Archive for the ‘Littérature anglaise’ Category

Seule contre la loi

2 novembre 2012

de Wilkie Collins

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu’elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d’abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée… qui n’est pas au bout de ses surprises. Il s’avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l’homme ayant été soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier.

Convaincue de l’innocence de son mari, l’impétueuse Valeria décide de mener l’enquête. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes – meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi.

Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. À la lecture de cet opus, on comprend l’admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.

 

Tout est dit ou presque dans la quatrième couverture. Voulant néanmoins découvrir cet auteur chaudement recommandé par une amie, je me suis donc plongée dans ces pages.

J’en retiens un beau portrait de femme pour l’époque, le roman ayant été écrit en 1875, l’auteur est on ne peut plus avant-gardiste. Malgré quelques longueurs, le désir de savoir si oui ou non Eustace est coupable, et si oui ou non Valeria mènera sa quête jusqu’au bout, m’a fait terminer ce roman historique dépeignant fidèlement son époque.

La place des femmes dans la société, le mariage, la folie, les bonnes moeurs, l’honnêteté sont quelques-uns des thèmes que j’ai retenus.

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Fantômes d’hiver

16 avril 2012

de Kate Moss

Fantomes d'hiver Kate Moss

La Grande Guerre a anéanti toute une génération, fauchée à la fleur de l’âge… Dans le cas de Freddie Watson, un jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé. Hanté par cette disparition, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur lancinante Au cours de l’hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud-Ouest de la France, quand sa voiture quitte la route. Encore sous le choc, il s’enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d’une sorte de fête médiévale, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi ses disparus. Au cours de la nuit, Fabrissa raconte à Freddie une étrange histoire. Le lendemain, à son réveil, Freddie se demande si tout cela n’était pas un rêve. Pourtant il existe bien un mystère lié au passé cathare du village…

J’avais envie de lire Fantômes d’Hiver depuis un bon moment ayant découvert Kate Mosse via Sépulcre et Labyrinthe, que j’avais beaucoup aimés. Je n’ai pas eu la même attirance pour ce livre. Certainement que Freddie ne m’a pas autant intéressé que les précédents héros… La construction du livre ne m’a pas séduite non plus. On se trouve dans le récit de Freddie à un expert en livres, dans ce récit, se trouve encore un autre récit, etc… Il n’y en a presque pas d’action et le rythme est très lent. Et le livre est très court, la lecture est vraiment trop rapide.

En revanche, la teneur fantastique est très bien rendue. Les descriptions du village et des alentours participent à créer une belle ambiance. J’ai aimé la composante historique, qui est toujours très présente dans les romans de cette auteure.

Mon erreur aura peut être été de m’attendre au même type de romans que les deux précédents, celui-change est très différent… plus dans l’atmosphère et le ressenti.

Les imperfectionnistes

11 février 2012

de Tom Rachman

Les imperfectionnistes Tom Rachman

Ils sont pathétiques, ils sont incompétents, ils sont harcelés par le destin. Bref, ils sont irrésistibles. Ces éternels abonnés à l’infortune ont tous en commun de graviter autour d’un anonyme et farfelu journal international basé à Rome. Sous la houlette du très incapable directeur de la publication Oliver Ott, petit-fils de l’énigmatique fondateur du quotidien, il y a entre autres Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, au bout du rouleau et prêt à tout pour vendre un article ; Arthur Gopal, le préposé aux nécrologies et aux mots croisés, frappé par une tragédie familiale qui va donner un ironique coup d’accélérateur à sa carrière ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire, vampirisé par un reporter sans foi ni loi ; Ruby Zaga, la vieille fille persuadée (à raison) d’être la paria de la rédaction ; ou encore Ornella de Monterrecchi, lectrice un peu trop scrupuleuse à qui sa fidélité exhaustive a coûté vingt ans de retard sur l’actualité…
Exubérant de vitalité et saisissant de vérité humaine, ce premier roman magistralement orchestré, en narrant les mésaventures de ces quelques « chiens écrasés » de l’existence, compose aussi une fresque d’un demi-siècle sur les coulisses d’un univers rarement exploré par la fiction, celui de la presse.

Voici un livre que l’on m’a offert. Typiquement le genre de livres que j’aurai choisi sur délit de titre et de couverture 🙂

Construit en 11 chapitres, suivant chacun un personnage particulier, que ce soit un vieux correspondant à Paris, un pigiste débutant, la DRH, ou même une vieille lectrice abonnée fidèle du journal, ce livre aborde l’univers de la presse sous un jour très caustique et avec la menace quasi omniprésente de la rentabilité et de la fermeture.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, la description des personnages, les mises en situation. D’une manière générale, j’aime beaucoup les romans à multiple personnages. Ça apporte une dynamique particulière à laquelle je suis souvent très réceptive. Celui-ci est quasiment une succession de courtes nouvelles se passant toutes dans le même univers.  Quelques liens sont faits mais globalement ces chapitres sont très indépendants. Étrangement, celà donne malgré tout  une unité au livre.

On suit ces personnages, certains dès les débuts du journal, d’autres plutôt sur la fin. Cette entreprise apparait comme une multitude de petits univers, tentant de survivre chacun de leur côté, mais dépendant tous les uns des autres…. On y voit le côté humain, le côté pro de chacun des protagonistes. Certains sont mous, d’autres durs, beaucoup ambitieux, carriéristes, d’autres encore plein d’idéaux.

L’auteur sait jouer avec les émotions et fait naitre de la tendresse, de la tristesse, de la sympathie pour ces personnages la plupart assez mal en point, sans oublier une pointe d’humour. C’est une très belle découverte pour moi. 🙂

Le secret

19 janvier 2012

de Wilkie Collins

Le secret Wilkie Collins ebook

En cette nuit du 23 Août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d’été des Treverton n’est plus que silence et ténèbres. Le manoir tout entier est suspendu aux battements du cœur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses.

Que contient, par exemple,  cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s’opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ?

Un secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique sorte de son silence afin d’empêcher Rosamund Treverton de retourner sur les lieux de son enfance, au risque d’y perdre son âme…

Je suis entrée dans l’ère du livre électronique ! Cet ouvrage fut mon premier ebook… L’expérience est intéressante (et peu onéreuse 😉 ) et je continuerai certainement mais j’aime trop mes livres de papier : je ne les abandonnerai donc pas 😀

Celà faisait vraiment très longtemps que je n’avais pas lu un livre de cette époque victorienne et j’ai eu beaucoup de plaisir avec celui-ci. Le ton du récit est très typique, un peu ampoulé, plein de bons sentiments et avec une abondance de vocabulaire que nous n’utilisons finalement plu. L’ambiance est ainsi donnée.

La trame quant à elle est relativement simple. Un secret de famille… A la mort de sa maitresse, une jeune femme, Sarah, décide de taire le secret dont elle est dépositaire, malgré les dernières volontés de la mourante.  Elle s’enfuit en cachant la lettre censée révéler le secret. Plus de 15 ans plus tard, ce secret est menacé d’être découvert par la fille de la disparue. Sarah s’emploie à le maintenir caché.

Ce n’est pas à proprement parler une enquête, mais plutôt un lent parcours dans la découverte de ce secret si fidèlement gardé. Le lecteur progresse dans sa compréhension du mystère par les faits et les différents évènements narrés. Petit à petit, on rencontre les différents protagonistes, on en apprend plus sur leur passé. On suit également Sarah qui revient sur au manoir de Porthgenna Tower pour empêcher la jeune Rosamonde de découvrir ce secret. Le secret en lui-même est rapidement soupçonné par le lecteur…

Ce n’est pas une lecture inoubliable, mais tout à fait agréable.

Je m’en souviendrai surtout comme de mon premier livre électronique. A ce propos, ce qui m’aura le plus dérangé : Ne pas tourner les pages !!! Je me suis rendue compte que j’aime tourner les pages, le bruit du papier que l’on froisse légèrement, le toucher du papier sous les doigts, soupeser ce qui a été parcouru et ce qui reste encore à lire… Toute cette partie de la lecture disparaît avec le livre électronique… Et ça m’a manqué !!!

Le troisième jumeau

19 septembre 2011

de Ken Follett

Comment deux vrais jumeaux, dotés du même code ADN, peuvent-ils être nés de parents différents, à des dates différentes ? C’est pourtant ce qui arrive à Steve, brillant étudiant en droit, et à Dennis qui purge une peine de prison à vie.Pour s’être intéressée de trop près à cette impossibilité biologique, Jeannie Ferrami, jeune généticienne de Baltimore, va déchaîner contre elle l’Université et la presse, cependant que Steve, dont elle s’est éprise, est accusé de viol, sa victime l’ayant formellement reconnu.Une seule hypothèse : l’existence d’un troisième jumeau. En s’orientant vers cette piste étrange, Jeannie ne se doute pas qu’elle touche à de formidables secrets, qui impliquent l’Amérique au plus haut niveau.

Je trouve cet auteur intéressant par les différents genres auquel il s’attaque… Je le connaissais par ses thrillers militaires du genre le réseau Corneille, et j’ai depuis des mois son pavé historique les Piliers de la terre dans ma Caisse A Lire. Le troisième jumeau rentre encore dans un autre genre, roman policier aussi mais dans un environnement plus scientifique.

Jeannie est un docteur qui travaille sur les jumeaux et cherche à mettre en évidence l’influence de l’éducation et des gènes sur le comportement humain.

Suspens au programme bien entendu. Pour prouver l’innocence de celui qu’elle aime, Jeannie se plonge dans une enquête qui va lui faire découvrir un complot au plus haut niveau. Recherches scientifiques un peu dépassées (le bouquin a plus de 10 ans), rebondissements un peu téléphonés parfois, dénouement auquel on s’attend assez vite…C’est un polar bien monté mais qui ne restera pas dans ma mémoire…

Ceci dit, cette lecture m’aura donné le goût de replonger dans un polar scientifique… Je crois que je vais partir en quête qu’un roman de Serfaty que je n’aurais pas encore lu…

Sépulcre

25 avril 2011

de Kate Mosse

Sépulcre Kate Mosse

Octobre 1891 : la jeune Léonie Vernier et son frère Anatole quittent Paris pour le Domaine de la Cade, à quelques kilomètres de Carcassonne. Dans les bois qui entourent la maison isolée, Léonie tombe par hasard sur les vestiges d’un sépulcre wisigoth. Au fil de ses recherches, elle découvre l’existence d’un jeu de tarots dont on prétend qu’il détient les pouvoirs de vie et de mort. Octobre 2007 : Meredith Martin arpente les contreforts pyrénéens dans le but d’écrire une biographie de Claude Debussy. Mais elle mène aussi une enquête sur ses propres origines. Armée d’une partition pour piano et d’une vieille photographie, la voilà plongée malgré elle au coeur d’une tragédie remontant à plus d’un siècle, où le destin d’une jeune fille, disparue par une nuit funeste, se mêle inextricablement à une dramatique histoire d’amour.

J’ai déjà eu le plaisir de lire Labyrinthe de cette auteure et j’avais beaucoup aimé. Me voici donc partie cette fois-ci pour Sépulcre.

La construction de ce roman n’a rien d’original, en ce sens que l’auteure reprend le même parallélisme que dans Labyrinthe : deux histoires imbriquées, l’une dans le passé, l’autre à notre époque. Mais je le savais dès la lecture de la quatrième de couverture, et pour tout dire, j’avais bien aimé cet enchevêtrement de faits dans le premier livre. Ça ne m’a donc pas rebuté de repartir dans le même genre de trame.

Le démarrage est un peu lent. On alterne entre deux époques… XIXème siècle, Paris puis la région de Carcassonne… et 2007, toujours Paris puis Carcassonne. Dans les deux cas, le personnage central est une jeune femme.

Avec le Sud Ouest et la ville fortifiée de Carcassonne en toile de fond, la musique et les tarots en personnages récurrents, un tueur psychopathe au XIXème , une petite histoire d’amour, l’intrigue est alléchante…

Je n’ai malheureusement pas eu le même plaisir à lire cet ouvrage… L’intrigue de Labyrinthe m’avait paru mieux ficelée et il m’avait semblé que l’action y était plus présente. J’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un peu trop simple et malgré l’aspect fantastique alléchant, il manque un peu trop d’actions.

Le dénouement également n’a pas été à la hauteur de mes attentes, car trop rapide et peu décrit. C’est dommage et je suis déçue…

Mais je vais rester sur ma bonne impression de Labyrinthe et tenter prochainement un autre Kate Mosse (Fantômes d’hiver)… histoire d’affiner mon impression… Un partout, balle au centre 😉

God save la France

15 février 2011

de Stephen Clarke

God save la France Stephen Clarke

Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d’un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham. Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s’adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n’est pas au bout de ses surprises…

Je ne sais pas pourquoi j’ai relu ce bouquin… Disons qu’il m’est tombé dans les mains, que j’ai pensé ‘a Peter Mayle et à Une année en Provence que j’avais beaucoup aimé et que je me suis dit, allez pour me changer les idées, je vais me replonger dans la vision de la France par un Anglais plein d’humour…

Et bien disons le tout net, ma mémoire flanche, parce que j’avais déjà lu ce livre, déjà pas aimé et je ne me m’en souvenais même pas !

Je ne vais pas critiquer les observations de ce jeune anglais débarquant à Paris… Malheureusement pour mon pays et mes compatriotes, il y a une grande, que dis-je une énorme part de vérité… Mais je sature complètement sur la façon d’écrire tout ça… L’exagération à outrance m’ôte l’envie de rire, et c’est ce qui se passe dans ce livre…

Là où un Peter Mayle critique tout en délicatesse et subtilité, Clarke fait dans la grosse artillerie et avec un objectif quasi affiché de commercialisation outre-Manche… et franchement, ça ne passe pas pour moi. Quite à critiquer la France et les Français (et en bonne franchouillarde que je suis, je ne suis pas la dernière à le faire), autant le faire avec adresse et humour…

Alors ça m’aura occupé une soirée, et voilà un livre qui ne restera pas dans ma bibliothèque. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi je l’ai gardé après la première lecture…

Mrs Dalloway

29 septembre 2010

de Virginia Woolf

Mrs Dalloway - Virginia Wolf

Le roman, publié en 1925, raconte la journée d’une femme élégante de Londres, en mélant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l’immobilité. La qualité la plus importante du livre est d’être un roman poétique, porté par la  musique d’une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C’est pourquoi c’est peut-être le chef-d’œuvre de l’auteur – la plus grande romancière anglaise du XXème siècle.

Une petite lecture commune avec Livraddict… et un sacré défi pour moi avant toutes choses, retrouver ce bouquin que je SAVAIS posséder et qui était perdu dans les très (trop?) nombreux cartons de livres non encore ouverts dans mon sous-sol depuis mon dernier déménagement (plus si récent que ça) !

Mission accomplie et je peux vous le dire, j’ai du mérite (et du boulot pour ranger le bazar que j’ai mis dans ces cartons qui sont toujours là, mais ouverts maintenant, avec livres en vrac pour couronner le tout !!!!!)

Et pour couronner un peu plus le tout, impossible de lire le livre confortablement car je me suis fait mal au cou… Autant vous dire que mon avis sur ce livre devra peut être être révisé dans quelques temps 😉

Mais je m’égare, qu’ai-je pensé de ce livre ?   …

Le moins qu’on puisse dire, c’est que malgré la petite taille de ce livre, il n’est vraiment pas facile à lire.

Le livre retrace la journée d’une femme, Clarissa Dalloway. Nous sommes dans ses pensées, et dans celles d’autres personnages, comme son mari ou sa fille.  Il y a aussi en parallèle Septimus,dépressif, si perturbé, si blessé… et son couple qui se meurt lentement…

Si j’aime la plupart du temps être « malmenée » par l’auteur notamment dans la construction des intrigues, j’ai eu un peu plus de mal cette fois-ci ! La présentation du livre, sans chapitre, sans dialogue est difficile, mais rend très bien le fouillis et la rapidité de tout ce qui vient à l’esprit des « narrateurs ». Mais je dois dire que ce roman très intimiste, plein de poésie… avec la tristesse qui règne dans ses pages, n’était pas ce dont j’avais besoin aujourd’hui…

Ce livre est perturbant, écrit par une femme qui était elle-même dépressive et est allée jusqu’à se donner la mort… On ressent la tension qui habite Clarissa, le malaise et la folie qui habitent Septimus. Tout est très fort, trop fort pour moi ces temps-ci…

Il y a eu aussi quelques moments qui m’ont semblé trop pompeux… et j’ai eu le sentiment que je passais à côté de quelque chose en ne le lisant pas en anglais. Mais je ne pense pas non plus que mon anglais soit à la hauteur de la puissance d’écriture de Virginia Woolf… Donc c’est une de ces lectures qui m’a fait ressentir plus que d’autres la limitation de la traduction, quelle que soit la valeur du traducteur d’ailleurs…

Je relirai ce livre… quand ma vie sera à nouveau simple et apaisée… et je pense que je le redécouvrirai et l’apprécierai bien plus que cette fois-ci.

Quand tu es parti

2 septembre 2010

de Maggie O’Farrell

Quand tu es parti Maggie O'Farrell

 

Hospitalisée dans un coma profond, Alice se souvient : de l’amour fou avec John, un journaliste, fils d’un juif intégriste qui l’a renié ; de l’étrange enfant, puis de l’adolescente fragile et rebelle qu’elle a été ; de l’affection de sa grand-mère Elspeth et des heurts avec sa mère, Ann, beauté froide et énigmatique. Et tandis que toute la famille guette le moindre signe d’espoir, la genèse du drame affleure.

Pour aimer lire Maggie O’Farrell, il faut accepter d’être « malmené »… embarqué à toute allure d’un évènement à l’autre, d’un souvenir à l’autre…

Ce livre est construit d’une façon qu’on pourrait penser décousue… Mais celà donne beaucoup de profondeur à la situation.

Alice est dans le coma. Ce sont des bribes de pensées et de souvenirs qui affleurent en elle, avec une logique que seule son histoire personnelle peut justifier… Par moment, des morceaux de l’histoire de sa mère ou de sa grand-mère surgissent également. Chaque pensée ne dure qu’une page, rarement plus.

Mais au fur et à mesure… l’ensemble tisse une toile, lentement, sûrement… qui nous conduit à comprendre pourquoi elle en est arrivée sur ce lit d’hopital…

J’ai découvert Maggie O’Farrell avec « L’étrange disparition de Esme Lennox » que j’ai adoré… Et j’ai donc tout naturellement continué avec « La distance entre nous« . Ce deuxième roman était beaucoup plus romantique mais m’a beaucoup plus quand même.

« Quand tu es parti » aura été un très beau moment de lecture, encore une fois. Le grand amour est au rendez-vous, accompagné de tous ces sentiments qui l’entourent… Joie, tristesse, déception, espoir… C’est aussi une histoire de famille et des relations dans la famille… Il n’est pas uniquement question de Alice… Nous suivons aussi Ann, sa mère… et Elspeth. sa grand-mère paternelle… Des femmes avec des blessures cachées… Chaque bribe de leur histoire qui ressort est un indice de plus qui nous mène au dénouement.

J’ai donc encore une fois beaucoup apprécié, même si la trame est plus « fleur bleue » que le premier roman que j’avais lu.

Le début de la fin

31 août 2010

de Jasper Fforde

Le début de la fin - Jasper Fforde

Quatorze ans après la tentative d’assassinat dont elle a été victime, la célèbre détective littéraire Thursday Next est toujours aux prises avec la fiction : on lui a collé son alter ego en guise de stagiaire, un Excédent de Bêtise menace, et, surtout, la fin des Temps est à craindre. Tout ça alors que son fils, le petit Friday jadis si mignon, est devenu un adolescent mollasson qui lui cause bien du souci. Pourtant la ChronoGarde cherche à tout prix à le recruter… il est selon eux destiné à sauver la planète… pas moins de 756 fois ! Et ce n’est que le début… car un livre interactif dans lequel les lecteurs pourront tout bonnement éliminer les passages dits ennuyeux est censé pallier la baisse vertigineuse de la lecture dans le Monde Extérieur ! Les lecteurs qui prennent le pouvoir ? Thursday doit bien avouer qu’on ne lui avait encore jamais fait ce coup-là. Et c’est à elle et à elle seule qu’il revient d’empêcher le Monde des Livres de voler en éclats…

Et voilà… Je n’aurais pas pu me retenir bien longtemps… et j’ai donc englouti la série des aventures de Thursday Next.

Tout d’abord, j’aime beaucoup le fait que Thursday vieillisse. En effet, elle est au début de la cinquantaine dans ce tome, qui se situe une quinzaine d’années après le dernier « Sauvez Hamlet ! ».

Elle est toujours aux prises avec les manigances du groupe Goliath, travaille officiellement comme poseuse de moquettes, mais en réalité pour les OpSec et clandestinement pour la Jurifiction, où elle se retrouve en charge de deux stagiaires, qui ne sont autres que ses alter egos dans les livres qui, suite à sa renommée, ont été écrits pour raconter ses aventures… Bref, toujours occuppée la miss ! Surtout si l’on rajoute que son grand garçon, Friday, est en pleine crise d’ado… qu’elle a aussi deux filles… que son cher époux Landen a une vraie crampe de l’écrivain… Ah oui, et comme tout ça pourrait lui laisser quelques moments tranquilles, elle fait aussi du traffic de fromages, et pas n’importe quels fromages !!!

Bien évidemment, le monde est en danger, que dis-je la Fin du Monde est en jeu… Et cette maman active va devoir motiver son fainéant de fils… car tout dépend de lui !!!

Un tout petit peu plus de longueurs peut être et certains personnages m’ont manqué et j’aurais aimé que l’auteur délir eun peu plus sur les livres interactifs, mais globalement je reste sur ma très bonne impression.

Rigolades assurées, univers toujours aussi déjanté, humour anglais toujours aussi excellent… Sous des dehors abracadabrants, plusieurs critiques acerbes de ce qui nous entourent… Je me suis vraiment régalée à lire cette série…

Si vous voulez connaitre mon avis des tomes précédents… L’affaire Jane Eyre, Délivrez-moi, Le puits des Histoires perdues, Sauvez Hamlet