Archive for mai 2013

A Garonne

17 mai 2013

de Philippe Delerm

AGAronne Philippe Delerm

 

Le début de l’après-midi était insupportable de lenteur, sombrait parfois dans la morosité d’un cahier de vacances, l’ennui infini d’une sieste où je ne dormais pas. Les quatre coups de la pendule ouvraient enfin l’espace. Nous partions ‘à Garonne’. Aller à Garonne, c’est infiniment plus qu’aller au bord de la Garonne. Pas besoin d’un article. A Garonne comme on dirait à Brocéliande, sous l’emprise d’un pouvoir. Pas sur la rive, mais dans tout le royaume voué au fleuve. ‘En nous ouvrant les portes de la Mascagne, la maison de ses grands-parents puis de ses parents, où se retrouve en vacances, toutes générations confondues, la famille Delerm, l’auteur se retourne pour la première fois sur son enfance et son adolescence. Dans le livre peut-être le plus personnel qu’il ait jamais écrit, il nous fait le portrait tendre et doucement nostalgique des lieux et personnages qui l’ont vu grandir chaque été.

A la manière de la Madeleine de Proust, ce petit livre se déguste en fermant les yeux et en faisant revivre les souvenirs de vacances d’enfance. Si la maison de mes grand-parents n’étaient pas située dans la même région, le même type de souvenirs m’habitent 🙂

L’écriture simple nous fait rentrer dans l’intimité de son enfance avec un brin de nostalgie, juste ce qu’il faut. Les descriptions sont belles et tellement suggestives que, fermez les yeux ? Vous verrez les couleurs d’un été dans le Sud apparaitre dans votre esprit, la sensation de chaleur, d’humidité, les odeurs arriveront.

L’enfant grandissant, c’est adolescent puis adulte que l’auteur continue de retrouver le bonheur des retrouvailles avec le reste de sa famille dans cette maison, qui est celle de ses racines.

C’est un beau livre sur les racines, sur la famille. Une lecture rapide et très agréable 🙂

Cet instant-là

8 mai 2013

de Douglas Kennedy

cetinstantla
Écrivain new-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d’intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie : les papiers de son divorce et un paquet posté d’Allemagne par un certain Johannes Dussmann. Les souvenirs remontent… Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d’écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C’est là qu’il rencontre Petra. Entre l’Américain sans attaches et l’Allemande réfugiée à l’Ouest, c’est le coup de foudre. Et Petra raconte son histoire, une Histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l’horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d’un amour vrai, absolu. Mais bientôt se produit l’impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants. Aujourd’hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité ? A la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage mais surtout, histoire d’amour aussi tragique que passionnée, un roman ambitieux porté par le talent de Douglas Kennedy.

Depuis que j’ai découvert Douglas Kennedy, je suis une grande fan. Je me suis donc plongée avec plaisir dans « Cet instant-là »…

On retrouve encore cette fois-ci les thèmes privilégiés de Kennedy : une vie stable mais avec un manque, un bouleversement, puis une remontée vers un autre état stable… Ce côté là devient plutôt prévisible maintenant. Mais jusqu’à présent, les situations mises en scène ont toujours été suffisamment variées et originales pour que la persistance de la trame globale ne me lasse pas.

Encore une fois, cet ouvrage a une dose de « différent » suffisante pour capter notre attention et la maintenir en alerte jusqu’à la fin.

Le contexte majeur cette fois-ci est Berlin en période de guerre froide. Plus précisément, le narrateur est un auteur qui vient de se séparer de sa femme, après une grosse remise en question. Un paquet lui arrive contenant un journal… Flash back s’en suit… et je ne vous en raconterai pas plus…

J’ai trouvé la lecture de ce livre aisée et fluide comme à chaque fois. Les étapes s’enchainent avec facilité. Des rebondissements intéressants, même si certains se pressentent. Le tout sur fond d’espionnage et de propagande… Berlin oblige 🙂 Un dénouement dans la lignée des autres livres de Kennedy, toujours une lueur d’espoir. Des choix à faire, douloureux quelques fois et rarement faciles. L’avenir est fait de ce que l’on veut en faire…

Les points négatifs ? Un petit côté caricatural à certaines scènes se passant à Berlin. Et malgré ce que j’ai pu dire plus haut: un peu moins d’originalité que dans les livres précédents…