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Les accoucheuses – Tome 3 : La déroute

9 mai 2010

de Anne-Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Les accoucheuses - tome 3 - La déroute - Anne Marie Sicotte

Pendant que Léonie désespère de réussir à assurer la pérennité d’un savoir ancien trop souvent tourné en ridicule, sa fille Flavie est prête à tout pour s’affranchir des conventions qui constituent une entrave aux ambitions des femmes et à leur liberté d’action. Des opposants déterminés espèrent leur défaite. Le groupe des hommes de l’art cherche avant tout à favoriser l’essor d’une science obstétricale naissante. Les fières accoucheuses auront donc à affronter un ennemi aussi puissant qu’insaisissable, une opinion publique qui s’accroche à un idéal de vertu et de bienséance, une morale victorienne triomphante.

Voilà, j’ai fini cette saga québécoise. Découverte grâce à Blandine, j’ai vraiment aimé les deux premiers tomes. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le troisième tome, presque une année s’était déroulée depuis ma lecture du second mais je ne sais pas si c’est vraiment lié.

Encore et toujours un énorme pavé ! Nous suivons toujours la vie de Flavie, de Léonie et de leur entourage. Si Léonie et la majorité des personnages sont toujours à Montréal, Flavie est quant à elle partie. Elle s’est enfuie et vit maintenant dans une  communauté aux États-Unis. Cette communauté (heu, on peut pas dire secte là ???) a des mœurs pour le moins libres et pratique le partage d’à peu près tout… enfin que dis-je, oui, sur tout !

On le comprend dès le titre et il n’y a pas de suspens… le combat que mènent ces femmes est voué à l’échec. L’opinion publique de l’époque ne peut pas changer aussi radicalement. Leur dévouement, leur intelligence, leurs ambitions et leur engagement n’y pourront rien.

Je me suis un peu essoufflée en accompagnant Léonie à Montréal. Les descriptions de cette société qui n’arrive pas à progresser, des us et coutumes de chacun restent très intéressantes mais peuvent être vraiment longues, compte tenu du fait qu’on a déjà deux tomes (et pas des petits) dans la tête. Mais en revanche j’ai vraiment suivi avec beaucoup d’intérêt la découverte avec Flavie de la communauté d’Oneida. Le décor et l’environnement changent, ce qui ravive un peu l’attention. En plus, j’ai découvert en lisant un blog que cette communauté avait vraiment existé ! Le parcours de Flavie au sein de la communauté est semé d’embûches. Si elle y arrive pleine d’espoirs et d’enthousiasme, la réalité quotidienne apporte aussi son lot de frustrations et de désillusions.

La seconde partie du livre s’accélère. Le retour de Flavie ne se fait certainement pas dans les conditions qu’elle aurait espérées. Ses ambitions de devenir médecin n’auront pas pu aboutir, elle doit faire face au jugement des « bien-pensants » de la société et elle se retrouve à devoir s’adapter à cette vie de femme, d’accoucheuse et de mère au foyer qu’elle cherchait à éviter (ou disons plutôt qui ne lui suffisait pas)… Y trouvera-t-elle le bonheur ???

Donc en résumé, une saga québécoise que je ne regrette vraiment pas d’avoir découverte et suivie, mais quels pavés !!!

Les accoucheuses – T2 – La révolte

10 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

Voici enfin la suite de cette passionnante saga historique qui met en scène la jeune sage-femme Flavie et sa mère Léonie ! Dans ce deuxième tome, la lutte est de plus en plus âpre entre accoucheuses et hommes de l’art, entre dames patronnesses et hommes de robe. Maintenant mariée à un médecin, Flavie entreprend une quête qui se révèlera fort ardue, celle de son bonheur tant conjugal que professionnel. Contre vents et marées, Léonie conduit les destinées de la Société compatissante et de l’École de sages-femmes de Montréal. Au milieu du XIXe siècle, dans un contexte où le règne tyrannique de la pudeur se consolide, les mentalités refusent une telle hardiesse au « sexe faible ». La belle société, l’évêque du diocèse à sa tête, se scandalise de ces comportements insolents !Flavie et Léonie refusent de sacrifier leur joie de vivre sur l’autel des dévotions. Dans un monde marqué par des tensions sociales très vives, leur destin s’inscrit dans la trame des bouleversements du début des temps modernes.

Suite du premier tome dont j’ai parlé dernièrement… Toujours un énorme pavé ! Toujours les mêmes personnages. Flavie est maintenant mariée à un jeune médecin, qui semble aussi avant-gardiste qu’elle…. Elle s’est établie comme sage-femme et forme même un tandem efficace avec son mari.

Ce tome suit plus particulièrement les combats de Flavie… contre la société montréalaise qu’elle choque tant par ses envies de devenir médecin notamment, contre sa famille aussi qui ne peut pas toujours la suivre dans ses idées et projets, contre son mari qui en la soutenant s’est mis à dos une partie de la société et souhaiterait faire « un peu plus partie du moule »…

J’ai lu ce tome un peu plus lentement… Ce n’est pas l’histoire, ce n’est pas réellement de la lassitude non plus, c’est juste que même pour une livrophage, il faut assimiler tout ça et ça prend du temps… d’autant que je m’étais embarquée dans cette lecture sans pause après le premier tome !!!

On retrouve les références historiques de l’époque, l’omniprésence du clergé, la puissance des médecins, et toujours les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles méritaient dans la société. C’est vraiment très enrichissant…

Et après ma petite pause, plus ou moins forcée, je vais me plonger très vite et avec joie dans le troisième tome !!!

Les accoucheuses – T1 – La fierté

8 avril 2010

de Anne-Marie Sicotte

 

Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes.

À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour.

D’une écriture vivante et colorée, ce roman évocateur excelle à recréer l’atmosphère des débuts de l’ère victorienne et à camper des personnages attachants. Les accoucheuses, un bonheur de lecture.

J’ai lu ce premier tome l’année dernière, puis pratiquement dans la foulée le deuxième volume.

A la suite de quoi, je me suis consacrée à réduire les volumes de livres à lire avant d’en racheter d’autres… Et puis dernièrement, la Visa a pas mal fonctionné pour les livres et le troisième tome s’est retrouvé dans mon panier (mais je vous jure, Madame, je n’ai rien fait !!!)…

Il est donc grand temps de parler des deux premiers livres de cette série québécoise !!!

Le gros défaut de ce livre ? Il n’existe pas en format poche… Super encombrant, pas possible de le mettre dans le sac à main (plus de 800 pages !!!)…

L’histoire se déroule à Montréal, fin du XIXème siècle et met en scène une famille aux idées plutôt avant-gardistes : père instituteur et pour l’instruction des filles au même niveau que les garçons ; mère sage-femme, une des premières, et désireuse d’éduquer les jeunes-filles dans ce métier alors que la tradition est plutôt de « former » des femmes ayant déjà eu des enfants ; et leurs trois enfants, dont Flavie, qui suit le chemin de sa mère et veut même aller au-delà et être médecin, au grand dam du clergé, de la société bien-pensante et du corps des médecins !

Bref, on navigue dans la montée du féminisme, l’accès à l’éducation des femmes et des jeunes-filles, le rapport avec la science de la médecine, les progrès de cette même médecine, les théories sur la femme, son mode de pensée et pourquoi elle ne peut pas être considérée comme l’égale de l’homme, les batailles de ces femmes pour trouver la place qu’elles veulent occuper dans la société… sur fond d’histoire du Québec, rivalité franco-anglaise, les arrivées d’immigrants, les feux si destructeurs, les épidémies…

Ce premier tome se lit vraiment très bien. Les personnages sont vraiment attachants. Il ne faut pas se laisser impressionner par la taille du bouquin… Il vaut largement la peine !