résumé de la quatrième de couverture, que je cite plus haut et qui est issu du site de la maison d’édition, je dirai juste que ce livre de 235 pages était bien trop court et je vous laisse vous plonger dedans.

J’ai l’avantage d’avoir à la maison un passionné de science-fiction et de littérature fantastique, ce qui fait que je peux diversifier mes lectures et passer d’un époque à une autre, en ce moment je lis un roman se passant sous François Ier par exemple.

En allant sur le site de la maison d’édition, vous pourrez lire des extraits du livre, bonne découverte et si  vous le lisez n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

Une fêlure au flanc du monde

12 novembre 2010

de Éric Gauthier

L’instrument du magicien, c’est le monde entier. Le monde a sa propre musique, mais on peut en influencer la mélodie, et c’est là que la sensibilité est essentielle. N’importe qui peut recopier un carré magique en espérant que ça marche, mais pour réussir un sort, il faut être sensible aux nuances du monde qui nous entoure, et ce, avant, pendant et après l’exécution d’un rituel.

Ce premier roman d’un auteur et conteur québécois m’a dérouté au début de ma lecture mais m’a finalement fasciné et j’avais du mal à le lâcher pour faire autre chose!

Les quelques 500 pages et plus de ce roman moderne et urbain, mélange la magie, le surnaturel, la religion et  la vie quotidienne du jeune Malick. Cet oiseau de nuit de Montréal, grande ville urbaine et agitée, doit se réfugier dans la petite ville de son enfance où il se retrouve confronté à  ses souvenirs, ses anciens amours et amis et à un groupe qui fait tout pour ne pas être pris pour une secte.

Plusieurs histoires s’entremêlent au fil des pages et peuvent facilement dérouter, mais au final, ce livre tout à la fois roman policier et ouvrage de science-fiction, qui en temps normal n’aurait fait pas partie de mes lectures privilégiées (les romans historiques) m’a énormément plu et je le conseille sans hésiter.

Aussi, si vous ne faites pas partie de la francophonie canadienne et que vous craignez que certains mots ou expressions typiquement québécois ne vous déroutent, n’hésitez pas à utiliser un moteur de recherche qui sera votre meilleur allié!

source de l’image et du résumé Éditions A LIRE, site où vous pouvez feuilleter ce livre.

Les accoucheuses – Tome 3 : La déroute

9 mai 2010

de Anne-Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Pendant que Léonie désespère de réussir à assurer la pérennité d’un savoir ancien trop souvent tourné en ridicule, sa fille Flavie est prête à tout pour s’affranchir des conventions qui constituent une entrave aux ambitions des femmes et à leur liberté d’action. Des opposants déterminés espèrent leur défaite. Le groupe des hommes de l’art cherche avant tout à favoriser l’essor d’une science obstétricale naissante. Les fières accoucheuses auront donc à affronter un ennemi aussi puissant qu’insaisissable, une opinion publique qui s’accroche à un idéal de vertu et de bienséance, une morale victorienne triomphante.

Voilà, j’ai fini cette saga québécoise. Découverte grâce à Blandine, j’ai vraiment aimé les deux premiers tomes. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le troisième tome, presque une année s’était déroulée depuis ma lecture du second mais je ne sais pas si c’est vraiment lié.

Encore et toujours un énorme pavé ! Nous suivons toujours la vie de Flavie, de Léonie et de leur entourage. Si Léonie et la majorité des personnages sont toujours à Montréal, Flavie est quant à elle partie. Elle s’est enfuie et vit maintenant dans une  communauté aux États-Unis. Cette communauté (heu, on peut pas dire secte là ???) a des mœurs pour le moins libres et pratique le partage d’à peu près tout… enfin que dis-je, oui, sur tout !

On le comprend dès le titre et il n’y a pas de suspens… le combat que mènent ces femmes est voué à l’échec. L’opinion publique de l’époque ne peut pas changer aussi radicalement. Leur dévouement, leur intelligence, leurs ambitions et leur engagement n’y pourront rien.

Je me suis un peu essoufflée en accompagnant Léonie à Montréal. Les descriptions de cette société qui n’arrive pas à progresser, des us et coutumes de chacun restent très intéressantes mais peuvent être vraiment longues, compte tenu du fait qu’on a déjà deux tomes (et pas des petits) dans la tête. Mais en revanche j’ai vraiment suivi avec beaucoup d’intérêt la découverte avec Flavie de la communauté d’Oneida. Le décor et l’environnement changent, ce qui ravive un peu l’attention. En plus, j’ai découvert en lisant un blog que cette communauté avait vraiment existé ! Le parcours de Flavie au sein de la communauté est semé d’embûches. Si elle y arrive pleine d’espoirs et d’enthousiasme, la réalité quotidienne apporte aussi son lot de frustrations et de désillusions.

La seconde partie du livre s’accélère. Le retour de Flavie ne se fait certainement pas dans les conditions qu’elle aurait espérées. Ses ambitions de devenir médecin n’auront pas pu aboutir, elle doit faire face au jugement des « bien-pensants » de la société et elle se retrouve à devoir s’adapter à cette vie de femme, d’accoucheuse et de mère au foyer qu’elle cherchait à éviter (ou disons plutôt qui ne lui suffisait pas)… Y trouvera-t-elle le bonheur ???

Donc en résumé, une saga québécoise que je ne regrette vraiment pas d’avoir découverte et suivie, mais quels pavés !!!

Magasin général – Tome 1 : Marie

8 mai 2010

par Loisel et Tripp

Magasin général - Marie BD Loisel Tripp

Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, distillée par régis Loisel (La Quête de l’oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d’anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissance à un auteur virtuel.

Voici une bande dessinée que je ne connaissais pas du tout, même pas de nom, avant que Blandine et Berlingotte n’en parlent dans leurs commentaires… Vous me connaissez, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour aller farfouiller dans une librairie… Et me voici ( mais je vous jure, je sais pas comment !) avec le tome 1 dans les mains….

Il faut dire avant tout ça que je ne suis pas du tout une fan de Loisel, je n’ai pas accroché à la Quête et je n’ai jamais été intéressée par Peter Pan. Tripp, je ne le connaissais pas…

Nous suivons la vie du petit village de Notre-Dame-des-Lacs dans les années 20. En voix off, Félix Ducharme, qui vient de mourir et être mis en terre. Marie, son épouse, se retrouve toute seule pour gérer le Magasin Général, centre névralgique du village. Il n’y a pas vraiment d’action ou d’intrigue. Il s’agit juste de vivre le quotidien des villageois, entre bonheur et tristesse, à cette époque où l’Eglise régit encore la vie de tout le monde, où les hommes partent l’hiver venu pour travailler et ramener de l’argent à leurs familles.

C’est simple mais émouvant, avec un zeste d’humour. Les dialogues en québécois sont vraiment excellents.

Me reste plus qu’à découvrir les autres tomes… 😉

Les accoucheuses – T2 – La révolte

10 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

Voici enfin la suite de cette passionnante saga historique qui met en scène la jeune sage-femme Flavie et sa mère Léonie ! Dans ce deuxième tome, la lutte est de plus en plus âpre entre accoucheuses et hommes de l’art, entre dames patronnesses et hommes de robe. Maintenant mariée à un médecin, Flavie entreprend une quête qui se révèlera fort ardue, celle de son bonheur tant conjugal que professionnel. Contre vents et marées, Léonie conduit les destinées de la Société compatissante et de l’École de sages-femmes de Montréal. Au milieu du XIXe siècle, dans un contexte où le règne tyrannique de la pudeur se consolide, les mentalités refusent une telle hardiesse au « sexe faible ». La belle société, l’évêque du diocèse à sa tête, se scandalise de ces comportements insolents !Flavie et Léonie refusent de sacrifier leur joie de vivre sur l’autel des dévotions. Dans un monde marqué par des tensions sociales très vives, leur destin s’inscrit dans la trame des bouleversements du début des temps modernes.

Suite du premier tome dont j’ai parlé dernièrement… Toujours un énorme pavé ! Toujours les mêmes personnages. Flavie est maintenant mariée à un jeune médecin, qui semble aussi avant-gardiste qu’elle…. Elle s’est établie comme sage-femme et forme même un tandem efficace avec son mari.

Ce tome suit plus particulièrement les combats de Flavie… contre la société montréalaise qu’elle choque tant par ses envies de devenir médecin notamment, contre sa famille aussi qui ne peut pas toujours la suivre dans ses idées et projets, contre son mari qui en la soutenant s’est mis à dos une partie de la société et souhaiterait faire « un peu plus partie du moule »…

J’ai lu ce tome un peu plus lentement… Ce n’est pas l’histoire, ce n’est pas réellement de la lassitude non plus, c’est juste que même pour une livrophage, il faut assimiler tout ça et ça prend du temps… d’autant que je m’étais embarquée dans cette lecture sans pause après le premier tome !!!

On retrouve les références historiques de l’époque, l’omniprésence du clergé, la puissance des médecins, et toujours les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles méritaient dans la société. C’est vraiment très enrichissant…

Et après ma petite pause, plus ou moins forcée, je vais me plonger très vite et avec joie dans le troisième tome !!!

Les accoucheuses – T1 – La fierté

8 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

 

Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes.

À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour.

D’une écriture vivante et colorée, ce roman évocateur excelle à recréer l’atmosphère des débuts de l’ère victorienne et à camper des personnages attachants. Les accoucheuses, un bonheur de lecture.

J’ai lu ce premier tome l’année dernière, puis pratiquement dans la foulée le deuxième volume.

A la suite de quoi, je me suis consacrée à réduire les volumes de livres à lire avant d’en racheter d’autres… Et puis dernièrement, la Visa a pas mal fonctionné pour les livres et le troisième tome s’est retrouvé dans mon panier (mais je vous jure, Madame, je n’ai rien fait !!!)…

Il est donc grand temps de parler des deux premiers livres de cette série québécoise !!!

Le gros défaut de ce livre ? Il n’existe pas en format poche… Super encombrant, pas possible de le mettre dans le sac à main (plus de 800 pages !!!)…

L’histoire se déroule à Montréal, fin du XIXème siècle et met en scène une famille aux idées plutôt avant-gardistes : père instituteur et pour l’instruction des filles au même niveau que les garçons ; mère sage-femme, une des premières, et désireuse d’éduquer les jeunes-filles dans ce métier alors que la tradition est plutôt de « former » des femmes ayant déjà eu des enfants ; et leurs trois enfants, dont Flavie, qui suit le chemin de sa mère et veut même aller au-delà et être médecin, au grand dam du clergé, de la société bien-pensante et du corps des médecins !

Bref, on navigue dans la montée du féminisme, l’accès à l’éducation des femmes et des jeunes-filles, le rapport avec la science de la médecine, les progrès de cette même médecine, les théories sur la femme, son mode de pensée et pourquoi elle ne peut pas être considérée comme l’égale de l’homme, les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles veulent occuper dans la société… sur fond d’histoire du Québec, rivalité franco-anglaise, les arrivées d’immigrants, les feux si destructeurs, les épidémies…

Ce premier tome se lit vraiment très bien. Les personnages sont vraiment attachants. Il ne faut pas se laisser impressionner par la taille du bouquin… Il vaut largement la peine !