Archives d’un auteur

petite fugue

29 février 2012

de Céline Pouillon

L’aventure extraordinaire de Mélodie, jeune musicienne passionnée lancée à la poursuite d’une note rebelle.
De Paris à New York, une cavale épique, conduite en rythme!

Un petit livre de 45 pages, avec quelques images, à partir de 9 ans, qui se lit très vite et est tout à fait charmant.

Trouvé à la bibliothèque de l’école, je l’ai pris pour ma fille de 9 ans. Finalement je lui ai lu à voix haute par plaisir de lire et d’entendre ces mots.
Le rythme de l’histoire est marqué par le choix du vocabulaire et la syntaxe des phrases.
Les mots, choisis avec soin, décrivent avec précision ce que Mélodie fait et pense, sans que ces détails soient lassants.
Les passages où les synonymes abondent sont un vrai délice:

Une note s’est fait la malle! Envolée! Enfuie! Évanouie! Évaporée! Désintégrée!

La phrase préférée de ma fille est:

“Allons Mélodie, suggèrent-ils [ses parents], s’il te plait, fais une petite bêtise, oh pas une grosse, rien qu’une petite, pour nous faire plaisir!”

Je recommande vivement ce livre, pas seulement aux musiciens en herbe.

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Miserere

20 janvier 2011

de Jean-Christophe Grangé

Miserere Jean Christophe Grangé

CE SONT DES ENFANTS. ILS ONT LA PURETÉ DES DIAMANTS LES PLUS PARFAITS. AUCUNE OMBRE. AUCUNE INCLUSION. AUCUNE FAILLE. MAIS LEUR PURETÉ EST CELLE DU MAL.

C’est toujours un piège d’ouvrir un roman de Jean-Christophe Grangé. On se dit qu’on va juste en humer les premières pages et puis, bing !, en un clin d’oeil, vous voilà pris au piège, cramponné au fort volume qui fi le à cent à l’heure. AL. F., Livres Hebdo.

Il y a là de quoi leurrer les plus éprouvés des lecteurs de Grangé. Et assez d’ombre pour les contenter. Alexis Brocas, Le Figaro Magazine.

J’ai acheté ce livre à la gare en attendant un train, comme ça, spontanément, sans même lire la 4ème de couverture, juste sur un coup de tête parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un Grangé.

Dès le début, j’ai aimé la présentation des deux personnages principaux : l’arménien et le russe. Qualificatifs pratiques puisqu’ils permettent d’éviter des répétitions de noms tout au long d’une page, mais aussi parce qu’ils campent tout de suite les deux personnages chacun dans sa singularité. Ils ont chacun un secret, mais ce n’est que vers la fin de l’histoire qu’ils seront dévoilés au lecteur.

Avez-vous regardé l’image sur la couverture ? J’avais lu plus de la moitié du livre quand j’ai pris la peine de vraiment la regarder et que l’étrange mélange abstrait de noir et de bleu s’est transformé en image précise. Avant je ne voyais que des formes floues qui selon ma logique devaient être en rapport avec la drogue qui joue aussi un rôle important. Après le déclic visuel, le Mal devenait bien plus présent et dérangeant !

Le sujet du livre est bien sûr terriblement cruel, on s’en doute, mais on ne veut pas y croire. Il s’agit d’enfants, d’enfants chantant dans des chorales d’église. Où peut donc être le mal dans un tel contexte ? Ah, la première piste est facile : église catholique + jeunes garçons…Trop facile. Ce mal existe, chez Grangé aussi, mais on passe rapidement à un mystère bien plus grand qui entoure ces petits chanteurs à la voix si pure.

Si vous aimez Grangé, je vous le conseille, sinon, âme sensible s’abstenir. Les descriptions sont très détaillées et l’imagination de l’auteur nous laisse une fois de plus sans voix devant de telles atrocités.

A change in altitude

23 novembre 2010

de Anita Shreve

A change in Attitude Anita Shreve

Margaret and Patrick have been married just a few months when they set off on what they hope will be a great adventure – a year living in Kenya. Margaret quickly realizes there is a great deal she doesn’t know about the complex mores of her new home, and about her own husband.

A British couple invites the newlyweds to join on a climbing expedition to Mount Kenya, and they eagerly agree. But during their harrowing ascent, a horrific accident occurs. In the aftermath of the tragedy, Margaret struggles to understand what happened on the mountain and how these events have transformed her and her marriage, perhaps forever.

« A Change in Altitude » est le dernier roman d’Anita Shreve, paru en septembre 2009. Il n’a pas encore été traduit en français.

Les critiques trouvées sur internet sont majoritairement très négatives. J’ai pourtant été séduite par l’histoire et le contexte et voulu lui donner une chance. Résultat : j’ai beaucoup aime le style lent et précis de cette histoire. Elle se passe au Kenya dans les années ’70. Je ne sais pas si c’est d’avoir vu « Out of Africa » qui a inspiré les images dans ma tête ou bien juste les descriptions d’Anita Shreve. Les émotions, elles, viennent directement du choix des mots et du rythme des phrases.

Margaret et son mari embarquent dans l’aventure de l’ascension du Mont Kenya avec deux autres couples expats. Lors de l’ascension une effroyable tragédie met fin a cette aventure et bouleverse la vie des participants et tout particulièrement le couple de Margaret et Patrick.

Ce qui suit est la longue et lente recherche de Margaret pour redonner un sens à sa vie, retrouver une vie active en tant que photographe pour un journal local et essayer de sauver son couple.
Aux côtés de Margaret j’ai ressenti : la chaleur, la poussière, la beauté de certains paysages, l’abomination du système politique, l’horreur de la pauvreté extrême, l’étonnement devant certains comportements si « British » comparés à la mentalité nord-américaine, les différentes étapes de l’ascension et les difficultés dues à l’altitude. Mais aussi le questionnement très personnel sur sa vie de jeune mariée « expat suiveuse » au Kenya.

Et la fin de l’histoire ?

Je ne veux pas la dévoiler, mais je rejoins les critiques négatives sur cette fin bien trop abrupte. Pour la première fois depuis que j’ai le souvenir de lire j’ai eu l’impression qu’ils manquaient des pages ! Le livre comprenant encore plusieurs pages, j’ai lu la fin d’un chapitre sure de trouver la suite à la page suivante… Quelle déception pour ce livre qui m’a pourtant si bien plu.