Archive for avril 2010

La Consolante – Anna Gavalda

30 avril 2010

Le résumé:

‘Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d’une femme qu’il a connue quand il était enfant, et adolescent. ‘Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez… C’est fini. C’est fini, tu comprends ?’ Le problème, c’est que non, il ne comprend pas. Et il n’y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.’ Anna Gavalda

Alors c’est lent, vraiment lent, pendant les 300 premieres pages, la fin est bonne, mais j’ai eu du mal a accrocher et faut vraiment etre patient. Bref, accrochez vous si vous avez du mal.

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La distance entre nous

30 avril 2010

de Maggie O’Farrell

La distance entre nous Maggie O'Farrell

La distance entre nous Maggie O'Farrell

Jake vit à Hong-kong, où il a épousé, par pure humanité, une jeune femme qui allait mourir. Mais elle a survécu et le voilà prisonnier. Stella vit à Londres, où elle se terre à l’ombre de ses traumatismes d’enfance, dans la hantise d’un passé trop lourd à porter. Ils ne se connaissent pas. Pourtant, lorsqu’ils choisissent la fuite, c’est dans un manoir d’Écosse que leurs routes finissent par se croiser. Deux cœurs étrangers à la dérive réunis sur un même radeau, et un seul îlot de vieilles pierres pour tout recommencer. Chacun son mystère et ses secrets, mais le même désir de se reconstruire. L’histoire d’une rencontre en forme d’exil, ou quand la distance rapproche…

J’ai découvert il y a peu cette auteure avec le livre « L’étrange disparition de Esme Lennox« .

Ce deuxième livre me confirme que j’aime beaucoup ce qu’elle écrit. Il est question d’amour, d’enfances, de blessures d’enfance, de secrets

Tout au long du livre, on suit l’histoire de deux personnages, Jake et Stella. L’histoire commence tôt, c’est leur famille que l’on découvre. Par bribes, car Maggie O’Farrell a construit ce livre comme une succession de petits aperçus… Quelque fois du présent, d’autres fois du passé de l’un ou de l’autre… Ca peut être assez perturbant par moment, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce livre et ce qui nous maintient en haleine. En quatrième de couverture, Stéphane Hoffmann, Madame Figaro dit « Perdre le lecteur pour le gagner à sa cause, c’est tout l’art de cette romancière irlandaise. »  Et c’est bien ça… Comme dans l’histoire de Esme Lennox.

Jake et Stella se rencontrent en Ecosse, dans un hôtel où ils travaillent tous les deux. Elle y est arrivée après avoir fui Londres, sur ce qui donne l’impression d’être un coup de tête… Ayant passé toute sa vie à Hong-Kong, il est venu dans cet hôtel pour rechercher la trace de son père qu’il n’a jamais connu et échapper à la pression d’un mariage qui ne lui convient pas et qu’il n’a pas vraiment voulu. La progression dans leurs histoires personnelles et dans l’évolution de leur relation se fait très bien. Les différents flash-backs apportent des éclairages sur les comportements de chacun, sur leurs attentes.

Ce livre est beaucoup plus romantique que le premier, mais j’ai passé un excellent moment à le lire et je me pencherai sur un autre O’Farrell dès que j’en aurai l’occasion.

Trolls de Troy – Sang famille

29 avril 2010

Arleston et Mourier

Ce tome 12 (déjà ???) de la série Trolls de Troy est encore une fois très bon.

Bourré de clins d’oeil, comme tous les précédents, c’est une de ces BD que l’on prend plaisir à relire parce qu’on loupe toujours quelque chose… Il a le défaut d’être en deux tomes, ce qui veut dire qu’il va falloir prendre son mal en patience pour connaitre la conclusion de l’histoire.

Les personnages principaux de la série m’ont cependant un peu manqué. Et oui, cette fois-ci, on suit Gnondpom et Tyneth, les deux petits Troll, emmenés de force dans un orphelinat pour être « éduqués ». Ils vont rapidement devenir les vedettes de l`établissement et la charmante directrice va avoir du fil à retordre…

Le dessin est franchement bon et Arleston… bon je suis fan, donc voilà… Il a trouvé une idée extra avec cet univers de Troy… et on peut dire qu’il l’exploite plutôt bien… D’ailleurs il y en combien maintenant des séries liées à Troy ? Hum, je sais même pas…

Un homme trop charmant

28 avril 2010

de Marian Keyes

Un homme trop charmant Marian Keyes
Toutes les femmes de Dublin ont rêvé de lui passer la bague au doigt, mais Paddy de Courcy n’est plus un cœur à prendre. L’heureuse élue ? Alicia Thorton, qui n’a pas l’air au courant des jalousies qu’elle suscite…
Lola, d’abord, la fiancée officieuse, qui se persuade d’un malentendu même si ses espoirs s’amenuisent au fil du temps.
Marnie, ensuite, mère de deux enfants, nostalgique de son premier amour, éternelle insatisfaite.
Et enfin Grace, sœur jumelle de Marnie et journaliste, qui a bien l’intention d’utiliser quelques détails croustillants sur ce politicien en vogue…
Elles se l’arrachent toutes, mais qui est donc Paddy, ce beau parti qui a tout du Prince Charmant ?
Petite lecture sympa pour « rosir » les idées noires qui commençaient à s’agglutiner dans ma tête.
Et ça a marché.
Ce livre est plutôt une bonne surprise… Je l’ai pris comme je prends les livres de chick-lit… pour me détendre… Mais il est en fait un peu plus que ça…
C’est une comédie par beaucoup de côté, mais il ne traite pas de sujets si anodins que ça… et c’est ce qui le rend bien plus intéressant que les autres à mon avis. Ce qui caractérise la chick-lit la plupart du temps, c’est l’abondance de clichés sur le mode de fonctionnement féminin (angoisses à la pelle, une ou deux obsessions – du type son apparence ou le shopping -, en guerre contre une partie ou toute la famille, une ribambelle d’amis tous plus branchés les uns que les autres)… Si certains de ces ingrédients sont effectivement présents dans ce livre, il va cependant beaucoup plus loin.
Certains moments sont très émouvants, d’autres passages prennent aux tripes mais on revient très rapidement à la comédie. C’est finalement assez profond.
Comme toujours, j’aime la découpe à plusieurs narrateurs, c’est vraiment uns structure qui me convient. Dans l’édition que j’ai lue (Pocket), ils ont trouvé un moyen rigolo de mettre encore plus en évidence le changement de narrateur : la police de caractères change !
Petit à petit, chacune des narratrices révêle des pans de son passé. Les liens entre elles sont mis à jour et on s’attache à elles et à leurs histoires. Le dénouement est gentil et sans surprise, mais ce n’est pas si garve que ça…
Je n’ai pas pu me détacher de ce livre et l’ai lu quasiment d’une traite… La prochaine fois que j’ai un coup de blues, je repenserai à Maria Keyes !

Les secrets de Londres

26 avril 2010

de Lee Jackson

Les secrets de Londres Lee Jackson

Un soir, du pont de Blackfriars, une jeune femme se jette dans la Tamise. Son nom est Natalie Meadows, accusée à tort du meurtre de son employeuse, Ellen Warwick, ancienne chanteuse des cabarets de quatre sous. Quand les eaux de la Tamise la rejettent vivante sur la berge et qu’un passeur solitaire la repêche, Natalie décide de démasquer le véritable assassin. Dès lors, sous une nouvelle identité, elle tâchera de démêler le passé d’Ellen Warwick, qui se révèle plus trouble à chacune de ses découvertes. Dans ce Londres obscur et crasseux, à l’atmosphère fantomatique, il semblerait qu’Ellen n’ait pas été la seule à posséder sa part d’ombre : quels sombres secrets cachent Arthur Wilkes et Mr. Bowles, vieux libraire d’Holywell Street ? Ou encore Harry Shaw, petit truand des quartiers pauvres qui sera laissé pour mort dans une venelle après avoir porté un message au député James Aspenn ? Et quand une série de meurtres atroces frappe un par un ceux qui ont un jour côtoyé Ellen Warwick, Natalie risque de devenir à son tour la cible d’un assassin invisible et sans merci.
J’ai pris ce livre car j’avais beaucoup aimé « Le cadavre du Métropolitain », du même auteur.
Ici, surprise, si un meurtre a bien eu lieu, un peu avant que ne commence le livre, on ne suit pas vraiment l’enquête. La narratrice, Nathalie Meadows, était une amie de la victime. Il n’est d’ailleurs pas vraiment clair qu’elle « décide de démasquer » le tueur… Elle est plutôt perdue, elle se sent coupable de ne pas avoir été là pour son amie et tente de comprendre ce qui s’est passé.
Par moment, on quitte Nathalie pour suivre Harry Shaw, petit malfrat des quartiers « chauds » et Tip, son jeune accolyte… On rencontre aussi Quill, photographe alcoolique… Et toute une galerie de personnages toujours bien décrits et plein de mystères.
On retrouve les descriptions de Londres de tous les polars victoriens, les rues sombres et boueuses, la Tamise omniprésente, le brouillard, les éclairages qui n’éclairent pas… On jurerait qu’il ne fait jamais jour, ce qui contribue bien évidemment à l’atmosphère tendue et sans espoir pour tous ces personnages qu’on croise.
Je n’ai pas apprécié autant « Les secrets de Londres » que « Le cadavre du Métropolitain ». L’intrigue n’est pas assez présente, et Nathalie/Flora n’est pas assez haute en couleur pour qu’on puisse vraiment se passionner pour elle. Le dénouement arrive presque par hasard, ce que je touve dérangeant, la conclusion laisse supposer un happy end improbable et inutile, surtout vu la noirceur de l’ensemble…
Globalement, si j’ai aimé les descriptions et la construction du décor, de l’ambiance et des personnages… je n’ai malheureusement pas accroché avec l’intrigue.

Paul à la pêche

25 avril 2010

de Michel Rabagliati

Paul à la pêche Michel Rabagliati Bande dessinée

 

Lecture plaisir ce dimanche dans le jardin, les doigts de pied en éventail… Après avoir découvert « Paul à Québec », il y a quelques temps, je n’ai pas pu m’empêcher de me laisser retenter par ce volume, qui se passe bien plus tôt dans la vie de Paul…

Si le titre évoque la semaine de vacances que Paul et Lucie passent dans une pourvoirie avec soeur, beau-frère et nièces, cette belle bande dessinée traite de bien d’autres sujets, avec toujours autant de délicatesse et de tendresse.

J’aime définitivement beaucoup ce trait si simple. Moi qui n’ai jamais été fana des BD noir et blancs, je trouve que c’est tellement approprié pour celle-ci.

Nous sommes toujours dans le quotidien, avec les moments de bonheur et les déceptions, les espoirs déçus, les attentes, les frustrations. C’est très touchant, très sobre dans les émotions expprimées.

En parallèle, ce tome est particulier gros, ce qui fait que contrairement à de nombreuses BD, on ne reste pas sur sa faim avec un seul album… C’est un plaisir de le feuilleter, rien n’est laissé au hasard… notamment les intérieurs de couverture qui sont des extraits de catalogue de pêche (avec les détails des mouches, j’ai trouv  que c’était une super idée de finition !!!).

Bref, j’ai adoré…

Intrigue à l’anglaise

24 avril 2010

de Adrien Goetz

Trois mètres de toile manquent à la tapisserie de Bayeux, qui décrivent les derniers rebondissements de l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, ronge son frein au musée de la Tapisserie, à Bayeux. La directrice du musée, dont elle est l’adjointe, est victime d’un attentat. Des fragments de tapisserie réapparaissent à Drouot. Pénélope est convoquée par le patron du Louvre qui lui confie une mission discrète. Cette semaine-là, Diana, princesse de Galles, et Dodi al-Fayed, disparaissent sous le tunnel du pont de l’Alma. Devant Pénélope éberluée se déroule l’histoire secrète de la tapisserie. Un mystère qui débute en 1066 et se prolonge jusqu’à ces jours tragiques de 1997. Drôle de trame…

J’ai lu des critiques intéressantes sur ce livre… qui m’ont (évidemment !) donné envie de le lire… Mais il m’aura fallu du temps pour écrire ce que j’en ai pensé…

Tout d’abord le thème… Un thème dont je suis la plupart du temps très bon public… Comment un petit détail oublié de l’Histoire, ou ici une pièce manquante de l’Art est en fait le fruit d’une disparition orchestrée depuis des siècles… Complot historique qui, mis à jour, pourrait « changer la face du  monde »… Généralement, je prends beaucoup de plaisir à suivre les auteurs mettre en scène ce genre d’intrigues.

Pour tout dire, j’ai eu du mal à rentrer dans celle-ci… Je trouvais le texte très brouillon… j’avais du mal à situer les personnages (à part Pénélope) et je ne voyais pas trop comment ils allaient trouver leur place dans le déroulement de l’histoire. Et la mort de Lady Di…  bon je suis pas people pour un sou, alors je dois dire que j’ai eu du mal à comprendre ce qu’elle pouvait bien faire par ici… Et même après… est-elle vraiment utile à l’histoire ? Bof, bof…

Tout de même, au bout d’un moment, on se sent quand même attiré par l’intrigue… La miss Pénélope n’est pas forcément tout le temps sympathique, Wandriffe est puant, Pierre Erard, le journaliste provincial, est un gentil gars mais bizarre… On finit par s’attacher à eux et par les suivre avec plaisir.

Si j’ai plutôt apprécié la balade en Normandie, et les mystères tournant autour de la Tapisserie (que je n’ai jamais vu d’ailleurs… Hum, je suis un peu loin maintenant…), j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de descriptions (du genre de celles qui noient le poisson), trop d’allusions à la mort de Diana, son enterrement à la télé… ce n’est pas ma tasse de thé et celà n’apporte rien du tout à l’intrigue.

La vitesse dans l’intrigue est aussi assez déstabilisante… La première partie est lente, un peu trop amorphe. En seconde partie, le voyage de Pénélope chez Contevil met de l’action, relance l’histoire. Le lien entre les deux se fait lentement et de manière peut être un peu trop évidente, mais il se fait. Puis Solange se réveille, et une nouvelle version du mystère de la tapisserie apparaît… Les « rebondissements » sont un peu lourds à mon avis même si ils relancent bien l’intrigue.

Donc voilà… je m’attendais peut être à plus de plaisir dans cette lecture mais globalement, ça reste positif… Je me laisse un peu de temps avant de décider si je suivrai Pénélope dans ses prochaines aventures.

Un roi sans divertissement

23 avril 2010

de Jean Giono

 Le livre est parti parfaitement au hasard, sans aucun personnage. Le personnage était l’Arbre, le Hêtre. Le départ, brusquement, c’est la découverte d’un crime, d’un cadavre qui se trouva dans les branches de cet arbre. Il y eut d’abord l’Arbre, puis la victime, nous avons commencé par un être inanimé, suivi d’un cadavre, le cadavre a suscité l’assassin tout simplement, et après, l’assassin a suscité le justicier. C’était le roman du justicier que j’avais écrit. C’était celui-là que je voulais écrire, mais en partant d’un arbre qui n’avait rien à faire dans l’histoire.

Ce livre, j’ai été « obligée » de le lire par mon prof de français quand j’étais en Troisième… Ca commence à faire un bail (merci, oui je sais…)… Je me souviens que quand je l’ai lu, j’ai commencé par avoir du mal à rentrer dans l’histoire, puis j’ai été intriguée, puis j’ai apprécié sans plus (comme tout livre qu’on doit lire… ah ce qu’on est bête quand on est jeune, hein ???)… Et puis, on l’a étudié en classe… Je devrais dire disséqué, parce que ce prof de français, il y allait pas par 4 chemins dans les analyses de livres ! Et je l’ai relu, mieux compris et vraiment aimé…

L’histoire se passe dans les années 1840, dans le village de Chichiliane. Une série de meurtres a lieu pendant l’hiver. Langlois enquête sur ces disparitions, trouve le meurtrier qui est abattu. L’hiver suivant, de nouveaux évènements étranges ont lieu. Une chasse au loup est organisée.

Chaque série d’évènements est raconté par des narrateurs différents, des villageois qui ont vécu les évènements ou été en contact avec Langlois.

En fait ce livre est troublant par plein de côtés. Langlois est mystérieux, seul. Il s’ennuit, il est inquiétant, ses pensées sont inquiétantes. Il change… L’atmosphère est oppressante, l’hiver isole le village, il neige, la peur règne…

Il ne faut pas trop s’attacher à l’intrigue policière qui n’a finalement que peu d’importance (on connait d’ailleurs le meurtrier très tôt). C’est le personnage de Langlois qui est fascinant. Et les descriptions, les couleurs, le blanc de l’hiver dans les Alpes est omniprésent bien sûr et le rouge, de quelques gouttes de sang sur la neige… l’arbre du village…

« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères »… Le titre est tronqué et tiré des Pensées de Pascal…   Hum hum, à méditer…

Un excellent livre, relu dernièrement avec beaucoup de plaisir.

De grandes espérances

22 avril 2010

de Charles Dickens

Roman de l’enfance et de l’adolescence, histoire d’une éducation, aventure psychologique et morale de portée universelle, Les Grandes Espérances, avant-dernière œuvre achevée de Dickens, surprend par sa fraîcheur, le renouvellement constant de l’invention, le comique.
Le héros-narrateur, Pip, passe de l’enfance dans un village, où il est apprenti-forgeron, à une adolescence fastueuse et dissipée à Londres. Les moments pathétiques alternent avec les instants cocasses. L’histoire du forçat enrichi et condamné à mort est digne de Victor Hugo. La présence des rêves, ou de certaines scènes fantastiques, comme la vue soudaine des gibets à l’entrée de la ville, donne au roman sa dimension poétique.
Et il y a quelque chose d’étonnamment moderne dans les deux fins, l’une malheureuse, l’autre heureuse, du roman, au moment où l’homme, Pip, et la femme, Estella, ont été mûris et châtiés par les épreuves.

Relu ce livre à Noël, je ne résiste pas là non plus à venir vous en parler ici. Un livre que j’ai trouvé, celui-ci encore !!!, dans les étagères de mon père… Les pages sont toutes jaunes et sentent encore et toujours l’humidité (pourtant, il est maintenant dans mes étagères depuis… une bonne vingtaine d’années !!!)

C’est le premier livre que j’ai lu de Dickens, je devais avoir 15 ans… J’avais toujours refusé les David Copperfield et autres Oliver Twist, je ne sais pas pourquoi… peut être parce que tout le monde voulait que je les lise ?

En tous cas, ce fut une superbe rencontre, une découverte de toute beauté… au point que ce livre, maintenant tout défait (je dois l’attacher avec un élastique pour ne pas perdre les pages volantes), je le garde lui-aussi avec moi, jamais bien loin… et je le relis avec plaisir, juste parce que je le croise au hasard de mes errances dans mes cartons de livres… ou bien parce que j’y pense et qu’il me reprend l’envie de rentrer dans la vie de Pip !!!

Pip est un jeune garçon qui vit dans un village d’Angleterre près duquel se trouve les fameux « pontons », bâteaux-prisons où vivent, meurent et s’évadent des forçats ! Un soir, il croise la route de Abel Magwitch, évadé. Pétrifié par la peur, il lui donne de la nourriture et ne le dénonce pas…

Pip croise aussi le chemin de Miss Havisham, vieille dame qui vit dans le souvenir de son mariage annulé par la fuite de son fiancé et de Estella, une jeune fille adoptée par Miss Havisham, qui éblouit le jeune garçon par sa beauté et sa présence tout en l’écrasant de son mépris…

Pip est élevé par sa soeur et son beau-frère, il est destiné à devenir forgeron mais le destin a d’autres visées pour le jeune garçon. En effet, un mystérieux bienfaiteur a dédié une partie de sa fortune à l’éducation de Pip, qui part pour Londres pour devenir un homme et pouvoir conquérir Estella.

J’ai aimé l’histoire de Pip, de son parcours pour devenir Quelqu’un, de ses grandes espérances, de ses grandes désillusions. Les personnages qui l’entourent sont riches et colorés. Miss Havisham a tout d’une sorcière mais Pip la voit comme sa bienfaitrice ; Estella est une enfant capricieuse, élevée pour venger sa mère adoptive des hommes, mais Pip est sous le charme ; Abel Magwitch, le forçat est abrutissant de reconnaissance et de bonté, c’est pourtant un criminel redoutable ; Jagger, le notaire est dur et sans scrupule…

J’ai aimé le livre pour les descriptions incroyables de Dickens. Tout y passe, la société, les pontons, les forçats, la campagne, le pouvoir de l’argent, l’ascension sociale… 

Bref, un premier Dickens qui m’a marqué et bien plus que ça… D’ailleurs, si par la suite, j’ai lu d’autres livres de cet auteur, « De grandes espérances » est le seul que j’ai relu et relu et relu…

Piège pour Cendrillon

20 avril 2010

de Sébastien Japrisot

Mon nom est Michèle Isola
J’ai vingt ans
L’histoire que je raconte est l’histoire d’un meurtre
Je suis l’enquêteur
Je suis le témoin
Je suis la victime
Je suis l’assassin
Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ?
Autant vous le dire tout de suite. C’est une relecture.. d’un livre que j’ai découvert dans la bibliothèque de mes parents, il y a un million d’années… et que j’ai depuis emporté avec moi… (selon l’adage bien connu, tout ce qui est à papa et maman est à moi…) Bref, j’adore ce livre…
L’intrigue est extraordinaire, on ne peut pas s’arrêter de le lire…
La première page donne le ton…
Il était une fois, il y a bien longtemps, trois petites filles. la première Mi, la seconde Do, la troisième La.  Elles avaient une marraine qui sentait bon, qui ne les grondait jamais lorsqu’elles n’étaient  pas sages, et qu’on nommait marraine Midola.Un jour, elles sont dans la cour.  Marraine embrasse Mi, n’embrasse pas Do, n’embrasse pas La.

Un jour, elles jouent aux mariages.  Marraine choisit Mi , ne choisit jamais Do, ne choisit jamais La.

Un jour, elles sont tristes.  Marraine qui s’en va, pleure avec Mi, ne dit rien à Do, ne dit rien à La.

Des trois petites filles, Mi est la plus jolie, Do la plus intelligente, La est bientôt morte. L’enterrement de La est un grand événement dans la vie de Mi et de Do.  Il y a beaucoup de cierges, beaucoup de chapeaux sur une table.  Le cercueil de La est peint en blanc, molle est la terre du cimetière.

L’homme qui creuse le trou porte une veste à boutons dorés.  Marraine Midola est revenue.  A Mi qui lui donne un baiser, elle dit: « Mon amour. » A Do: «Tu taches ma robe.»

Ca vous intrigue hein ? La suite se passe presque 20 ans plus tard… Un incendie a eu lieu. Mi se réveille, entourée de coton. Elle a été prise dans l’incendie de la maison, a essayé de sauver Do mais n’a pas pu. Elle ne se rappelle de rien… C’est Jeanne, la marraine Midola, qui lui explique… et qui lui dit… bien plus que ça… La mémoire ne revient pas, mais les doutes eux surgissent de partout… Est-ce bien Mi qui s’est réveillée ? Ne serait-ce pas Do ? Est-ce un accident ? Que s’est-il vraiment passé dans cette villa ? Comment expliquer les liens qui unissaient Do la sage et sérieuse à Mi, capricieuse, gâtée et volâge ? Quel est le rôle de Jeanne dans tout ça ?

On nage en eaux troubles tout au long de l’histoire. Tous les personnages sont ambigus et dévoilent à un moment ou à un autre une face noire…

La progression est bien faite… Des indices apparaissent aux bons moments, pas forcément tout le temps pour éclaircir le mystère. Le doute est toujours présent… jusqu’à ce que la jeune femme recouvre la mémoire… Alors ? Qui est-elle vraiment ? Le saura-t-on ?

C’est un EXCELLENT bouquin… Vieux ? Pff… Même pas !!! Comment ça, vous l’avez toujours pas commencé ?????